Les départs manqués de Mercedes en F1 2026 : « inacceptable » pour Toto Wolff

Mercedes affiche un bilan parfait avec quatre victoires en quatre Grands Prix au début de la saison 2026 de Formule 1. Cependant, la concurrence s’est resserrée lors du GP de Miami, où McLaren, Ferrari et Red Bull ont apporté des mises à jour significatives. Malgré cette domination, un point faible persiste : les départs en course. Le leader du championnat Kimi Antonelli a déjà perdu 18 places au premier tour des trois premiers week-ends, et d’autres positions ont été concédées à Miami.[1][2]

Toto Wolff, le directeur de l’équipe, a été clair après le meeting floridien. Les pilotes ne sont pas en cause, mais l’équipe doit corriger cette faille rapidement pour viser les titres mondiaux.

mercedes-starts-crash_0.jpg

Le bilan alarmant des départs ratés

Dès les essais pré-saison à Bahreïn, George Russell avait qualifié ses départs de pires de sa carrière en F1, un avertissement précoce pour Mercedes. En course, le problème s’est confirmé. Au premier tour des trois premiers Grands Prix, Antonelli a perdu un total de 18 positions, tandis que Russell en a concédé plusieurs également.

Voici un aperçu des pertes de places combinées des deux pilotes sur les quatre premiers événements (Australie, sprint et GP de Chine, Japon) :

  • Australie : Antonelli -5 (de 2e à 7e), Russell -1 (de 1er à 2e).
  • Sprint Chine : Antonelli -6 (de 2e à 8e), Russell 0.
  • GP Chine : Antonelli -1 (de 1er à 2e), Russell -2 (de 2e à 4e).
  • Japon : Antonelli -5 (de 1er à 6e), Russell -2 (de 2e à 4e).

À Miami, Antonelli a ajouté six places perdues au sprint et deux au Grand Prix principal. Au total, 22 positions ont été perdues en quatre meetings, malgré des pole positions systématiques en front row.[2]

Ce handicap mécanique est lié au caractère du power unit et à la gestion de l’embrayage. Simone Resta, adjoint technique, a admis que c’est « l’une des faiblesses les plus marquées de notre voiture actuellement ».

McLaren, utilisant le même moteur Mercedes, parvient à de meilleurs départs, comme observé à Suzuka. L’équipe a été rassurée par ses essais de procédure de départ à Bahreïn, soulignant un problème spécifique à Mercedes.

Les déclarations cash de Toto Wolff

Interrogé par Autosport, Wolff a exonéré ses pilotes : « Ce n’est pas du tout de sa faute. Aujourd’hui et hier, c’était une erreur d’équipe. […] On ne fait pas assez bien notre travail pour leur donner l’outil adéquat, que ce soit l’embrayage ou les estimations de grip. »

À Sky Sports Germany, il a été plus tranchant : « C’est inacceptable pour une équipe qui vise les deux titres mondiaux cette année. Il faut corriger ça, on regarde ça depuis trop longtemps. » Wolff insiste : les écarts ne sont plus assez grands pour compenser ces faux départs.

L’Autrichien reconnaît que la concurrence progresse. « On est les seuls à ne pas y arriver depuis quelques courses. Il faut creuser plus profond pour comprendre et fixer ça, car les écarts ne permettent pas de cruiser jusqu’au bout. »

Ces mots reflètent l’urgence chez Mercedes, leader mais vulnérable.

Concurrence et upgrades : la pression monte

McLaren, Ferrari et Red Bull ont débarqué à Miami avec des paquets aérodynamiques majeurs, rendant les courses plus disputées. Mercedes a tenu bon grâce à sa supériorité globale, mais les mauvais départs ont coûté cher.

Ferrari bénéficie d’un avantage au départ grâce à un turbo plus petit, rendant les changements de procédure politiquement sensibles. McLaren, malgré le même PU, excelle, comme l’a noté Antonelli : « Les McLaren ont eu un super départ à Suzuka, ils font quelque chose de mieux. »

Russell et Antonelli récupèrent souvent, mais cela épuise les pneus et l’énergie. La domination précoce (victoires malgré tout) ne durera pas.

La FIA : pas d’aide pour les mauvais départs

La FIA teste à Miami et Montréal un système de « détection de faible puissance au départ ». Il identifie les accélérations anormalement basses et déclenche un déploiement limité du MGU-K pour un minimum d’accélération.

Nikolas Tombazis, directeur des monoplaces FIA, précise : « Ça transforme un départ catastrophique en mauvais, pas un mauvais en bon. Ce n’est pas pour aider les équipes. » L’objectif est la sécurité, comme l’incident Colapinto-Lawson en Australie.

Aucune modification de procédure n’est prévue, Ferrari s’y opposant. Mercedes doit résoudre en interne.

Vers le Canada : upgrade et priorités

Le premier gros package Mercedes arrive au GP du Canada à Montréal, promettant plus de performance à Antonelli et Russell. Les départs restent en tête de liste des priorités.

L’équipe creuse les causes : embrayage, grip, PU. Resta confirme un travail « haute priorité ».

Ces améliorations sont cruciales face à la convergence des rivaux via ADUO et upgrades.

Mercedes domine encore, mais les faux pas au départ pourraient coûter cher dans la course aux titres. Si Wolff obtient gain de cause, Antonelli pourrait consolider son leadership. La suite au Canada dira si l’équipe a digéré la leçon de Miami. Pour le championnat, chaque mètre compte désormais.[1]

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.