Aucun point de pénalité n’a été attribué sur les superlicences après les six premiers Grands Prix de la saison 2026.

Des commissaires nettement plus cléments qu’en 2025
Après le Grand Prix du Canada, Isack Hadjar a écopé de deux pénalités de dix secondes sans aucun point de pénalité. La première sanction concernait ses changements de trajectoire multiples face à Charles Leclerc. La seconde sanctionnait son absence de réduction significative de vitesse sous drapeaux jaunes doubles, infraction traditionnellement punie par un stop-and-go de dix secondes.
En Chine, Esteban Ocon a reçu dix secondes pour sa collision avec Franco Colapinto, toujours sans point. Oscar Piastri a subi le même traitement à Montréal après son contact avec Alex Albon. Ces décisions s’inscrivent dans une série de six courses sans aucun point attribué.
L’an dernier, cinq occasions de points étaient survenues sur les cinq premiers Grands Prix. En 2024, ce chiffre atteignait huit. La rupture est donc totale entre 2025 et 2026.
Les nouvelles directives FIA, modifiées après les discussions hivernales entre la fédération et les pilotes, précisent désormais que le nombre de points indiqué constitue un maximum et que zéro point reste une option valide. Pour les collisions sans conséquence sportive immédiate, le maximum est même descendu à zéro point.
Les pilotes avaient plaidé pour que les points soient réservés aux comportements délibérés ou imprudents. Cette philosophie a été intégrée aux guidelines, rendant explicite ce qui n’était qu’une pratique occasionnelle l’année précédente.
L’évolution des guidelines entre 2025 et 2026
Le document 2026 conserve la possibilité théorique de trois points pour le non-respect des drapeaux jaunes doubles, mais l’option zéro est désormais mise en avant dès l’introduction. Pour les collisions, les commissaires doivent désormais ajuster les points selon la gravité et les conséquences réelles.
Le cas des collisions mineures, décrites comme un simple « toucher » ou « baiser », peut désormais n’entraîner aucune pénalité, alors que trois points restaient possibles en 2025. Seules les infractions avec intention délibérée ou imprudence manifeste conservent un maximum de quatre points sans réduction possible.
Ces modifications visent à éviter les suspensions pour des erreurs jugées mineures, comme l’avaient réclamé les pilotes après les cas de Pierre Gasly fin 2022 et d’Oliver Bearman fin 2025. L’objectif déclaré est de recentrer le système sur les fautes réellement dangereuses.
Pourtant, le non-respect des drapeaux jaunes doubles, règle fondamentale de sécurité, n’a pas déclenché de points pour Hadjar. Cette décision illustre l’élargissement du seuil de tolérance.
Un système dont la pertinence est désormais en question
Si la collision entre Max Verstappen et George Russell au Grand Prix d’Espagne 2025 n’avait pas été qualifiée de délibérée ou imprudente par les commissaires, aucun point n’aurait été attribué sous les règles 2026. L’infraction historique la plus fréquemment sanctionnée par des points, la collision évitable, voit donc son champ d’application considérablement réduit.
Le système créé en 2014 n’a jamais été parfait, mais il permettait de sanctionner les récidivistes et d’accumuler des points sur des fautes sérieuses mais non extrêmes. Aujourd’hui, seules les infractions les plus graves et les plus rares semblent encore susceptibles de déclencher des points.
Maintenir un mécanisme de points qui ne s’applique plus qu’aux cas extrêmes revient à priver le permis à points de toute substance. La question de sa pertinence en l’état actuel se pose légitimement.
Si les commissaires maintiennent ce seuil de tolérance jusqu’au Grand Prix de Belgique du 26 juillet, le total de points distribués en 2026 restera inférieur à cinq.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.