Le champion du monde en titre Sébastien Ogier a renforcé sa position de leader au Rallye Islas Canarias 2026, à l’issue de la boucle matinale écourtée du vendredi. Au volant de sa Toyota GR Yaris Rally1, le pilote français a remporté les deux spéciales disputées, signant les temps scratch sur la première et la quatrième. Toyota domine outrageusement, occupant les cinq premières places du classement général avec une avance confortable sur les poursuivants.
L’annulation de la troisième spéciale pour raisons de sécurité, due au stationnement illégal d’une centaine de véhicules de spectateurs près de la trajectoire, n’a pas perturbé le rythme des Toyota. Cette épreuve asphaltée, typique des routes lisses des îles Canaries, met en lumière la supériorité technique de la marque japonaise face à Hyundai et M-Sport Ford.[1][2]

La domination incontestée de Toyota
Toyota Gazoo Racing démontre une fois de plus sa maîtrise sur l’asphalte des Canaries. Les cinq GR Yaris Rally1 occupent les premières positions, un écart de près de 20 secondes sur le premier Hyundai en sixième place. Cette performance rappelle la saison 2025 où l’équipe a enchaîné les victoires, comme à Monte-Carlo ou en Suède.
Ogier, neuf fois champion du monde, a bondi de la sixième à la première place en remportant la première spéciale du jour de 0,5 seconde devant Oliver Solberg. Sur la quatrième, il a devancé Elfyn Evans de 4,2 secondes, portant son avance totale à 5,9 secondes sur son coéquipier Sami Pajari.
Les routes sinueuses et rapides, proches de circuits, favorisent les réglages précis des Toyota. L’équipe a optimisé ses suspensions et son aérodynamisme pour ces conditions, contrastant avec les difficultés rencontrées en Croatie il y a deux semaines.
Cette suprématie interne pousse les pilotes Toyota à se surpasser. Comme l’a déclaré Ogier : « Les Toyota ont un super rythme par rapport aux autres et il y a encore un peu de marge pour s’améliorer, on joue sur de petits détails pour trouver le sweet spot. »
Les performances des pilotes Toyota
Sami Pajari, deuxième à 5,9 secondes, n’est pas pleinement satisfait malgré sa position. Le Finlandais, qui espérait mieux performer que en Croatie, a regretté un manque de fluidité : « La sensation n’est pas celle espérée, la conduite ne paraît pas naturelle. Peut-être à cause des basses températures du matin, mais globalement ce n’était pas génial. »
Elfyn Evans complète le podium en troisième position, à seulement 0,1 seconde de Pajari. Le Gallois a admis une matinée « pas incroyable », citant des problèmes de sous-virage en fin de boucle : « Il y a plus à venir. Je ne suis pas encore complètement détendu ou heureux. Mon rythme n’est pas top pour l’instant. »
Oliver Solberg, quatrième à 6,5 secondes, a décrit sa voiture comme « horrible » sur la dernière spéciale, mais il a adopté une approche prudente après son abandon en Croatie. Takamoto Katsuta, leader overnight et cinquième, a le plus souffert de sous-virage parmi les Toyota.
Voici le top 5 Toyota après la boucle matinale :
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- Sébastien Ogier (FRA) : leader
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- Sami Pajari (FIN) : +5,9 s
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- Elfyn Evans (GBR) : +6,0 s
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- Oliver Solberg (SWE) : +6,5 s
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- Takamoto Katsuta (JPN) : à préciser
Cette concurrence interne rend la course passionnante au sein de l’équipe.
Les difficultés rencontrées par Hyundai
Hyundai avait anticipé un rallye compliqué sur l’asphalte, comme l’an dernier où ils ont été dominés. Dani Sordo, sixième à 19,2 secondes, est le meilleur d’eux avec un setup différent : « Les Toyota sont comme l’an dernier, ce sera dur de les rattraper. On progresse étape par étape. »
Adrien Fourmaux, septième à 26,2 secondes, et Thierry Neuville, huitième à 27,1 secondes, manquent de confiance. Neuville a confié : « Je n’ai pas bien dormi, j’attendais le pire mais ce n’était pas si mauvais. On teste plein de setups, on est en bagarre interne chez Hyundai maintenant. »
Les lignes de trajectoire des Toyota sont impossibles à suivre pour les i20 N Rally1, qui peinent en adhérence et en motricité. L’équipe coréenne travaille sur des ajustements pour l’après-midi.
Cette contre-performance rappelle les défis asphaltés passés, comme au Rallye de France 2025 où Hyundai avait aussi souffert.
L’incident de la SS3 et les enjeux sécurité
La spéciale 3, Tejeda - San Mateo 1, a été annulée par la FIA pour sécurité. Plus de 100 voitures de spectateurs stationnées illégalement près de la piste ont obstrué la zone, forçant les organisateurs à sauter cette épreuve de 24,56 km.
Cet incident souligne les problèmes récurrents de gestion des spectateurs en WRC, comme vu à la Safari Rally Kenya 2026 avec ses conditions chaotiques. La FIA a rappelé les règles strictes pour éviter des accidents potentiels.
Les équipages ont directement enchaîné sur la SS4, un test circuit-like où Ogier a brillé. Cette annulation raccourcit la journée mais maintient l’intensité.
La sécurité reste prioritaire, et les autorités locales renforcent les contrôles pour l’après-midi. Les fans sont invités à respecter les zones désignées, comme indiqué sur le site officiel du WRC.[3]
Perspectives pour la suite du rallye
L’après-midi réserve trois spéciales supplémentaires, avec un retour sur Tejeda - San Mateo potentiellement nettoyé. Toyota vise à consolider son avance, tandis que Hyundai cherche des solutions rapides.
En WRC2, Yohan Rossel (Lancia) mène devant son frère Leo, en dixième place overall. Chez M-Sport Ford, Josh McErlean est neuvième et Jon Armstrong onzième après un moment chaud en SS4.
Ogier reste vigilant : « On a une grosse lineup avec cinq pilotes au top, si tu relâches tu tombes P5 direct. » Les écarts minuscules sur les chronos (0,5 s en SS1) promettent du suspense.
Pour le championnat, cette performance booste Ogier dans sa quête d’un dixième titre, alors que Toyota creuse l’écart constructeurs. L’après-midi dira si Hyundai peut réagir, mais la tendance penche vers une nouvelle démonstration japonaise.
Ce Rallye Islas Canarias 2026 confirme la hiérarchie actuelle en WRC, avec Toyota intouchable sur asphalte. Les enjeux pour le reste de la saison sont clairs : Hyundai doit innover pour inverser la tendance avant les épreuves gravier comme le Portugal. Les fans attendent avec impatience la suite des hostilités sur ces routes mythiques.[4]
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.