Stephane Ratel, architecte du GT3, défend le blackout BoP du WEC 2026

Stephane Ratel a déclaré que publier les données BoP n’a aucun intérêt car l’objectif reste d’aligner toutes les voitures à moins d’un dixième de seconde.

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Le contexte du blackout 2026

Le WEC a cessé de publier les chiffres BoP pour les classes Hypercar et LMGT3 dès le début de la saison 2026. Cette décision a suivi une campagne 2025 où Toyota a invoqué le BoP pour expliquer son manque de compétitivité et où Porsche a cité le même système parmi les motifs de son retrait de l’Hypercar.

Le BoP Hypercar est géré conjointement par l’Automobile Club de l’Ouest et la FIA, co-promoteurs du WEC. Leur tâche se complique avec deux règlements distincts, LMDh et LMH, et des écarts de conception majeurs entre constructeurs.

Ratel, via son organisation SRO, applique le BoP depuis des années dans le GT3 et dans de nombreux championnats mondiaux. Il considère que chaque promoteur, SRO, ACO, IMSA ou DTM, vise la même chose : des résultats imprévisibles.

Le public réclame des nationalités, des héros et de l’incertitude, trois éléments que le BoP sert directement en équilibrant les performances au plus près.

La philosophie de Ratel sur l’incertitude

Ratel oppose deux réalités : une domination totale, comme celle de Ferrari en Formule 1 à une époque, fait chuter les audiences et l’intérêt général ; à l’inverse, des écarts infimes entre toutes les voitures génèrent des vainqueurs différents et maintiennent l’engagement du public.

Il estime que le BoP n’a qu’un but : créer cette incertitude en égalisant les voitures au maximum possible. Que les chiffres soient publiés ou non devient alors secondaire.

La critique actuelle reflète selon lui le besoin constant du public de voir des conspirations là où il n’y en a pas. L’objectif reste de rendre chaque voiture égale aux autres pour des courses plus excitantes.

Ratel rappelle que son organisation et les promoteurs du WEC partagent la même fierté : réussir à maintenir tous les concurrents dans une fourchette de performances très étroite.

Les défis techniques du BoP Hypercar

L’existence de deux règlements, LMDh et LMH, impose des ajustements constants pour compenser les différences de conception entre les constructeurs. Ces ajustements visent à ramener tous les temps au tour dans une marge minimale.

Le GT3 a prouvé depuis des années que le BoP, même contesté, reste accepté comme un mal nécessaire pour des grilles serrées. Son extension à la catégorie reine du WEC amplifie simplement les débats.

Ratel insiste : si le BoP atteignait l’idéal d’une égalité parfaite, le spectacle gagnerait en imprévisibilité sans que la publication des données n’y change rien.

Le choix du blackout 2026 s’inscrit donc dans cette logique constante de prioriser l’incertitude mesurable sur la transparence des calculs.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.