Le DMG-S de Dynisma délivre moins de 5 ms de latence et plus de 50 Hz de bande passante dans une empreinte compacte de 2,5 m sur 2,5 m dès son lancement le 10 juin 2026.

Genèse d’une technologie née en F1
Ash Warne, fondateur et désormais CTO de Dynisma, a accumulé six années chez McLaren puis quatre chez Ferrari avant de créer l’entreprise en 2017. La société emploie aujourd’hui 139 personnes sur son campus de Bristol. Cette trajectoire a permis de développer la plateforme DMG-360XY, dotée de cinq mètres de déplacement XY et de plus de 100 Hz de bande passante, choisie par les équipes Ferrari, Alpine et désormais Cadillac F1.
Warne a identifié un vide : aucune solution n’offrait à la fois réactivité maximale et fiabilité sur dix ans. Plutôt que de laisser chaque écurie construire son propre simulateur, Dynisma propose une plateforme prête à l’emploi, plus rapide à déployer et plus évolutive. Le choix s’est porté sur cette externalisation pour permettre aux directeurs techniques de concentrer leurs ressources sur le développement de la voiture plutôt que sur la maintenance d’un outil interne.
Les récompenses confirment cette trajectoire : Technology Company of the Year 2025 aux British Business Awards et apparition dans le Sunday Times 100 Tech la même année. Ces distinctions reposent sur un chiffre d’affaires de simulateurs en forte croissance et sur des partenariats couvrant la F1, la Formule 2, la Formule E, l’Endurance et l’IndyCar.
DMG-S : démocratiser la performance sans sacrifier la précision
Le DMG-S reprend la même architecture de motion que ses aînés tout en réduisant les coûts de fabrication et l’encombrement. Deux configurations sont proposées : une pour les monoplaces, l’autre pour les GT et voitures de tourisme. La latence reste inférieure à 5 ms et la bande passante dépasse 50 Hz, valeurs qui placent l’engin dans la catégorie supérieure du marché.
Lors des essais réalisés au siège, le simulateur a reproduit fidèlement le comportement de la Ferrari F2004 à Spa, avec un passage fluide en troisième à Pouhon et un plein régime à l’Eau Rouge. Le passage sur le Porsche GT3 a révélé en revanche une exigence accrue de précision, les effets de bordure et de sortie de piste se faisant physiquement ressentir, contrairement aux consoles de jeu.
Ce positionnement à six chiffres vise explicitement les équipes clientes et les structures de karting. L’objectif affiché est d’offrir un continuum : un pilote débutant sur DMG-S pourra ensuite migrer sans rupture vers les plateformes F1 de l’entreprise. La fabrication accélérée permettra des livraisons rapides à l’international dès les premiers mois suivant le 10 juin.
Conséquences pour l’écosystème du sport automobile
En abaissant la barrière d’entrée, Dynisma modifie le rapport de force entre constructeurs de simulateurs et équipes. Les structures modestes n’auront plus à choisir entre un outil bas de gamme ou un investissement de dix millions de livres pour un développement interne. La fiabilité prouvée sur dix ans par les écuries de pointe devient accessible plus tôt dans la carrière des pilotes.
L’exportation prévue vers le monde entier dans les deux prochaines années renforcera la standardisation des données de simulation. Les retours d’expérience collectés sur le DMG-S alimenteront directement les évolutions des modèles supérieurs, créant un cercle vertueux entre base et élite du sport automobile.
Si cette stratégie de volume se concrétise, Dynisma consolidera son avance technologique tout en élargissant son empreinte au-delà des dix équipes de F1 actuelles.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.