Après une seule heure d’essais à Montréal où Norris et Piastri ont préféré la spécification antérieure, McLaren réessaie l’aile avant nouvelle à Monaco.

Décision tactique face à un écart de corrélation
McLaren a introduit la deuxième phase d’une mise à jour majeure sur la MCL40 lors du Grand Prix du Canada, incluant une nouvelle aile avant, un moteur cover révisé, des fairings de suspension arrière et des bords de plancher. L’équipe a disposé d’une seule session d’essais d’une heure sur un circuit très vert, ce qui a limité toute comparaison représentative. Norris a utilisé la nouvelle aile pendant toute la séance tandis que Piastri est passé de l’ancienne à la nouvelle en cours de session.
Les deux pilotes ont finalement opté pour l’ancienne spécification avant les qualifications du sprint. Norris a indiqué après la course que les pilotes n’avaient pas beaucoup de confiance dans la voiture avec la nouvelle aile. Ce manque de confiance s’explique en partie par les caractéristiques particulières du Circuit Gilles-Villeneuve, où la confiance au freinage et dans les virages compte énormément et où les pilotes gagnent du temps en attaquant les vibreurs.
Andrea Stella, team principal, a confirmé que l’aile présentait un écart par rapport aux attentes aérodynamiques en simulation. L’équipe veut donc répéter des tests pour obtenir des informations supplémentaires avant d’adopter définitivement la pièce.
Influence aérodynamique de l’aile avant sur l’ensemble de la carte
L’aile avant exerce une influence puissante sur l’ensemble de la carte aérodynamique de la voiture. L’écart observé à Montréal entre les prévisions de simulation et les données piste a conduit McLaren à ne pas risquer l’adoption lors d’un week-end sprint. Stella a précisé que l’aile aurait été mieux adaptée à certains circuits mais qu’elle n’aurait pas constitué un game changer immédiat.
L’équipe a déjà réussi par le passé à introduire des évolutions de manière progressive, parfois uniquement pour mesurer la corrélation avec ses outils de développement. Le retour à Monaco permet donc d’obtenir des données sur un tracé très différent, avec des exigences en appui et en stabilité plus adaptées à ce type d’aile.
Le choix de persister avec cette conception repose sur le faible kilométrage accumulé jusqu’à présent et sur la nécessité de comprendre précisément les changements induits sur le comportement global de la MCL40.
Calendrier de validation et prochaines étapes
McLaren évaluera l’aile à nouveau lors du Grand Prix de Monaco, même si la décision finale de la conserver en course n’est pas encore prise. Les tests viseront à confirmer si les ajustements apportés permettent de rétablir la corrélation attendue entre simulation et piste.
Cette approche prudente évite de compromettre les performances lors d’un week-end où les données sont limitées. Si les résultats sont concluants, l’aile pourrait être adoptée pour les courses suivantes.
Si les données de Monaco confirment la corrélation attendue, l’aile nouvelle deviendra la référence dès le Grand Prix d’Espagne le 14 juin 2026.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.