L’AMR26 conserve la suspension avant d’origine alors que tout le reste du châssis et de la carrosserie a été refait pour Budapest.

Un reset sous contrainte budgétaire
Le package introduit à Budapest conserve le moteur Honda et la boîte de vitesses existante, limitant l’investissement à l’aérodynamique et à la masse. Le monocoque a dû repasser les crash tests après les modifications de poids, une démarche identique à celle adoptée par Alpine à Miami. Fernando Alonso était à 2 secondes des Cadillac et à près de 6 secondes de la pole lors du Grand Prix précédent, écart qui ne sera pas entièrement comblé par une seule mise à jour.
Lawrence Stroll a engagé des sommes importantes pour la nouvelle usine et l’arrivée d’Adrian Newey, mais le plafond budgétaire interdit une refonte totale. Seule la suspension avant reste inchangée selon les rumeurs entendues par Valtteri Bottas, le reste de la voiture étant neuf. Cette approche sélective explique pourquoi le gain espéré ne dépassera probablement pas une seconde au tour.
Mike Krack a insisté sur l’absence de tests hivernaux pour valider les nouveaux éléments, plaçant toute la charge sur la qualité des simulations et des données collectées à partir de vendredi. Les équipes devront donc apprendre à piloter la nouvelle voiture dès les premiers runs, avec des tests de ride height et de rake prévus sur les courses suivantes.
Concept high-rake réévalué
Newey a imposé dès son arrivée en mars 2025 un retour au concept high-rake exploré à Williams dans les années 1990 et poussé à l’extrême chez Red Bull. Les premiers mois de saison ont révélé des défis imprévus, notamment dans l’interaction entre appui et dynamique de châssis. Krack a laissé entendre que l’équipe pourrait s’orienter vers une direction différente après cette expérience.
La majorité des surfaces aérodynamiques du nez à l’aileron arrière ont été revues pour alléger la voiture tout en augmentant l’efficacité. Ces changements modifient les vitesses de passage en courbe et donc la gestion de l’énergie disponible pour le groupe propulseur Honda. Les ingénieurs moteur devront adapter leurs cartographies en conséquence.
Le poids gagné sur le châssis et la carrosserie impose également une réoptimisation complète des hauteurs de caisse. Sans cette phase, l’augmentation de l’appui restera partiellement inutilisée et les temps au tour ne progresseront que marginalement.
Objectif réaliste : revenir dans le peloton
Stroll attendait un bond significatif, mais l’équipe vise d’abord à ne plus rouler en fond de classement. Krack a rappelé que le but est de « retourner en course » après plusieurs week-ends sans rythme compétitif. Les résultats de ce week-end dépendront de la rapidité avec laquelle les données seront exploitées.
Le développement ne s’arrête pas à Budapest : une évolution moteur est programmée après la trêve estivale. En attendant, l’équipe doit valider les réglages de base sur plusieurs Grands Prix pour extraire le plein potentiel du package.
Si l’optimisation traîne, l’écart avec les leaders restera important malgré les modifications aérodynamiques et la réduction de masse.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.