L’équipe BMW M Team WRT a marqué l’histoire du Championnat du monde d’endurance FIA (WEC) en s’offrant un doublé historique aux 6 Heures de Spa-Francorchamps 2026. La BMW M Hybrid V8 n°20 pilotée par René Rast, Sheldon van der Linde et Robin Frijns a franchi la ligne en tête, devant sa sœur n°15 aux mains de Kevin Magnussen, Raffaele Marciello et Dries Vanthoor. Cette première victoire en Hypercar pour BMW, acquise dans une course chaotique rythmée par de multiples safety cars, récompense une stratégie audacieuse de sous-carburage lors du premier arrêt.[1][2]
Partie sur la pole par la Peugeot n°94 de Loïc Duval, Malthe Jakobsen et Theo Pourchaire, la course a vite tourné à l’avantage des Bavarois grâce à un rythme supérieur en course. Frijns a su gérer la pression dans les derniers tours, l’emportant avec moins de deux secondes d’avance. Ce succès, sur les terres belges de l’équipe WRT, propulse BMW en tête des classements constructeurs et pilotes après deux manches.[3]

Une stratégie osée qui paie
Dès les premiers arrêts aux stands, BMW a surpris en optant pour un ravitaillement réduit sur la n°20. Cela a permis un arrêt plus court de 50 secondes, propulsant Rast en tête malgré un départ depuis la 11e place. « C’était un pari, mais avec un réservoir léger, la voiture volait sur piste libre », a expliqué Rast.[4]
Van der Linde a ensuite creusé l’écart jusqu’à 52 secondes sur la Cadillac n°12 de Will Stevens. Cette approche agressive contrastait avec la conservation adoptée par les rivaux comme Toyota et Cadillac. Les conditions ensoleillées ont aussi favorisé la BMW, plus performante que prévu après des essais qualifs décevants.
Le choix s’est révélé payant lors des safety cars, synchronisant les stratégies. Frijns a reconstruit un coussin de 8 à 15 secondes après chaque neutralisation. « Nous avons misé sur l’air propre pour maximiser notre rythme, et ça a marché », a noté l’ingénieur Adam, crédité de la décision.[5]
Cette tactique rappelle des succès passés en endurance, comme les undercuts victorieux d’Audi à Le Mans. BMW, entrée en Hypercar en 2024, brise enfin sa disette après 18 courses sans victoire.
La n°15 a profité des incidents pour remonter, Magnussen défendant vaillamment la seconde place face à la Ferrari n°50 aux pneus neufs.
Chaos et incidents à répétition
La course a basculé avec l’accident de Matteo Cressoni (Mercedes-AMG GT3) dans la Peugeot n°94 à Les Combes, forçant un safety car. Cela a aligné les Hypercars, laissant la BMW n°20 en tête.[6]
Dans l’heure finale, Alessandro Pier Guidi (Ferrari n°51) a été percuté par la BMW GT3 n°32 d’Augusto Farfus, puis Alex Riberas (Aston Martin n°009) a tourné dans l’Alpine n°35 d’Antonio Felix da Costa. Trois safety cars en deux heures ont rendu la fin infernale.
Alpine a payé cher : la n°35 a touché le mur au Raidillon après un contact, terminant hors des points. La Cadillac n°38 a abandonné suite à un accrochage précoce avec la Porsche n°92.
Proton a connu des déboires en LMGT3 : la Ford n°77 beachée au gravier, la n°88 pénalisée. Ces interruptions ont favorisé les pilotes patients comme Frijns.
Malgré le tumulte, BMW a évité les pièges, Magnussen repoussant Miguel Molina de 0,5 seconde.
Résultats de la course
Voici le top 10 Hypercar :
- BMW M Team WRT n°20 (Frijns, Rast, van der Linde) - BMW M Hybrid V8
- BMW M Team WRT n°15 (Magnussen, Marciello, Vanthoor) - BMW M Hybrid V8 (+1.969s)
- Ferrari AF Corse n°50 (Fuoco, Molina, Nielsen) - Ferrari 499P (+2.622s)
- Aston Martin THOR n°007 (Tincknell, Gamble) - Valkyrie (+5.004s)
- Toyota n°7 (Conway, Kobayashi, de Vries) - GR010 (+6.015s)
- AF Corse n°83 (Ye, Kubica, Hanson) - 499P (+11.552s)
- Peugeot n°93 (di Resta, Vandoorne, Cassidy) - 9X8 (+12.861s)
- Genesis n°17 (Lotterer, Derani, Jaubert) - GMR-001 (+29.882s)
- Cadillac n°12 (Stevens, Nato, Deletraz) - V-Series.R (+31.837s)
- Toyota n°8 (Buemi, Hartley, Hirakawa) - GR010 (+32.165s)[2]
En LMGT3, triomphe de la McLaren Garage 59 n°10 (Au, Fleming, Kirchhofer), promue après pénalité de la Ferrari n°21. Podium complété par Aston Martin n°27 et Porsche n°92.
| Position LMGT3 | Équipe | Voiture | Pilotes |
|---|---|---|---|
| 1 | Garage 59 | McLaren 720S GT3 Evo | Au, Fleming, Kirchhofer |
| 2 | Heart of Racing | Aston Martin Vantage | James, Robichon, Drudi |
| 3 | Manthey | Porsche 911 GT3 R | Shahin, Pera, Lietz |
Réactions élogieuses des acteurs
René Rast : « C’est une grande histoire pour nous. Nous avons attendu plus de deux ans. L’équipe a réalisé un miracle stratégique. »[3]
Sheldon van der Linde, premier Sud-Africain vainqueur en WEC : « Un conte de fées. La stratégie risquée a parfaitement fonctionné. » Robin Frijns : « Cette course, nous devions la gagner. La pression était énorme, mais nous avons évité les erreurs. »[5]
Andreas Roos, BMW M Motorsport : « Un doublé parfait ! Un soulagement après des années de travail. » Vincent Vosse, Team WRT : « Meilleure course à domicile imaginable. Direction Le Mans gonflés à bloc. »[3]
Kevin Magnussen a salué sa défense finale. Ces mots soulignent l’unité entre pilotes et équipe.
Implications pour le championnat
Ce doublé place BMW en tête des championnats pilotes et constructeurs avant Le Mans. Ferrari et Toyota, habituels dominateurs, doivent réagir après Imola où Toyota l’avait emporté.
Genesis marque ses premiers points, Peugeot et Alpine déçoivent. Pour plus de détails sur la course, consultez le rapport complet sur Motorsport.com.[1]
Le site officiel BMW M Motorsport célèbre cette « home victory » pour WRT.
Cette victoire historique renforce les ambitions de BMW en Hypercar pour 2026.
BMW aborde Le Mans avec confiance, après avoir prouvé sa compétitivité stratégique et en rythme pur. Les fans attendent une bataille intense face à Toyota, Ferrari et les newcomers. Ce succès à Spa pourrait être le tournant d’une saison riche en suspense.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.