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Zak Brown : la non-qualification d'Alonso aux Indy 500, sa « pire expérience »

Zak Brown, PDG de McLaren, a récemment confié que l’échec de la qualification de Fernando Alonso aux 500 miles d’Indianapolis en 2019 représentait l’un des moments les plus bas de sa carrière professionnelle. Lors de l’Autosport Business Exchange à Miami, il a décrit cet épisode comme « la pire expérience de [sa] vie » à l’époque, soulignant les leçons précieuses tirées de cette humiliation publique.[1][2]

Cet aveu arrive sept ans après le fiasco, qui avait vu McLaren, tentant une entrée indépendante en IndyCar, se faire sortir de la grille au dernier moment. Malgré la déception, Brown en tire une fierté paradoxale, voyant dans cet échec le catalyseur d’un retour réussi en série IndyCar.

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Le contexte de l’échec spectaculaire de 2019

L’aventure de Fernando Alonso aux Indy 500 avait débuté en 2017 sous l’égide de McLaren en partenariat avec Andretti Autosport. Qualifié en cinquième position, le double champion du monde de F1 avait impressionné avant d’abandonner sur panne moteur. Encouragés, McLaren décida de retenter l’expérience en 2019, mais cette fois de manière autonome avec l’équipe Schmidt Peterson Motorsports rebaptisée Arrow McLaren SP.

La préparation fut un enchaînement de bourdes opérationnelles. Selon les rapports de l’époque, McLaren n’avait même pas de volant pour les premiers tests d’Alonso, et des erreurs d’unité de mesure (pouces au lieu de centimètres) ont rendu la voiture ingérable.[1] Alonso ne parvint qu’à une 31e place en qualifications, avant d’être éliminé par des outsiders comme Kyle Kaiser et James Davison. Cet échec public fit les gros titres, ridiculisant l’ambition de conquérir le Brickyard.

Les problèmes logistiques s’accumulèrent : retards dans la commande de pièces, manque d’expérience en IndyCar et une voiture mal adaptée. Zak Brown lui-même avait admis post-qualifications que l’équipe était « mal préparée » lire l’analyse complète ici. Cet épisode marqua un contraste brutal avec les succès historiques de McLaren en F1.

Malgré tout, Alonso garda le moral, déclarant vouloir revenir plus fort. McLaren, sous la houlette de Brown, refusa de capituler, transformant la critique en motivation.

Les confessions de Zak Brown à Miami

Lors de l’édition 2026 de l’Autosport Business Exchange à Miami, Zak Brown s’est ouvert sans filtre. « Probablement mon plus gros, mon plus public – parce qu’il y en a eu beaucoup, mais le plus public était la non-qualification aux Indianapolis 500 avec Fernando Alonso, qui à l’époque était la pire expérience de ma vie », a-t-il déclaré.[1]

Il a assumé pleinement la responsabilité : « C’était, au bout du compte, ma faute parce que je n’ai pas mis en place les bonnes pièces, les bonnes personnes. Je n’ai pas fait confiance à mon instinct ; toutes les choses que je prêche, je me suis laissé tomber. » Cette franchise illustre la philosophie de Brown : « Les erreurs sont OK, ne les répétez juste pas deux fois. »

Brown compare cet obstacle à ses débuts entrepreneuriaux, où un chèque manquant menaçait la paie. « Il faut avoir une attitude ‘ne jamais abandonner, l’échec n’est pas une option’ », insiste-t-il. Certains observateurs doutaient alors de l’avenir de McLaren en IndyCar, lui demandant : « Donc, c’est fini maintenant ? » Sa réponse : « Non, non, non. En course, quand on crashe, on répare la voiture, on comprend pourquoi, et on repart. »

Cette intervention publique renforce l’image de Brown comme leader résilient, capable de transformer les revers en atouts.

Les leçons apprises et la turnaround de McLaren

L’échec de 2019 força McLaren à repenser sa stratégie en IndyCar. Brown mit en place une structure plus solide, recrutant des experts et investissant dans Arrow McLaren SP. « Je suis très fier de ça, ce qui semble étrange, mais c’est parce qu’on s’y est attelés, on en a appris », confie-t-il détails de l’interview ici.

Parmi les ajustements clés :

  • Renforcement opérationnel : Équipe dédiée IndyCar avec des vétérans comme Gil de Ferran.
  • Partenariats stables : Collaboration étroite avec Chevrolet et Schmidt Peterson.
  • Focus sur l’apprentissage : Simulations avancées et tests intensifs pour éviter les erreurs passées.
  • Gestion des ressources : Budget alloué prioritairement aux 500 miles.

Ces changements permirent un retour progressif. McLaren évita les pièges amateurs, adoptant une approche professionnelle.

Aujourd’hui, Arrow McLaren est un acteur majeur, prouvant que l’échec de 2019 fut un pivot décisif.

Les succès qui ont suivi aux Indy 500

Depuis 2019, McLaren a rebondi spectaculairement. « Depuis, on a terminé deuxièmes deux fois aux Indy 500, et on s’est crashés en allant chercher la victoire », note Brown avec fierté. Ces podiums virtuels soulignent la compétitivité retrouvée.

En 2021, Pato O’Ward mena la danse avant un tête-à-queue fatal. En 2024, l’équipe frôla la victoire. Ces performances contrastent avec le fiasco initial.

Alonso, quant à lui, poursuivit sa quête ailleurs, remportant Le Mans en 2018-2019. Brown garde la porte ouverte : « Alonso a une invitation ouverte pour revenir. »

Cette trajectoire inspire : l’échec n’est qu’un tremplin.

Cet épisode rappelle que dans le sport auto, la résilience définit les grands. McLaren, sous Brown, incarne cela, transformant une « pire expérience » en succès durable. L’avenir s’annonce radieux pour leurs ambitions aux Indy 500 et au-delà.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.