Quatre solutions précises ont été soumises aux teams par Carlos Ezpeleta lors de la réunion de Mugello, dont l’espacement des grilles et l’interdiction des holeshot devices dès 2027.

Espacement des grilles : un changement majeur pour Turn 1
La première mesure porte sur la disposition de la grille de départ. Les équipes ont unanimement validé l’idée d’augmenter l’espace entre les motards pour éviter les regroupements à l’abord du virage 1, scène des deux crashes de Barcelone. Ezpeleta a indiqué que cette modification pourrait intervenir dès 2027, mais nécessitera des adaptations sur certains circuits où la distance entre la ligne de départ et le premier virage est limitée.
Le consensus porte sur un espacement accru des rangées, une décision unanime des 11 teams présents. Ce réglage vise directement la séquence où Marquez n’a pu éviter Acosta après sa panne technique.
L’implémentation demandera des travaux sur les paddocks de plusieurs Grands Prix, car la configuration actuelle favorise les départs serrés. Les organisateurs ont retenu que le règlement et la procédure appliqués à Barcelone étaient corrects, point de départ pour ces évolutions.
Le délai maximum fixé reste 2027, avec une possible accélération si les tests confirment la réduction des risques de collisions multiples.
Interdiction des holeshot devices : une avancée déjà programmée
La seconde proposition concerne les dispositifs de ride height, ou holeshot devices, utilisés au départ. Leur interdiction totale est confirmée pour 2027 dans le cadre des nouvelles réglementations techniques, mais MotoGP envisage de l’appliquer plus tôt sur l’ensemble des circuits.
Ces systèmes abaissent la moto pour améliorer le lancement et limiter les wheelies, mais obligent les pilotes à freiner fort pour les désactiver, créant un risque supplémentaire dans les virages rapides comme à Silverstone ou Phillip Island. La discussion initiale portait sur ces deux tracés ; elle s’est élargie à tous les Grands Prix.
Les constructeurs examinent désormais l’option d’une suppression générale avant 2027. Cette mesure s’oppose à l’usage actuel où le dispositif reste actif sur plusieurs tours, augmentant les opportunités de dépassements hasardeux au premier virage.
Le bannissement complet en 2027 éliminera ce facteur de risque sur l’ensemble du calendrier, indépendamment des circuits.
Protections arrière et alertes lumineuses : focus sur les motos
Les deux dernières solutions portent sur la conception des machines elles-mêmes. Une protection autour de la roue arrière et du bras oscillant doit empêcher qu’une jambe ne se coince, comme celle de Zarco entre la roue et l’échappement de la Ducati de Bagnaia.
Ezpeleta a souligné que ce type d’incident, bien que rare, n’est pas isolé dans l’histoire du sport et mérite une réponse technique rapide. Les constructeurs ont jugé la mise en place d’une solution réalisable sans délai excessif.
La quatrième mesure propose un signal lumineux clignotant pour avertir les pilotes qu’une moto ralentit brusquement suite à une panne, à l’instar du problème technique d’Acosta. Cette alerte ne résoudrait pas tous les cas de proximité immédiate, mais pourrait faire la différence sur des incidents plus éloignés.
Ces deux adaptations techniques seront étudiées par les fabricants et soumises à la Safety Commission. Leur adoption d’ici 2027 complétera les modifications de grille et de départ.
Les quatre propositions visent à prévenir les enchaînements de crashes observés à Barcelone tout en préservant le spectacle des départs.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.