Verstappen a terminé quatrième des deux sessions à Spielberg, relégué à plus de cinq dixièmes de Kimi Antonelli après une perte de régime moteur à l’apex du virage 3.

Un souci moteur qui perturbe la sortie du virage 3
Verstappen a signalé sur la radio que le groupe propulseur perdait des tours-minute précisément à l’apex du virage 3, forçant une attente avant la reprise des gaz. Cette perte de régime a créé du patinage à la sortie et a réduit l’appui disponible sur les roues arrière. L’écart mesuré sur ce secteur a atteint 0,184 seconde par rapport aux références de la veille. Pierre Wache a confirmé que la cause était une mauvaise gestion du moteur et de l’interaction avec la voiture. Le même symptôme avait déjà touché l’équipe sœur Racing Bulls pendant plusieurs week-ends, mais c’est la première fois qu’il affecte la structure principale.
Hadjar a décrit un grip non linéaire : les roues arrière bloquent puis libèrent brutalement, obligeant le pilote à anticiper en permanence. Cette imprévisibilité a annulé une partie du gain aérodynamique apporté par le nouveau plancher et les sidepods. L’équipe a mesuré une augmentation de 15 % du temps passé à corriger la trajectoire dans ce virage unique. Wache a indiqué que la cartographie moteur doit être revue d’urgence pour que le couple arrive plus tôt à la reprise des gaz.
Le package inclut une réduction de poids de 8 kg et un gain d’appui chiffré à 12 points. Pourtant, ces chiffres restent théoriques tant que le moteur ne délivre pas sa puissance de façon linéaire. Antonelli, de son côté, a tourné sans ce souci et a établi les deux meilleurs temps des séances. L’opposition entre les deux monoplaces met en lumière l’impact direct du problème sur les performances chronométrées.
Le changement de caractéristiques remet en cause les réglages acquis
L’introduction simultanée du plancher révisé, des sidepods et de la réduction de poids a modifié l’équilibre général de la RB22. Wache a expliqué que chaque élément de suspension et d’aileron a vu sa sensibilité multipliée par deux après le changement de caractéristiques. Les données de FP2 montrent que le train arrière demande désormais 3 clics supplémentaires d’ouverture pour retrouver le même niveau d’appui qu’avant l’upgrade. Cette recalibration n’était pas anticipée dans les simulations du simulateur.
Mekies avait fixé l’objectif de ramener le déficit de 4 à 5 dixièmes à 2 ou 3 dixièmes grâce au package. Vendredi soir, l’écart réel mesuré en course simulée restait à 0,52 seconde. Hadjar a souligné que la voiture est plus facile à piloter qu’avant, mais que le setup optimal n’a pas encore été trouvé. L’équipe a donc décidé de passer la nuit à analyser les données de télémétrie pour ajuster la hauteur de caisse et la rigidité des suspensions.
Lindblad a confirmé que Racing Bulls rencontre le même déséquilibre depuis trois week-ends, ce qui a permis à Red Bull de disposer d’une base de données plus large pour la nuit de travail. Le lien entre les deux équipes a accéléré l’identification de la cartographie moteur comme point commun. Sans correction, le gain aérodynamique mesuré en soufflerie ne sera pas reproduit sur la piste.
Perspectives pour les qualifications et la course
Wache a répété que le package reste objectivement supérieur à la version précédente en poids et en appui. Les équipes de piste vont donc concentrer leurs efforts sur la fenêtre d’exploitation du moteur entre les virages 3 et 4. Une amélioration de seulement 0,15 seconde sur ce secteur permettrait déjà de viser la troisième ligne de la grille. Les données recueillies vendredi soir seront comparées aux simulations avant FP3 pour valider ou non la nouvelle cartographie.
La marge de progression identifiée reste réelle : le package a démontré en soufflerie un gain net de 12 points d’appui pour un poids réduit de 8 kg. Si la gestion moteur est corrigée, le gain effectif sur piste pourrait atteindre 0,25 seconde par tour. L’équipe reste donc confiante pour les qualifications du 27 juin malgré les difficultés du vendredi.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.