Londres menacée dans le calendrier Gen4 de Formule E pour 2026-27

La Formule E a dévoilé sa voiture Gen4 mardi dernier au circuit Paul Ricard, marquant un bond spectaculaire en performance avec une vitesse maximale de 335 km/h et une puissance de pointe de 804 ch. Ce lancement soulève toutefois un dilemme majeur pour le calendrier 2026-27 : la taille et le poids accrus de la Gen4 pourraient rendre impossibles certaines courses sur circuits urbains étroits, comme celui de Londres à l’ExCeL.[1][2]

Jeff Dodds, PDG de la Formule E, a insisté sur cette évolution : la Gen4 est « plus grande et plus musclée », ouvrant des circuits permanents inédits mais menaçant les venues historiques prisées des fans. Le tracé londonien, finale traditionnelle depuis 2021, risque de disparaître après la saison 2025-26.

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Caractéristiques techniques de la Gen4

La Gen4 représente un saut quantique par rapport à la Gen3 Evo. Elle pèse 87 kg de plus (950 kg au total), mesure 439 mm de plus en longueur et 90 mm de largeur supplémentaire. Ces dimensions la rapprochent dangereusement des monoplaces de Formule 1 2026, dont elle n’est séparée que de 110 mm.

La puissance culmine à 804 ch en qualification ou en mode Attaque, soit 70 % de plus que sa devancière. Avec une transmission intégrale permanente et des pneus pluie complets fournis par Bridgestone (remplaçant Hankook), elle promet des tours de qualification 10 secondes plus rapides.

Lors de sa démonstration à Paul Ricard, la Gen4 a impressionné par son accélération et sa stabilité, générant un « vrai buzz » selon les observateurs. Les constructeurs comme Porsche, Jaguar, Stellantis, Nissan, Lola Cars et Mahindra peaufineront son développement d’ici son entrée en lice.

La recyclabilité à 100 % et les avancées en durabilité renforcent l’ADN électrique de la série. Ce bolide courra quatre saisons à partir de 2026-27, aligné sur l’objectif de devenir « la voiture la plus rapide du monde ».

Le risque pour Londres et les circuits urbains

Londres à l’ExCeL est un favori des supporters depuis 2021, souvent en finale de saison. Son tracé indoor-outdoor inclut des virages serrés comme les 10-13 et 18-20, avec un goulet d’étranglement critique à la sortie de la section couverte.

Avec la Gen4, ce passage deviendrait « trop dangereux et trop complexe », dixit Jeff Dodds. Les Gen3 Evo y passent déjà tout juste ; la nouvelle génération, plus large et puissante, rendrait la course impraticable.

La course du 15-16 août 2026, clôture de la saison 2025-26, s’annonce comme la dernière à cet endroit. Le calendrier 2026-27 sera soumis au Conseil Mondial du Sport Automobile en juin, sans Londres pour l’instant.[2]

D’autres venues urbaines comme Monaco posent des défis similaires, évoquant les difficultés des F1 sur ces circuits. La Formule E doit équilibrer son identité street avec la réalité technique.

Alternatives et évolution vers les circuits permanents

Les rumeurs paddock pointent Brands Hatch comme successeur logique à Londres. Accessible depuis la capitale, ce circuit historique manque d’un événement international majeur et s’adapterait parfaitement à la Gen4.

L’exemple de Jarama à Madrid, lors de son retour en mars 2026, a été un succès retentissant avec une ambiance électrique. Cet ePrix a démontré le potentiel des circuits permanents, attirant un public nombreux malgré le tracé non urbain.[3]

Alberto Longo, cofondateur et directeur des compétitions, défend cette transition : « Ville centre ou pas, notre ADN street racing reste intact. Utilisons des pistes pour mettre en valeur la voiture la plus rapide de la planète. » Des noms comme Zandvoort ou Imola circulent aussi.

La saison 2025-26 à 18 manches confirme l’expansion, avec Jeddah étendu pour anticiper la Gen4. Les défis à Jeddah illustrent les adaptations nécessaires.[3]

  • Avantages des permanents : Meilleure sécurité, vitesses élevées, accès facile.
  • Exemples récents : Jarama (succès), Berlin (doubles manches).
  • Potentiels ajouts : Brands Hatch, Imola, circuits asiatiques adaptés.

Positions des dirigeants et perspectives

Jeff Dodds tempère : « C’est fantastique d’ouvrir de nouveaux circuits, mais triste de perdre des favoris comme Londres, que j’adore personnellement. » La Gen4 repousse les limites électriques, avec un gain de 50 % de puissance en course.

Longo rappelle les origines : Moscow, Paris, Rome étaient purement street, mais Mexico montre qu’un permanent urbain fonctionne via métro. « Les temps changent, montrons la performance. »

L’arrivée d’Opel en Gen4 et le rôle de Mahindra comme châssis renforcent l’engagement. Le calendrier final en juin définira l’équilibre urbain-permanent.

Cette ère Gen4 propulse la Formule E vers l’élite, au risque de diluer son unicité street. Les fans attendent une proposition audacieuse en juin, potentiellement à 20 manches.[4]

Pour plus sur le lancement, consultez l’article Autosport. Le site officiel FIA Formula E détaille la Gen4.

L’avenir s’annonce rapide et vert, avec ou sans l’ExCeL : la Formule E maturise, prête à dominer les circuits mondiaux. Qu’adviendra-t-il de Londres ? Les mois à venir le diront, mais une chose est sûre : la Gen4 redéfinit le spectacle électrique.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.