Le moteur de Russell a atteint 12800 tr/min sur la grille alors que l’accélérateur était à peine effleuré à 9 %, déclenchant l’anti-stall et lui coûtant plusieurs positions au départ du Grand Prix de Hongrie 2026.

Le dysfonctionnement logiciel sur la grille
Russell a maintenu 30 % d’accélérateur pendant la phase de préparation des feux, comme l’exige la procédure de lancement. Le logiciel a ensuite fait grimper le régime au-delà de 12700 tr/min, forçant le pilote à lever le pied pour tenter de stabiliser.
Toto Wolff a confirmé après la course que le moteur avait atteint le régime maximum alors que Russell n’appliquait que 10 % de gaz, rendant toute intervention du pilote inefficace.
La télémétrie montre que le régime est passé de 12700 tr/min à moins de 12000 tr/min en quelques secondes, puis est remonté à 12600 tr/min malgré un appui inférieur à 10 % sur la pédale.
Russell a expliqué que le moteur ne réagissait plus à l’accélérateur quatre secondes avant l’extinction des feux, transformant une action corrective en déclencheur de l’anti-stall.
Le même logiciel avait déjà provoqué un incident comparable lors des essais de pré-saison à Bahreïn, selon les propres mots de Russell sur le moteur neuf monté après la fuite d’eau du samedi.
Comparaison avec Antonelli et mécanisme causal
Antonelli a maintenu un régime stable à 12300 tr/min avec 30 % d’accélérateur pendant toute la phase de feux, sans variation.
Sur la Mercedes de Russell, le régime a culminé à 12800 tr/min puis chuté à 4500 tr/min au moment de la libération de l’embrayage, contre 5800 tr/min chez Antonelli.
Cette différence de 1300 tr/min a privé Russell du couple nécessaire, activant automatiquement l’anti-stall et lui faisant perdre plusieurs places dès les premiers mètres.
Le capteur de régime et le contrôle de boost turbo ont réagi de façon erratique, opposant la procédure standard de Mercedes à une exécution défaillante du logiciel.
Conséquences sur le week-end et la saison
Russell a terminé la course après avoir récupéré quelques positions, mais le week-end a résumé une première moitié de saison marquée par des regrets accumulés.
L’incident a suivi le changement de moteur imposé par la fuite d’eau causée par un passage sur le vibreur la veille, ajoutant une contrainte supplémentaire à l’équipe.
Wolff a qualifié la situation des problèmes techniques et de fiabilité de « inacceptable » lors de la première partie de saison.
Russell a admis que même sans ce souci technique, une place dans les trois premiers en qualifications restait hors d’atteinte sur ce tracé.
Ce dysfonctionnement logiciel, déjà observé en essais à Bahreïn, souligne l’urgence pour Mercedes de stabiliser son unité de puissance avant la reprise après la pause estivale.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.