Après deux discussions avec les directeurs techniques, la FIA, Formula 1, les équipes et les fabricants de moteurs ont tenu une réunion tant attendue ce lundi. L’ordre du jour portait sur les améliorations possibles des règlements techniques, en s’appuyant sur les premières manches de la saison et en vue du Grand Prix de Miami. [1]
La FIA et F1 avaient prévenu qu’aucun changement majeur n’était probable, la course en elle-même n’étant pas jugée problématique malgré quelques plaintes sur le “yo-yo racing”. Un consensus large s’est dégagé sur deux points principaux : rendre les qualifications plus exigeantes et améliorer la sécurité, notamment après l’accident d’Oliver Bearman au Japon où les vitesses de fermeture ont joué un rôle clé. [1]

Limite de super clipping augmentée et récolte en qualifications réduite
Les ajustements portent principalement sur la gestion de l’énergie, tant en déploiement qu’en récolte. Toutes les modifications ont été unanimes chez les équipes et ne nécessitent plus que l’approbation officielle du World Motor Sports Council.
D’abord, la FIA a annoncé une augmentation du super clipping de 250 kilowatts à 350 kilowatts maximum dès Miami. Cela permet aux pilotes de récupérer plus d’énergie à fond d’accélérateur, une mesure déjà prônée par le patron de McLaren, Andrea Stella, lors des essais hivernaux à Bahreïn.
Cette hausse ne résout pas tous les soucis des fans – les voitures perdront toujours de la vitesse en fin de ligne droite – mais le profil de vitesse est jugé plus naturel et surtout plus sûr qu’avec des lift and coast imprévus.
En parallèle, la limite de récolte d’énergie en qualifications passe de 8 mégajoules à 7 mégajoules, avec possibilité de baisser encore plus sur 12 circuits du calendrier. Les monoplaces récupèrent moins d’énergie par tour de qualif, donc moins de puissance électrique à déployer.
Cela rend les qualifications plus “sur la limite”, malgré des temps au tour légèrement plus lents. La FIA précise que cela réduit la durée maximale de super clipping à environ 2-4 secondes par tour.
Au Japon, une mesure similaire avait déjà réduit le super clipping de 10 à 6 secondes à Suzuka. Désormais, elle devient structurelle. [1]
Ajustements au déploiement et nouveau système de sécurité au départ
La FIA ajuste aussi le déploiement. Le MGU-K reste à 350 kilowatts dans les “zones d’accélération clés”, mais limité à 250 kilowatts ailleurs. Le boost maximum en course est plafonné à +150 kW.
Ces mesures visent à réduire les vitesses de fermeture excessives tout en préservant les opportunités de dépassement et les performances globales.
Parmi les scénarios spécifiques discutés, les départs de course posent problème de sécurité selon certains dans le paddock. Ferrari argue que des concessions ont déjà été faites et que cela relève des choix de conception, comme le turbo plus petit.
Dès Miami, un “système de détection de faible puissance au départ” sera déployé. Il identifie les autos avec accélération anormalement faible après relâchement de l’embrayage et déclenche automatiquement un déploiement MGU-K pour assurer un minimum d’accélération, sans avantage sportif.
Un système d’avertissement visuel s’active aussi : feux clignotants arrière et latéraux pour alerter les pilotes derrière. Le départ n’est pas compétitif dans ces cas, mais évite les gros crashes.
Les changements au départ seront testés au prochain GP pour recueillir les retours. [2]
Améliorations en conditions humides et réactions des acteurs
Un accord a aussi été trouvé pour la sécurité sous la pluie. La température des couvertures de pneus intermédiaires augmente, le déploiement ERS diminue et les systèmes de feux arrière sont simplifiés.
Ces propositions, validées lundi, s’appliquent dès Miami, sauf les départs testés avant.
Le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, salue l’attitude constructive : « Je félicite tous les acteurs de l’écosystème F1 pour ce travail collaboratif rapide. La sécurité et l’équité sportive restent nos priorités absolues. » [1]
Toto Wolff de Mercedes tempère avant la réunion : pas besoin d’intervention drastique, mais avec « un scalpel, pas une batte de baseball ».
Max Verstappen, très critique, espère peu pour 2026 mais « de plus gros changements » en 2027.
Pour plus sur les débats autour des dépassements en F1 2026, voir l’analyse sur Domenicali. Et sur l’avenir de Verstappen, cet article récent.
Ce que cela implique pour la saison
Ces tweaks mesurés se concentrent sur l’énergie et devraient améliorer le spectacle sans bouleverser la hiérarchie. Sky Sports détaille la réunion. [1]
Miami, avec son format Sprint, sera le premier test grandeur nature. Les pilotes et équipes attendent des qualifs plus pures et des départs plus sûrs.
La saison 2026 s’annonce excitante, avec la FIA réactive aux feedbacks précoces. Reste à voir si ces ajustements suffiront à apaiser les critiques. F1iGenerale en parle ici. [2]
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.