Loris Reggiani a qualifié l’Aprilia AF1 17e sur 28 lors du Grand Prix d’Afrique du Sud 1985 à Kyalami avant de terminer 12e.

Un accord inattendu à l’automne 1984
Aprilia, fondée après la Seconde Guerre mondiale et déjà titrée en motocross, a validé un budget très faible proposé par Michele Verrini, son plus gros concessionnaire italien. Verrini a convaincu Ivano Beggio en quelques semaines grâce à un prospectus de trois ou quatre pages rédigé avec un designer.
Loris Reggiani, après une saison 1984 désastreuse sur une vieille Kawasaki 250, avait prévu d’arrêter la compétition. Verrini lui a refusé cette décision et a présenté le projet à Beggio, qui a accepté rapidement car il voyait un retour commercial supérieur à celui du tout-terrain.
Reggiani a livré une Kawasaki fonctionnelle à Noale. Aprilia en a modifié le cadre et fourni trois moteurs Rotax. L’ensemble a été assemblé dans le garage du pilote à Forlì sous la bannière CR1.
La machine, qualifiée d’ordinaire par Motocourse, a permis à Aprilia d’inscrire 14 constructeurs au championnat constructeurs 250. Aprilia a terminé troisième derrière Honda et Yamaha.
De Kyalami à la première victoire en 1987
En 1985, Reggiani a décroché un podium dès juin au Grand Prix de Yougoslavie malgré deux crashes et quatre Grands Prix manqués sur blessure. Ces résultats ont convaincu Aprilia d’investir davantage dès 1986.
L’équipe a quitté le garage pour l’usine de Noale en 1986. Jan Witteveen, recruté fin 1989, a restructuré le département course et imposé la fiabilité comme priorité absolue.
En 1987, la nouvelle Aprilia a offert un meilleur moteur que Yamaha et un châssis supérieur à Honda. Reggiani a remporté la première victoire de la marque à Misano, sa piste locale, après une course nerveuse marquée par des pannes répétées les saisons précédentes.
Les fondations posées par Witteveen
Witteveen a formé deux ingénieurs en électronique et créé un laboratoire interne pour réduire la dépendance aux fournisseurs japonais. Il a maintenu les coûts bas tout en professionnalisant les opérations.
En 1990, Aprilia n’a pas engagé d’équipe usine afin que tout le personnel se consacre au développement. Ces choix ont permis à la marque d’atteindre les titres mondiaux dans les années 1990.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.