McLaren, Mercedes et Red Bull ont formellement déposé un appel contre la restitution du podium à Pierre Gasly au Grand Prix de Monaco 2026 après l’annulation de ses deux pénalités pour excès de vitesse en pitlane.

Les faits à l’origine du litige
La FOM a commis une erreur de mesure de distance entre deux capteurs du système de chronométrage officiel, utilisé aussi pour la vitesse en pitlane. Alpine a présenté des données issues directement de la voiture de Gasly prouvant qu’il n’avait jamais dépassé 60 km/h. Les commissaires ont alors annulé les deux pénalités, restaurant le Français sur le podium.
Les équipes rivales avaient toutes servi leurs pénalités ou les avaient acceptées en se fiant aux relevés officiels. Seule Alpine avait déposé une demande de révision avant la fin des délais.
McLaren a précisé dans son communiqué que cette décision soulève des questions majeures de fairness sportive et d’intégrité de la compétition. Red Bull, via son team principal Laurent Mekies, a exprimé la même confusion devant le revirement historique d’une pénalité réputée non contestable.
Conséquences sur les stratégies des équipes
Les équipes ajustent habituellement leurs marges de sécurité et leurs trajectoires d’entrée en pitlane en fonction des données fournies par la FIA. Mekies a comparé le cas à la pesée des monoplaces : les équipes se conforment aux balances officielles même quand leurs propres mesures divergent.
Servir une pénalité pendant le relais suivant constitue la procédure standard. Ne pas le faire expose à une sanction supplémentaire, comme cela est arrivé à George Russell. Alpine a pris le risque de ne pas s’arrêter, profitant ensuite de la safety car pour le second passage.
McLaren a rappelé que tous les concurrents s’étaient conformés aux règles et pratiques en vigueur pendant tout le week-end. L’erreur de mesure étant restée inchangée de vendredi à dimanche, les équipes avaient recalibré leurs procédures sur les relevés FIA sans alerte préalable.
Absence de solution équitable dans le code
Les règlements ne prévoient aucun mécanisme pour annuler des pénalités déjà purgées quand aucune contestation n’a été déposée en temps utile. L’appel de McLaren vise donc non pas à récupérer les cinq secondes d’Oscar Piastri, mais à faire annuler la décision des commissaires d’effacer les sanctions de Gasly.
Mercedes a envisagé un recours pour protéger Russell, le plus pénalisé en points, mais la seconde sanction de l’équipe anglo-allemande découle d’une erreur propre. Même si un mécanisme de restitution existait, les autres teams pourraient arguer d’un traitement inéquitable.
Alpine a suivi la procédure correcte et n’est pas responsable de l’erreur FOM. Appliquer ce résultat uniquement aux équipes ayant fait appel crée néanmoins un précédent qui pourrait inciter à multiplier les recours tardifs et à laisser les classements en suspens plus longtemps.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.