Un an après le renvoi de Christian Horner, Red Bull se classe quatrième au championnat constructeurs avec 87 points de retard sur McLaren au 2 juillet 2026.

La transition de leadership expose les faiblesses structurelles
Red Bull a passé vingt ans sous la direction de Horner avant son licenciement en juillet 2025. Laurent Mekies a pris les rênes et imposé une approche centrée sur l’ingénierie dès son arrivée. Cette rupture a mis au jour les dépendances accumulées : le vieux tunnel aérodynamique obsolète et la trop grande confiance accordée à quelques cadres clés.
Le glissement de performance de 2024 s’est accentué en 2025 lorsque McLaren a trouvé les bonnes combinaisons. Mekies a dû modifier les processus internes, ce qui a provoqué le départ de plusieurs cadres expérimentés. Ces départs, loin d’être accidentels, résultent directement de la volonté de ne plus masquer les faiblesses par des solutions individuelles.
L’installation d’Isack Hadjar aux côtés de Verstappen a rompu la malédiction du deuxième siège qui pesait depuis 2019. Les deux monoplaces sont désormais compétitives sur une même course, contrairement à l’époque où une seule voiture portait le poids des résultats.
Mekies a restauré un climat plus calme après les luttes de pouvoir internes de 2025. Les retours positifs des ingénieurs pendant ses premiers mois confirment que l’approche technique porte ses fruits à long terme.
Le groupe propulseur maison et ses conséquences réglementaires
Le moteur Red Bull Ford Powertrains, première unité conçue en interne, a terminé en tête du classement FIA pour la partie combustion. Cette performance a bloqué l’équipe sur le système ADUO : sans jeton de développement, aucune modification hardware n’est possible pour 2026.
Red Bull domine donc en puissance pure mais souffre en gestion électrique sur les circuits pauvres en énergie. Silverstone, Spa et Monza ont révélé ces limites que Mekies a lui-même reconnues publiquement. Aucune solution rapide n’existe tant que le classement moteur reste figé.
La dépendance à Verstappen pour compenser les carences châssis persiste. Le champion a exprimé son mécontentement à Silverstone et au Canada, soulignant que ses retours n’étaient pas toujours pris en compte. Cette tension rappelle que la métamorphose en cours n’est pas encore achevée.
Les départs de personnel et la force en profondeur réelle
Gianpiero Lambiase a rejoint McLaren et Paul Monaghan a signé chez Cadillac. Ces départs s’ajoutent à celui d’Helmut Marko choisi par l’équipe. Red Bull affirme disposer d’une profondeur de banc suffisante avec plus de mille employés à Milton Keynes.
Les rumeurs de brain drain persistent malgré les CV de haut niveau reçus chaque semaine. La perception publique compte autant que les faits : recruter deux profils seniors externes avant la fin 2026 serait nécessaire pour inverser cette image.
Fred Vasseur a mis trois ans chez Ferrari pour installer ses hommes et voir les résultats. Mekies bénéficie du même délai. Le jugement définitif sur sa direction interviendra en 2027 et au-delà, une fois la nouvelle ère réglementaire stabilisée.
Si Mekies ne résout pas la fenêtre d’adaptation du groupe propulseur avant le GP de Hongrie du 26 juillet, l’écart constructeurs avec McLaren franchira la barre des 120 points.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.