Gucci devient partenaire titre d’Alpine à partir de 2027, quarante-quatre ans après l’entrée de Benetton en Formule 1 via Tyrrell.

Un retour aux sources italiennes à Enstone
Benetton a racheté Toleman pour 2 millions de livres en mai 1985, transformant l’équipe anglaise en championne. Gucci signe un accord multiannuel qui rebaptise l’écurie « Gucci Racing Alpine Formula One Team » dès 2027, première maison de luxe à occuper ce rôle en F1. L’usine d’Enstone reste identique, tout comme le parallèle géographique.
Renault a coupé les financements après l’arrêt du programme moteur usine. L’équipe contrôlée par Otro Capital est en vente potentielle. Mercedes et des investisseurs autour de Christian Horner sont évoqués, mais l’arrivée de Gucci offre une alternative de financement externe sans cession immédiate.
Flavio Briatore, conseiller exécutif depuis 2024, a négocié l’accord. Il a assisté à son premier Grand Prix fin 1988 en Australie avant de prendre la direction commerciale de Benetton. Son instinct commercial a permis de signer Michael Schumacher et de remporter les titres 1994 et 1995.
La déclaration officielle de Briatore lie explicitement les deux époques : « Team Enstone has always been known for doing things differently and has already shown that fashion can finish first in Formula 1. »
Alpine affiche déjà son meilleur total de points au début d’une saison en 2026. Ce contexte renforce la crédibilité du parallèle historique.
Du sponsoring Tyrrell à l’achat de l’équipe
Luciano Benetton a sponsorisé Tyrrell en 1983 après le Grand Prix de Las Vegas 1982. Michele Alboreto a remporté Detroit cette année-là. La condition imposée : remplacer le sponsor Denim Musk pour éviter la confusion avec les parfums Benetton.
Après une saison chez Alfa Romeo en 1984-1985, Benetton a choisi la propriété totale. Le Toleman-Hart de Teo Fabi a couru aux côtés des Alfa Romeo Benetton lors du Grand Prix de Monaco 1985. L’équipe est devenue Benetton Formula en 1986 avec Gerhard Berger et Fabi.
Nanni Galli, ancien pilote et fournisseur textile, a introduit Luciano Benetton dans le sport automobile. L’objectif initial visait le marché américain, alors en pleine expansion de Grands Prix.
Gucci suit une trajectoire identique : entrée par le sponsoring titre avant d’éventuelles ambitions plus profondes. Francesca Bellettini, PDG de Gucci, a salué la première incursion d’une maison de luxe comme title partner.
Briatore, l’artisan des deux ères
Briatore a ouvert la première boutique Benetton Madison Avenue en 1980 à 28 ans. L’entreprise est passée de 400 à près de 800 magasins aux États-Unis en cinq ans. Les campagnes « United Colours of Benetton » ont défié les conventions.
Son retour en 2024 chez Alpine coïncide avec la fin du moteur Renault et la recherche d’investisseurs. Le deal Gucci, annoncé le 27 mai 2026, illustre sa capacité à attirer des partenaires extérieurs au paddock traditionnel.
L’estimation du contrat tourne autour de 50 à 60 millions de dollars par saison selon des sources paddock. Cette manne compense le retrait de BWT et le désengagement partiel de Renault.
L’équipe conservera ses structures techniques actuelles tout en adoptant les couleurs Gucci. Le précédent Benetton prouve qu’un tel changement d’identité visuelle peut coexister avec des résultats sportifs immédiats.
Le rachat de Ligier par Benetton pour sécuriser les moteurs Renault en 1992 reste un modèle de négociation que Briatore pourrait répliquer.
Si l’équipe Enstone conserve son élan de points records au début de saison 2026, le précédent Benetton de 1995 pourrait se répéter d’ici 2029.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.