Emmanuel Esnault nommé nouveau team principal Peugeot pour le WEC 2026 : un tournant stratégique

WEC

Peugeot Sport a officialisé la nomination d’Emmanuel Esnault au poste de team principal de son programme Hypercar en vue de la saison WEC 2026. Cette nomination marque une étape majeure dans la restructuration de l’organisation du Lion, qui voit également Olivier Jansonnie évoluer vers la direction de Stellantis Motorsport et Jean-Marc Finot prendre sa retraite après des décennies de service.

Cette arrivée s’inscrit dans un contexte de forte compétition au sein du championnat du monde d’endurance, où les constructeurs redoublent d’efforts pour affiner leurs organisations face à une grille jamais aussi dense. Emmanuel Esnault, avec son expérience de plus de trente ans dans les disciplines les plus prestigieuses du sport automobile, représente un choix stratégique pour Peugeot qui cherche à franchir un nouveau palier avec ses 9X8.

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Qui est Emmanuel Esnault, le nouveau pilier du programme Peugeot WEC 2026 ?

Un parcours de plus de 30 ans au sommet du sport automobile

Emmanuel Esnault n’est pas un nouveau venu dans l’univers de la compétition automobile. Diplômé en génie mécanique, il a débuté sa carrière en endurance au sein de Courage Compétition, une écurie emblématique des années 90 et 2000. C’est cependant chez Renault Sport qu’il a consolidé ses bases, en passant près de neuf ans à gérer la compétition client pour la marque au losange. Cette expérience lui a permis de développer une expertise pointue dans la gestion des relations entre constructeur et équipes privées, une compétence précieuse dans l’écosystème actuel du WEC.

Après son passage à Renault, Esnault a rejoint McLaren en Formule 1, où il a occupé des postes de manager puis de coordinateur pendant près de cinq ans, au cœur des années 2010. Cette immersion dans l’élite de la F1 lui a apporté une rigueur opérationnelle et une méthodologie de travail qu’il a ensuite transposées dans l’endurance. Son retour à sa discipline de cœur s’est fait avec le projet LMDh de Lamborghini, qu’il a dirigé avec succès avant de prendre la tête du projet chez Iron Lynx depuis mai dernier.

De McLaren à Lamborghini : une expertise internationale

Le parcours d’Emmanuel Esnault témoigne d’une capacité d’adaptation remarquable aux cultures et exigences différentes des constructeurs. Chez McLaren, il a appris à naviguer dans l’univers impitoyable de la Formule 1, où chaque milliseconde compte et où la coordination entre les différents départements est cruciale. Cette expérience dans une équipe de pointe lui a inculqué des standards d’excellence opérationnelle qu’il a pu appliquer chez Lamborghini.

La gestion du projet LMDh pour le Taureau a représenté un défi de taille, consistant à construire un programme compétitif de toutes pièces dans une nouvelle catégorie réglementaire. Son rôle chez Iron Lynx a ensuite consolidé cette expérience, en dirigeant une équipe privée engagée dans le championnat du monde d’endurance. Cette double expérience, côté constructeur et côté équipe client, constitue un atout majeur pour Peugeot, qui doit non seulement gérer son usine mais aussi ses relations avec les équipes partenaires.

Les nouveaux défis d’Emmanuel Esnault chez Peugeot Sport en 2026

Une succession organisée dans la direction de Peugeot

La nomination d’Emmanuel Esnault s’inscrit dans une succession minutieusement préparée par les dirigeants de Peugeot et Stellantis. Olivier Jansonnie, qui cumulait jusqu’à présent les rôles de directeur technique et de team principal, va se consacrer à sa nouvelle fonction de directeur de Stellantis Motorsport à compter du 1er février 2026. Ce mouvement intervient parallèlement au départ à la retraite de Jean-Marc Finot, qui quittera ses fonctions fin janvier 2026 après une carrière exceptionnelle au sein du groupe.

