Oscar Piastri a perdu plusieurs dixièmes sur les lignes droites à Spa à cause de différences non programmées dans le déploiement de l’unité de puissance.

Le fonctionnement des algorithmes auto-apprenants
L’unité de puissance apprend des tours précédents et adapte sa stratégie de déploiement électrique en temps réel selon les paramètres mesurés. Andrea Stella a confirmé que ces écarts surviennent même lorsque les réglages de base restent identiques entre les deux McLaren. L’algorithme anticipe la durée de la ligne droite en fonction du vent de face, ce qui modifie la quantité d’énergie libérée pour le reste du tour. Lorsque le pilote s’arrête en sortie de virage comme Isack Hadjar l’a fait au virage 14, le système reçoit une entrée inattendue et délivre soit trop soit trop peu de puissance lors de la relance.
Le seuil de 60 % d’ouverture de papillon constitue un point critique : tout dépassement même minime déclenche une révision complète de la prédiction énergétique pour les 400 mètres suivants. Piastri a souligné que des actions sur le tour de sortie influencent déjà le tour suivant, ce qui rend la gestion énergétique continue et imprévisible. Les modèles de simulation actuels intègrent mal les variations aléatoires de grip et de vent, ce qui explique les écarts observés entre coéquipiers pourtant sur la même stratégie.
Impact sur les pilotes et les qualifications
George Russell a constaté un déficit en ligne droite identique après avoir modifié son style de pilotage entre Silverstone et Spa, prouvant que le facteur externe prime sur l’entrée du pilote. Lando Norris a déclaré que la grille de qualification est désormais décidée par des ordinateurs qui se comportent ou dysfonctionnent de façon incontrôlable. Lorsque le système récolte plus d’énergie juste avant le freinage, la vitesse d’approche diminue de 10 km/h et le point de freinage se déplace, modifiant toute la trajectoire du virage suivant.
Hadjar a reçu 100 % de puissance lors de sa première tentative en Q3 puis un déploiement insuffisant lors de la seconde, illustrant l’impossibilité de reproduire un même scénario deux fois de suite. Ces variations expliquent pourquoi les pilotes se sentent parfois impuissants face à des écarts de deux dixièmes malgré des passages par virage identiques. La calibration du moteur et son apprentissage restent inscrits dans l’ADN des règlements 2026, rendant les ajustements de flux de carburant insuffisants pour éliminer ces comportements.
Perspectives pour les réglementations 2028
La réduction de la part électrique à 40 % en 2028 diminuera l’ampleur des écarts mais ne supprimera pas l’origine du problème, car celui-ci tient à la façon dont le logiciel apprend et anticipe. McLaren a reçu plusieurs outils de simulation Mercedes HPP juste avant Spa, permettant une meilleure modélisation des paramètres sensibles. Stella a indiqué que l’équipe reste encore à quelques courses d’une compréhension complète du comportement de l’unité de puissance.
Les circuits comme Budapest et Zandvoort, moins gourmands en énergie, masqueront temporairement ces difficultés, mais les tracés à forte sollicitation énergétique continueront d’exposer les limites des algorithmes. Piastri a rappelé que le changement de flux de carburant et la baisse de déploiement n’élimineront pas les problèmes inhérents à la calibration et à l’apprentissage du moteur.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.