Le Porsche 962C n°17 a remporté les 24 Heures du Mans 1987 après 355 tours, profitant des défaillances de piston sur les autres voitures d’usine causées par le carburant ACO à 97 RON.

La domination initiale des Porsche face à l’assaut Jaguar
Les trois Porsche 962C d’usine alignées par Rothmans disposaient d’un nouveau moteur 3,0 litres turbo pour maximiser la puissance tout en respectant les règles de consommation.
Jaguar alignait trois XJR-8LM Silk Cut équipées du V12 7,0 litres atmosphérique, ayant remporté les quatre manches précédentes du championnat.
Le pole position a été décroché par Bob Wollek sur Porsche en 3:21.090, soit une vitesse moyenne de 242,309 km/h.
Dès les premiers tours, la vitesse pure des Sauber-Mercedes a surpris, mais les Porsche ont maintenu l’avantage grâce à leur expérience sur le circuit.
Porsche a souffert dès le départ de l’absence de châssis de rechange, contraignant l’équipe à une gestion ultra-prudente des voitures restantes.
Price Cobb a provoqué un crash précoce qui a perturbé la stratégie de l’une des Jaguar privées, offrant un avantage immédiat aux Rothmans.
Les drames techniques et les exploits d’endurance
Les moteurs Porsche ont subi des ruptures de piston massives dues à l’incompatibilité du Bosch Motronic avec le carburant fourni par l’ACO, forçant plusieurs abandons d’usine.
Henri Pescarolo a ramené sa voiture endommagée aux stands après une rupture de joint universel, démontrant l’endurance légendaire des pilotes de l’époque.
Les Jaguar ont capitalisé sur ces problèmes en maintenant une cadence régulière sans les soucis de fiabilité rencontrés par les turbo allemands.
Derek Bell, Hans-Joachim Stuck et Al Holbert ont piloté le n°17 jusqu’à la victoire, complétant 355 tours contre 333 pour la deuxième place.
Anthony Davidson, champion du monde d’endurance 2014 avec Toyota, a commenté ces moments en soulignant les risques persistants du circuit, rappelant son propre crash aérien de 2012.
L’héritage d’une ère Group C
La victoire Porsche en 1987 a clôturé une série de sept succès consécutifs de la marque de 1981 à 1987.
Jaguar a tiré les leçons pour dominer en 1988 avec l’XJR-9, battant finalement les Porsche sur leur terrain.
Les données de qualification et les temps au tour ont montré un écart réduit à moins de deux secondes entre les deux marques en piste sèche.
Le carburant 97 RON a réduit la puissance effective des Porsche de plusieurs dizaines de chevaux par rapport aux tests pré-course.
Cette édition reste un exemple de la transition vers une fiabilité accrue dans les prototypes de sport.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.