Les équipes de course en Formule 1, NASCAR et IndyCar cherchent toutes un avantage compétitif ce week-end lors des épreuves en Amérique du Nord. Les éléments secrets qui leur permettent d’aller plus vite se cachent souvent sous la carrosserie. Dans un sport où les réglementations limitent fortement les modifications mécaniques, des organisations comme Team Penske et Scuderia Ferrari se tournent vers les carburants et lubrifiants pour extraire des performances supplémentaires des moteurs et boîtes de vitesses.
Shell joue un rôle clé dans ces efforts, en développant des formules sur mesure adaptées aux besoins spécifiques de chaque série et de chaque circuit.

Le rôle de Shell dans la quête de Team Penske pour une 21e victoire à l’Indy 500
Team Penske collabore étroitement avec Shell pour développer des lubrifiants personnalisés destinés à son programme IndyCar. Pour l’Indianapolis 500, les équipes vont jusqu’à créer des recettes distinctes pour les qualifications et la course. Ces formulations tiennent compte des conditions particulières de chaque type de piste.
Sur l’ovale d’Indianapolis Motor Speedway, l’objectif principal est l’efficacité. Les charges restent constantes à haute vitesse dans une plage de régime moteur étroite. En revanche, sur les circuits routiers ou urbains, les accélérations brutales et les charges élevées exigent des huiles capables de supporter des contraintes très différentes. David Faustino, directeur technique de Team Penske, souligne ces différences d’application.
La température et la durée d’utilisation influencent aussi les choix. Pour les qualifications, où tout reste relativement froid sur seulement quatre tours, les formules peuvent être optimisées différemment que pour la course longue où la chaleur persiste.
Dr Selda Gunsel, directrice technique de Shell, explique que ces travaux permettent des gains mesurables de puissance. En réduisant les frottements dans la boîte de vitesses, les huiles Shell libèrent des chevaux supplémentaires tout en maintenant la fiabilité sous les charges extrêmes des courses.
David Malukas, qui s’élance en première ligne à l’Indy 500, bénéficie directement de ces avancées techniques. L’ensemble de l’équipe, des mécaniciens aux ingénieurs en passant par les chimistes de Shell, contribue à cette performance collective.
L’implication de Shell derrière les efforts de Penske pour le Coca-Cola 600
Sur le front NASCAR, Shell travaille avec Team Penske pour maximiser l’efficacité de la transmission et collabore avec Roush Yates Engines afin d’optimiser la puissance et la durabilité des moteurs. Un projet majeur de la saison a consisté à adapter les lubrifiants au nouveau package de 750 chevaux utilisé sur certains circuits.
Pour le Coca-Cola 600, longue épreuve de 600 miles, la durabilité constitue la priorité absolue. Les équipes développent parfois des huiles moteur sur mesure pour gagner quelques chevaux supplémentaires. Ces formules sont testées sur banc par Roush Yates et Team Penske avant d’être validées pour le week-end.
Chaque type de course NASCAR peut nécessiter une recette d’huile unique, selon les charges moteur et la longueur de l’épreuve. Dr Gunsel insiste sur l’importance de réduire les frottements pour améliorer la puissance.
Les huiles moteur et de boîte de vitesses sont personnalisées en fonction des besoins de chaque équipe. Shell pousse les viscosités à des niveaux très bas, jusqu’à des fluides 0W quasi liquides comme de l’eau, afin de minimiser les pertes par frottement tout en préservant la protection sous contrainte.
L’assistance de Shell à Ferrari pour comprendre les nouvelles réglementations de F1
En Formule 1, Shell monte encore d’un cran son implication avec Scuderia Ferrari. Un laboratoire mobile installé au bord de la piste permet aux ingénieurs Shell d’analyser en continu les carburants et lubrifiants pendant le Grand Prix du Canada à Montréal. Ces données en temps réel aident les ingénieurs Ferrari à ajuster les paramètres du groupe propulseur entre les sessions.
Le développement du carburant durable introduit cette saison avec les nouvelles règles de la Formule 1 a demandé quatre ans de travail. Shell continue d’itérer sur cette formule et prévoit de fournir une version mise à jour à Ferrari pour le Grand Prix de Barcelone-Catalogne le mois suivant.
Le passage à un carburant 100 % composé de composants durables avancés représente un défi majeur. Auparavant, seuls 10 % de composants bio étaient exigés. Les nouvelles molécules n’existent pas encore en quantité suffisante sur le marché, ce qui a obligé Shell à inventer de nouvelles chaînes d’approvisionnement et de nouveaux procédés.
Certains composants possèdent une densité énergétique plus faible que les carburants fossiles. Shell a compensé cette perte grâce à des technologies numériques avancées, dont des workflows basés sur l’apprentissage automatique. Plus de deux millions de formulations ont été analysées virtuellement avant de sélectionner les candidates pour les essais moteur réels à Maranello.
Ce même savoir-faire technologique a permis la création du laboratoire mobile qui accompagne désormais l’équipe Ferrari sur tous les Grands Prix. Ce week-end, Charles Leclerc et ses coéquipiers tenteront de défendre leur troisième place au classement constructeurs au Grand Prix du Canada.
Un engagement qui porte ses fruits sur trois fronts
Les mêmes recherches menées par Shell profitent simultanément aux pilotes de trois séries majeures. Que ce soit David Malukas à Indianapolis, Ryan Blaney à Charlotte ou Charles Leclerc à Montréal, tous bénéficient des avancées en matière de carburants et lubrifiants.
Ces collaborations illustrent comment les partenaires techniques peuvent faire la différence dans un environnement réglementaire très contraint. Les gains de puissance mesurables obtenus dans les boîtes de vitesses ou les moteurs montrent l’importance de ces développements invisibles pour le public.
L’avenir des carburants durables en compétition automobile dépendra largement de ces efforts continus d’innovation. Shell et ses partenaires continuent d’affiner leurs formules pour répondre aux exigences croissantes de performance et de durabilité.
Shell et Ferrari continuent leur partenariat sur les carburants durables
Ces avancées techniques ouvrent la voie à des performances encore supérieures lors des prochaines manches du calendrier.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.