La 51e édition de l’Acura Grand Prix de Long Beach, cinquième manche de la saison IndyCar 2026, a été marquée par un balayage du podium par Honda, avec Alex Palou en tête. Le pilote espagnol de Chip Ganassi Racing, quadruple champion en titre, a triomphé pour la première fois sur ce circuit urbain temporaire de 1,968 mile et 11 virages, signant sa 22e victoire en carrière et sa troisième de l’année. Parti troisième, Palou a profité d’un arrêt aux stands décisif pour dépasser le poleman Felix Rosenqvist et s’imposer avec 3,9663 secondes d’avance.[1]
Malgré une course dominée par la stratégie et peu d’action sur piste, Palou reprend la tête du championnat avec 205 points, soit 17 d’avance sur Kyle Kirkwood, quatrième à Long Beach. Cette épreuve a mis en lumière les forces et faiblesses des équipes et pilotes, dans une ambiance parfois soporifique.

Gagnant : Équipe d’arrêt aux stands #10 Chip Ganassi Racing
L’équipe d’arrêt aux stands de la #10 Chip Ganassi Racing a été l’héroïne incontestée de cette course. Alors que Palou excellait habituellement par ses tours d’entrée et de sortie de stands fulgurants, c’est ici le travail collectif des mécaniciens qui a fait la différence. Felix Rosenqvist menait avec près de trois secondes d’avance avant la neutralisation au tour 57 pour débris à Turn 3.
Cette interruption providentielle a effacé l’écart et permis un arrêt décisif au tour 59. L’équipe de Palou a réalisé un stop en 7,3 secondes pour quatre pneus Firestone primaires et du carburant, soit presque une seconde de moins que les 8,4 secondes de Meyer Shank Racing. Palou est ressorti devant Rosenqvist, profitant immédiatement de l’air propre pour s’envoler.[2]
Au restart du tour 61, Palou a creusé l’écart jusqu’à 5,5 secondes à douze tours de l’arrivée. Ce pit-stop parfait a transformé une course compromise en triomphe incontesté. Palou lui-même a rendu hommage : « C’est énorme. Super fier de tout le monde, surtout cette équipe. Incroyable de gagner enfin ici à Long Beach. »
Cette performance souligne la préparation méticuleuse de Chip Ganassi Racing pour les moments à haute pression, comparables à ceux de l’Indy 500. Sans ce travail, Palou n’aurait pas pu gérer ses pneus primaires en fin de course. C’est un rappel que le talent du pilote seul ne suffit pas toujours.
Dans notre article dédié à la victoire d’Alex Palou, nous détaillons comment cette stratégie a propulsé Honda vers un podium monopolisé.
Perdant : Tout le monde qui a regardé (et beaucoup de participants)
La course a déçu par son manque d’action sur piste, avec un seul dépassement dans le top 10 avant les pits du tour 30 – Palou surprenant Pato O’Ward au tour 2 dans Turn 1. Bien que le résumé officiel compte 69 passes pour 90 tours, la sensation était celle d’une procession, les changements de position se limitant aux cycles d’arrêts.
Quatre changements de leader parmi quatre pilotes, tous aux stands, sans duel mémorable. Scott Dixon, troisième, l’a qualifié de « blah » (fade). Graham Rahal, huitième, a suggéré à Motorsport.com d’ajuster la longueur : soit dix tours de moins pour plus d’agressivité en stratégie deux arrêts, soit dix de plus pour forcer un troisième stop et pousser la cadence.
Cette édition rappelait les Grands Prix de Formule 1 pré-2020, où la qualif’ primait sur la course. Pour une série fière de surpasser la F1 en spectacle, Long Beach 2026 a été un snoozefest. Les stratégies conservatrices sur ce circuit serré ont primé sur le rythme pur.
Rahal pointe du doigt la gestion carburant qui incite à suivre le train plutôt qu’à attaquer. Sans incidents majeurs hormis la neutralisation tardive, la course a manqué de piment. Les fans méritent mieux sur un événement mythique comme Long Beach.
Gagnant : Felix Rosenqvist
Felix Rosenqvist mérite sa place parmi les gagnants malgré la défaite. Parti de la pole (1’07.4635), il a mené un record de 51 tours, dominant les deux premiers tiers de l’épreuve. Sa #60 Meyer Shank Racing Honda semblait intouchable jusqu’à la neutralisation.
Perdre la victoire sur un pit-stop, après un lead de trois secondes effacé par les débris mystérieux de Turn 3, est frustrant. Pourtant, ce podium relance sa saison : avant Long Beach, son meilleur était 12e (St. Pete, Phoenix), 14e au championnat. « Un peu doux-amer. Alex est 10/10 aux pits. Mais P2, points et podium, c’est là où je veux être », a-t-il déclaré.[2]
Rosenqvist grimpe au neuvième rang provisoire avec 109 points. Cette performance valide les progrès de MSR. Pour un Suédois en quête de seconde victoire en IndyCar, c’est le jolt parfait.
Comparé à son début laborieux, Long Beach marque un tournant. Honda bénéficie de sa constance en qualif’ et en course.
Perdant : Josef Newgarden
Josef Newgarden paie cher son audace stratégique. Son stratège chez Team Penske, Jonathan Diuguid, a opté pour trois arrêts, permettant des attaques rares dans une course statique. Seul à générer des passes significatives, il visait le top.
Mais un dive sur Marcus Armstrong pour la 13e place a causé un plat de gomme avant gauche vers la mi-course. Ses chronos ont chuté au niveau du leader, ruinant l’avantage. La neutralisation unique depuis 2024 a scellé son sort, le reléguant 14e, son rang de départ.
Newgarden, tenant du titre, perd du terrain au championnat (sixième, 130 points). Cette #2 Penske Chevrolet a montré du potentiel, mais la malchance a frappé. Les résultats officiels confirment sa déception.[1]
Sans ce plat, la stratégie alternative aurait pu payer. Un rappel des risques des approches agressives sur rue.
Résultats et points marquants
Voici les dix premiers de cette course de 90 tours :
- Alex Palou (Chip Ganassi Racing, Honda)
- Felix Rosenqvist (Meyer Shank Racing, Honda) +3,9663 s
- Scott Dixon (Chip Ganassi Racing, Honda) +5,4463 s
- Kyle Kirkwood (Andretti Global, Honda) +5,973 s
- Pato O’Ward (Arrow McLaren, Chevrolet) +11,870 s
- Scott McLaughlin (Team Penske, Chevrolet) +12,906 s
- David Malukas (Team Penske, Chevrolet) +13,484 s
- Graham Rahal (Rahal Letterman Lanigan, Honda) +27,567 s
- Alexander Rossi (Ed Carpenter Racing, Chevrolet) +27,635 s
- Kyffin Simpson (Chip Ganassi Racing, Honda) +28,729 s[3]
Au championnat, Palou domine avec 205 points devant Kirkwood (188), Malukas (142) et O’Ward (136).[4]
Palou classe cette victoire « probablement dans le top trois », derrière l’Indy 500. « Chaque succès est spécial, mais ici c’est super cool. » Momentum clé pour Ganassi.
Cette manche consolide Honda en constructeurs et met la pression sur Chevrolet. Prochain rendez-vous : un test ouvert avant les routiers vers l’Indy 500. Palou vise un cinquième titre, mais la concurrence s’étoffe. Long Beach montre que stratégie et exécution priment – un avertissement pour la suite.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.