Sébastien Ogier a décroché la victoire au Rallye des Îles Canaries, cinquième manche du Championnat du monde des rallyes (WRC) 2026, après un duel épique avec son coéquipier chez Toyota, Oliver Solberg. Le nonuple champion du monde a maîtrisé les routes asphaltées impeccables de l’île espagnole, sous la pression constante du jeune Suédois. L’issue s’est décidée sur l’avant-dernière spéciale, où Solberg a percuté une barrière, abandonnant instantanément et offrant le triomphe à Ogier.
Accompagné de Vincent Landais, Ogier signe ainsi sa 68e victoire en WRC et permet à Toyota d’atteindre les 300 podiums dans la catégorie reine. “C’était très agréable. Nous avions une excellente voiture et c’était du pur plaisir, bravo à toute l’équipe. C’était extrêmement serré ce week-end avec mes coéquipiers, surtout Oliver. Dommage que nous n’ayons pas pu tous finir ensemble”, a déclaré le Français au podium.[1]

Un duel acharné entre Ogier et Solberg
Le rallye a vite tourné à l’affrontement entre les deux pilotes Toyota. Dès la deuxième spéciale, Ogier s’empare de la tête, creusant un écart de 8,9 secondes sur Solberg à la fin du vendredi. Le samedi transforme cette avance en une bataille au dixième de seconde. Les deux hommes échangent les meilleurs temps, inscrivant même un chrono identique sur l’ES13.
Solberg, inspiré, recolle au peloton et ne compte plus que 3,8 secondes de retard avant le dimanche. Sans zone de changement de pneus ce jour-là, la gestion des gommes devient cruciale. Comme nous l’avions analysé dans notre article sur le duel intense entre Ogier et Solberg, la tension était palpable, avec Solberg revenant à 2,2 secondes sur l’avant-dernière spéciale.
Le drame survient dans un virage à droite : Solberg prend trop de vitesse, heurte une barrière et sort de la route. Cet abandon libère Ogier, qui boucle la course sans encombre. Ce face-à-face illustre la férocité interne chez Toyota, où les coéquipiers se poussent mutuellement à l’excellence.
Sans ce crash, le dénouement aurait pu être différent, Solberg démontrant un rythme impressionnant sur asphalte lisse, terrain traditionnellement favorable à Ogier. Ce duel rappelle les grandes batailles du passé, comme celles d’Ogier face à Neuville en 2017.
La domination Toyota et les performances des coéquipiers
Elfyn Evans termine deuxième, à 19,9 secondes d’Ogier. Le Gallois a brillé samedi, notamment en remportant l’ES10 sous la pluie, revenant à 10,3 secondes du leader. Il perd du terrain ensuite, luttant pour trouver le bon équilibre sur sa GR Yaris Rally1.
L’abandon de Solberg propulse Evans au deuxième rang, complété par 10 points bonus du Super Sunday. Cela lui permet de prendre la tête du championnat avec deux points d’avance. Sami Pajari, après un bon début en Croatie, finit troisième à 1’40”8, malgré des difficultés à extraire le rythme maximal de sa Toyota.
Takamoto Katsuta, leader avant le rallye, complète le top 4 à 1’51”2. Les cinq Toyota trustent les premières places au shakedown, confirmant la supériorité de la GR Yaris sur asphalte. Rallye WRC des Îles Canaries : Ogier et Solberg se préparent à un duel décisif le dernier jour, cet événement met en lumière la force collective de l’équipe japonaise.
Cette performance collective booste Toyota, qui dépasse les 300 podiums WRC. Evans bénéficie pleinement de cette fiabilité pour son titre.
Les luttes chez Hyundai et les autres concurrents
Hyundai arrive avec un handicap connu : l’asphalte lisse n’avantage pas l’i20 N Rally1. Les trois pilotes souffrent d’un manque d’équilibre, empêchant des trajectoires agressives. Adrien Fourmaux extrait le meilleur parti, finissant cinquième à 3’29”5, comme l’an passé.
Thierry Neuville, champion 2024, admet un problème : “Quelque chose n’allait clairement pas”, avec des temps plus lents qu’en 2025. Il grimpe sixième après l’abandon de Solberg. Dani Sordo, de retour depuis la Grèce 2024, démarre fort vendredi mais faiblit, terminant septième.
Chez M-Sport-Ford, Josh McErlean l’emporte en interne, huitième overall après un rallye propre. Jon Armstrong perd plus de deux minutes sur l’ES14 après une sortie, aidé par les fans pour repartir. En WRC2, Yohan Rossel offre un deuxième succès consécutif à Lancia, dixième overall, devant Alejandro Cachon (+25,1 s).
Ces résultats soulignent les écarts techniques entre Toyota et ses rivaux sur ce terrain.
Classement final et implications pour le championnat
Voici le top 10 du Rallye des Îles Canaries 2026 :
- Sébastien Ogier (Toyota)
- Elfyn Evans (Toyota) +19,9 s
- Sami Pajari (Toyota) +1’40”8
- Takamoto Katsuta (Toyota) +1’51”2
- Adrien Fourmaux (Hyundai) +3’29”5
- Thierry Neuville (Hyundai)
- Dani Sordo (Hyundai)
- Josh McErlean (Ford)
- …
- Yohan Rossel (Lancia, WRC2)
Ogier consolide son programme partiel avec cette première victoire 2026. Evans prend les commandes du championnat, crucial pour la suite. Toyota domine, mais Hyundai doit réagir sur d’autres surfaces.[2]
Ce rallye marque un tournant : la fiabilité Toyota paie, tandis que les abandons comme celui de Solberg ouvrent des opportunités inattendues.
Perspectives pour la suite de la saison WRC
Ogier, en sabbatique partielle, démontre qu’il reste une référence. Son masterclass asphalté inspire ses jeunes coéquipiers. Hyundai, distancé, vise des progrès sur terre et gravier.
Evans en leader, suivi de près, promet une chasse haletante. Prochain rendez-vous : un terrain plus varié pour tester les hiérarchies. Toyota semble armé pour défendre son emprise, mais la concurrence guette. Ce qui promet une saison 2026 riche en suspense.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.