Moteurs 2031 : le V8 atmosphérique face au turbo

Mohammed Ben Sulayem impose un V8 atmosphérique doté d’un petit KERS pour 2031, alors que Mercedes et Audi défendent encore le turbo.

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Un V8 pour restaurer le bruit

La FIA fixe comme objectif prioritaire le retour d’un moteur capable de hurler jusqu’à 19 000 tr/min. Cinquante pour cent du public actuel a moins de 35 ans et n’a jamais entendu ce régime en direct. Le président de la FIA estime que ce seul paramètre justifie l’abandon du turbo, dont la présence réduit inévitablement le niveau sonore.

Ferrari, Cadillac et Red Bull Powertrains gardent une porte ouverte au projet de la FIA. Mercedes et Audi, en revanche, maintiennent leur préférence pour une architecture turbocompressée, jugée plus proche des applications routières qu’ils développent par ailleurs.

Le KERS sera limité à 10-20 % de la puissance du bloc thermique. Cette fourchette évite le retour des scénarios de lift-and-coast observés lors des premiers tests 2026 et garantit une contribution électrique mesurée mais réelle.

Le poids visé pour la monoplace chute à environ 700 kg. La suppression des batteries massives et du turbo permet de gagner directement plus de 50 kg dès le départ de la course grâce à des réservoirs plus petits.

Le retour du ravitaillement en course

La FIA étudie la réintroduction du ravitaillement en course pour alléger encore les voitures. Les équipes transporteraient moins de carburant au départ, réduisant le poids initial de plus de 50 kg par rapport aux pleins actuels.

Le dernier ravitaillement en course date de 2009. Depuis, la F1 a supprimé cette pratique pour des raisons de sécurité et de logistique. En 2023, le nombre de trains de pneus est déjà passé de 13 à 11 par week-end dans une logique de durabilité.

Réintroduire le matériel de ravitaillement représenterait un revirement logistique majeur, supérieur à l’impact des deux trains de pneus retirés. Les constructeurs doutent que cet arbitrage soit compatible avec les objectifs de réduction des coûts et des équipements transportés.

Positions des six motoristes

Mercedes et Audi investissent des centaines de millions d’euros dans des groupes propulseurs turbocompressés destinés aussi aux véhicules de série. Un V8 atmosphérique pur course les obligerait à développer deux filières parallèles.

Ferrari, Red Bull-Ford et Cadillac acceptent d’étudier la solution V8, à condition que le KERS reste secondaire. Honda, sixième motoriste, n’a pas encore rendu publique sa position définitive.

Le débat technique porte donc moins sur la puissance totale que sur la part relative du moteur thermique et du système de récupération d’énergie. Le choix final arbitrera entre bruit maximal et pertinence technologique pour la route.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.