Alonso a qualifié les monoplaces 2026 de « pire génération » qu’il ait jamais pilotée à Monaco après avoir tapé le mur en FP1.

Les incohérences du frein moteur hybride
Alonso a pointé du doigt le système de recharge de la batterie lors des freinages, qui génère une variabilité extrême du frein moteur. Sur le circuit monégasque, où l’énergie ne doit pas être économisée, ce mécanisme crée des différences notables d’un tour à l’autre. Le pilote Aston Martin a précisé que lorsque la batterie est pleine, la recharge s’arrête et le frein moteur disparaît, transformant la décélération en une sensation de poussée inattendue.
Cette instabilité s’ajoute aux downshifts aléatoires signalés par Alonso tout au long de la saison. En FP1, il a perdu le contrôle à l’approche de la chicane, conséquence directe de l’interaction complexe entre recharge massive sur l’essieu arrière et blip moteur requis pour les changements de rapport. Aston Martin accuse un retard sur ces réglages par rapport aux équipes rivales.
Le déficit chronométrique à l’issue des essais vendredi illustre l’ampleur du problème : Cadillac a terminé 0,178 seconde devant, tandis que Racing Bulls disposait d’une marge de 0,546 seconde sur la plus courte piste du calendrier.
Le constat d’Alonso sur l’AMR26
Alonso a également déploré un sous-virage chronique malgré les ajustements de setup effectués entre les deux séances. Ces modifications n’ont pas suffi à corriger le comportement imprévisible de la monoplace, qui oscille entre manque de frein moteur et excès de puissance selon l’état de charge de la batterie.
Le pilote espagnol a réaffirmé son opposition de principe aux voitures hybrides en course, estimant que ces dernières ne devraient pas participer à des Grands Prix. Son expérience personnelle, acquise dès les premiers tests de l’AMR26, l’a convaincu que les exigences de gestion énergétique altèrent fondamentalement le pilotage sur les tracés lents.
Hamilton a dominé la FP2 avec une Ferrari en tête devant Verstappen, mais les difficultés d’Alonso restent isolées au sein du paddock pour l’instant. Elles traduisent cependant un défi plus large pour toutes les équipes confrontées aux nouvelles règles 2026.
Les implications pour Aston Martin
Les expérimentations supplémentaires promises par l’équipe britannique viseront prioritairement à stabiliser le frein moteur. Sans amélioration rapide, le déficit accumulé sur les circuits urbains risque de s’aggraver lors des prochaines manches.
Alonso a insisté sur le fait que les voitures 2026 rendent les virages rapides moins exigeants partout ailleurs, mais que Monaco révèle sans filtre les faiblesses du système hybride. Cette singularité monégasque agit comme un révélateur des limites réglementaires actuelles.
Si Aston Martin ne résout pas l’incohérence du frein moteur avant le Grand Prix d’Espagne du 21 juin, Alonso terminera la saison avec au moins trois incidents supplémentaires sur les circuits urbains.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.