Alonso dénonce le moteur hybride 2026 : la F1 perd son essence

Dès les essais de pré-saison à Bahreïn, Fernando Alonso a dénoncé que les voitures 2026, trop dépendantes de la récupération d’énergie, réduisent le risque dans les virages où le pilote devrait encore faire la différence.

f1-hybrid-energy-management_1.jpg

La dépendance électrique : du support au handicap

Fernando Alonso a répété sa position à Montréal, alors que la F1 discutait d’ajustements pour 2027. L’idée est de passer d’un split proche de 50/50 à un équilibre 60/40 entre moteur thermique et électrique, mais les constructeurs n’ont pas encore accordé et le changement pourrait être reporté à 2028.

Le double champion du monde estime qu’un tel ajustement en 2027 ne changerait rien fondamentalement : la saison resterait une année de transition en attendant le prochain cycle technique prévu pour 2031. Il rappelle que l’ère hybride, entamée en 2014, a déjà privé la F1 d’une décennie de course pure.

Le poids constitue un premier facteur mécanique. L’ajout de deux moteurs électriques et d’une batterie alourdit les monoplaces, au-delà même des mesures de sécurité du châssis. Les pilotes réclament depuis des années des voitures plus légères et réactives, proches de celles de l’ère Alonso il y a vingt ans.

Derating et gestion d’énergie : les compromis imposés

Quand la puissance électrique devient centrale et non plus un simple appoint, le derating apparaît : perte de vitesse en fin de ligne droite une fois l’énergie épuisée. Sous les anciens règlements, le MGU-K moins puissant permettait une distribution plus souple et l’apport invisible du MGU-H limitait les pertes.

Les équipes doivent parfois commencer un tour avec la batterie à 90 % seulement ou structurer les tours pour recharger avant une attaque. La gestion intelligente de l’énergie reste essentielle pour maximiser les 160 chevaux supplémentaires du MGU-K lors des dépassements.

Oscar Piastri a confirmé à Montréal que même avec un split 80/20 ou 85/15, le déploiement complet n’était pas toujours possible sur tous les circuits. Le nouveau règlement accentue ces contraintes après la suppression du MGU-H tout en maintenant une capacité batterie inchangée.

2027 ou 2031 : une correction trop tardive ?

Carlos Sainz voit les groupes propulseurs 2025 comme un aboutissement acceptable, mais il reconnaît que les pilotes rêvent toujours d’un add-on électrique plutôt que d’une dépendance totale. Il estime qu’un retour à 60/40 en 2027 offrirait au moins un compromis viable jusqu’au retour de « vrais moteurs » en 2030.

Alonso maintient que l’électrification pensée comme l’avenir ne convient pas à la course automobile. La période 2014-2025 a déjà transformé le spectacle ; le règlement 2026 risque d’accentuer ce glissement vers la gestion plutôt que vers le risque pur.

La Formule E gère ces limitations depuis sa création, mais la F1 hybride doit composer avec un règlement construit sur des compromis successifs. Les discussions actuelles sur le split 60/40 visent précisément à restaurer un équilibre où l’électrique reste un soutien et non le cœur du système.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.