Bill Gibson a construit ses premiers systèmes de gestion moteur sur sa table de cuisine avant de fonder Zytek en 1981.

Des systèmes Lucas aux victoires Jaguar aux 24 Heures du Mans
Gibson a débuté chez Lucas sur les systèmes d’injection avant de créer Zytek Engineering en 1981. En 1984, l’entreprise fournissait déjà la gestion moteur pour les turbos Hart de l’écurie Toleman en Formule 1. Cette collaboration a mené directement au programme Jaguar Group C de Tom Walkinshaw Racing, qui a remporté les 24 Heures du Mans en 1988 et 1990 avec le V12 de série.
Zytek a racheté Alan Smith Racing en 1987 et a préparé les Mugen Honda V8 qui ont permis à Jean Alesi de remporter le titre F3000 International en 1989 avec Eddie Jordan Racing. L’entreprise a ensuite pris en charge les clients du Judd BV via Engine Developments.
À partir de 1996, Zytek a obtenu le contrat des moteurs spec pour la F3000 monotype, assemblant et entretenant les Judd KV sur châssis Lola jusqu’à fin 2004. Ce marché a placé Zytek au centre du monde des monoplaces.
De Reynard aux prototypes LMP et aux titres en ELMS
En 2002, Gibson a acquis des actifs de Reynard en faillite pour viser les contrats châssis et moteur de la future GP2, sans succès. Le lien Reynard a cependant permis à Zytek de terminer le prototype LMP675 initialement prévu avec un turbo et d’équiper la voiture du V8 quatre litres du Panoz LMP07.
Zytek est devenu constructeur et a produit 15 prototypes LMP, renommés ensuite Gibson, sur une douzaine d’années. La première Zytek est apparue en 2004 après les versions IRM et DBA4. Un nouveau monocoque conforme aux règles de sécurité a été introduit en 2007, puis la Z11SN pour la formule LMP2 de 2011.
Avec le Nissan V8 développé par Zytek, la Z11SN a remporté trois titres en European Le Mans Series (deux avec Greaves Motorsport, un avec Jota sous bannière G-Drive) et la classe P2 aux 24 Heures du Mans 2014 avec Jota. Gibson Technology a ensuite décroché le contrat du moteur spec LMP2 2017, le GK248 V8.
L’innovation hybride et la transition vers le nom Gibson
Gibson a développé le premier système hybride de course avec la Panoz Q9, qui a tenté de préqualifier au Mans 1998 puis a couru au Petit Le Mans. Les systèmes Zytek ont ensuite équipé les châssis Panoz du milieu des années 2000 et ont servi au premier hybride McLaren F1 en 2009.
Zytek a aussi produit une série de Smart électriques dont la technologie a été adoptée par Mercedes. Gibson a vendu une participation à Motorola au début des années 2000 ; Continental a racheté Motorola en 2006 puis l’intégralité de Zytek Engineering en 2014, donnant naissance au nom Gibson Technology côté course.
Trevor Foster, responsable châssis chez Zytek pendant dix ans, a souligné que Gibson restait focalisé sur la qualité, la fiabilité et le support piste, tout en jouant la carte du long terme pour ses idées innovantes.
Le GK248 a déjà couvert plus de six millions de kilomètres en compétition et Gibson développe actuellement le prochain moteur LMP2, un V6 biturbo autour d’éléments Nissan, dont le début en course est programmé pour 2028.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.