Cette transition orchestrée garantit une continuité tout en apportant un regard neuf sur la gestion du programme. Esnault prendra officiellement ses fonctions en janvier 2026, lui permettant une phase de transition avec Jansonnie pour prendre en main les dossiers en cours. Cette période d’accompagnement est essentielle alors que l’équipe prépare la saison 2026, avec notamment l’engagement de deux Peugeot 9X8 sur l’ensemble de la saison.

La quête d’une première victoire avec la 9X8

Le principal défi qui attend Emmanuel Esnault est clair : amener la Peugeot 9X8 à sa première victoire. La voiture hybride au design atypique, sans aileron arrière, a montré des performances intermittentes depuis son arrivée en 2022, avec des podiums mais sans parvenir à franchir la dernière marche. La saison 2026 représente une nouvelle opportunité pour l’équipe française, d’autant plus que la concurrence ne faiblit pas.

La grille Hypercar compte aujourd’hui huit constructeurs, avec des acteurs majeurs comme Toyota, Ferrari, Porsche, Cadillac, Alpine et Aston Martin. Chaque constructeur a affiné son approche, et la marge de manœuvre technique se réduit chaque année. Le travail de développement de la 9X8 se poursuit, avec des ajustements aérodynamiques et une optimisation continue du système hybride. Esnault devra mobiliser toutes ses compétences de gestion de projet et de coordination technique pour tirer le meilleur de cette plateforme.

Une nouvelle ère sportive pour Peugeot en endurance

Des ambitions affirmées par la direction

La nomination d’Emmanuel Esnault traduit des ambitions élevées pour le programme Peugeot en WEC. Alain Favey, directeur de la marque Peugeot, a explicitement fait part de sa confiance dans les capacités du nouveau team principal à atteindre les objectifs fixés. Ces objectifs, bien que non détaillés publiquement, incluent nécessairement des victoires et des titres dans un avenir proche.

Dans ses déclarations, Esnault a lui-même reconnu l’importance de l’héritage de Peugeot en endurance : “Je mesure pleinement la responsabilité qui m’est confiée, ainsi que l’héritage sportif riche que Peugeot porte en endurance. Il y a énormément de potentiel dans ce programme, et j’ai la conviction que nous avons tout pour faire les choses correctement et progresser ensemble.” Cette référence à l’histoire de la marque rappelle les succès passés de Peugeot aux 24 Heures du Mans, notamment avec les légendaires Peugeot 905 et 908.

Le défi d’une grille WEC 2026 plus compétitive que jamais

Le championnat du monde d’endurance 2026 s’annonce comme l’une des éditions les plus disputées de son histoire. La catégorie Hypercar, mise en place en 2021, a atteint sa maturité avec des constructeurs présentant des voitures extrêmement affinées. La concurrence ne se limite plus aux seules performances sur piste, mais s’étend à la gestion stratégique, à l’optimisation des performances en course et à la qualité des rotations de pilotes.

Emmanuel Esnault doit donc rapidement comprendre les subtilités du règlement du WEC, des systèmes de handicaps par le BoP (Balance of Performance) et des stratégies énergétiques. Chaque détail compte, et l’expérience acquise chez Lamborghini sur le projet LMDh lui donne une base solide pour appréhender ces défis. Il devra également gérer les nouvelles recrues au sein de l’équipe pilote, avec l’arrivée de Nick Cassidy et Théo Pourchaire en tant que titulaires.

La confiance exprimée par Jean-Marc Finot est révélatrice des attentes : “Dans un championnat où la concurrence entre constructeurs est particulièrement intense et où la grille n’a jamais été aussi compétitive, nous avons toute confiance en sa capacité à faire avancer l’équipe et à soutenir notre progression continue en FIA WEC.”

Cette nomination, combinée aux changements dans l’organigramme et aux renforts au sein du plateau pilote, positionne Peugeot pour une saison 2026 qui pourrait être déterminante pour l’avenir du programme Hypercar. Le succès ne sera pas seulement une question de performances techniques, mais aussi de direction d’équipe, de cohésion et d’adaptation aux défis d’un championnat en constante évolution.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.