La direction de course du MotoGP a récemment soumis une proposition aux équipes pour interdire l’utilisation des dispositifs ride-height au départ des courses à Le Mans, Silverstone et Phillip Island. Cette initiative fait suite à des discussions lors de la réunion de la Commission de sécurité du vendredi au Grand Prix de France à Le Mans. Les pilotes ont exprimé des inquiétudes sur les risques sécuritaires posés par ces systèmes sur certains circuits, où la trajectoire dans le premier virage peut devenir critique.
Bien que la mesure n’ait pas été adoptée pour le Grand Prix de France ce week-end, elle reste à l’étude pour Silverstone en août et Phillip Island en octobre. L’article détaillé sur Motorsport.com confirme que la note envoyée aux équipes souligne un « risque sécuritaire significatif pour les pilotes, en particulier concernant la trajectoire dans le virage 1 au départ ».

Les préoccupations soulevées par les pilotes
Les pilotes ont mis en lumière les dangers spécifiques à ces trois circuits. À Le Mans, Silverstone et Phillip Island, les concurrents arrivent à très haute vitesse dans le premier virage, qui est rapide et fluide plutôt que serré. Cela amplifie les risques de collision si les trajectoires divergent à cause des dispositifs ride-height.
Ces systèmes abaissent la moto au départ pour améliorer l’accélération et la stabilité initiale, mais ils peuvent compliquer les ajustements en virage. Plusieurs chutes spectaculaires en début de course cette saison ont ravivé le débat, comme celles observées à Silverstone l’an dernier où les holeshot devices ont été pointés du doigt.
La proposition visait à interdire ces dispositifs pour les départs des courses sprint et grand prix. Les équipes ont été consultées par vote, mais les avis divergents ont empêché une application immédiate à Le Mans.
Des pilotes comme ceux interrogés par The Race ont exprimé leur frustration : « Il faut commencer le week-end en disant ‘pas de dispositifs de départ à Le Mans, Silverstone et Phillip Island’. » Cette réaction souligne un besoin urgent d’adaptation des électroniques.
Fonctionnement et impact des dispositifs ride-height
Les dispositifs ride-height, ou holeshot devices, ajustent la hauteur de l’avant et de l’arrière de la moto au moment du départ. L’avant s’abaisse pour une meilleure adhérence de l’avant, tandis que l’arrière peut se relever pour optimiser la puissance au sol.
- Avantages : Meilleure accélération linéaire, réduction du wheelie, gain de places au premier virage.
- Inconvénients : Trajectoires imprévisibles si mal calibrés, surtout sur circuits à entrée de virage rapide.
- Évolution : Introduits il y a quelques années, ils ont révolutionné les départs mais augmenté les incidents en tour 1.
En 2026, les règles actuelles limitent déjà le dispositif avant à un usage unique au départ de course. Mais pour les sprints et certains Grands Prix, ils restent autorisés, d’où la proposition ciblée.
Historiquement, des crashes comme celui de Fabio Quartararo à Silverstone en 2025 ont été liés à un dysfonctionnement de ces systèmes, renforçant les appels à une interdiction précoce.
La transition vers les règlements 2027
Dès 2027, une interdiction totale des dispositifs ride-height entrera en vigueur dans le cadre des nouvelles réglementations techniques. Cela inclut une réduction de la cylindrée à 850 cc, des restrictions aérodynamiques et une emphase sur la sécurité et les coûts.
Le MotoGP officiel explique en détail ces dispositifs et leur future interdiction. Aleix Espargaró a accueilli cette mesure : « Je n’ai jamais compris pourquoi on les avait introduits. »
Si la mesure spéciale est approuvée pour Silverstone et Phillip Island, elle offrira un avant-goût des départs de 2027. Un session d’essai supplémentaire au départ sans ces systèmes aurait été ajoutée au programme du samedi.
Les équipes comme Ducati, qui excellent avec ces techs, devront s’adapter rapidement. Ducati a déjà amélioré sa Desmosedici GP26 en vue de 2026, mais l’interdiction plane.
Implications pour le calendrier 2026
Silverstone, prévu en août, et Phillip Island en octobre, pourraient voir des départs « purs » si la proposition passe. Ces circuits, avec leurs longues lignes droites vers un virage 1 fluide, posent un défi unique.
- Le Mans : Pas de changement, mais vigilance accrue.
- Silverstone : Hautes vitesses (plus de 300 km/h), risque multiplié.
- Phillip Island : Vent et flux rapides aggravent les trajectoires.
La direction de course prévoit de rediscuter prochainement. Cela pourrait influencer la stratégie des pilotes comme Francesco Bagnaia, poleman surprise à Le Mans.
Les tests récents à Jerez, avec Aprilia et Ducati en tête, montrent que les teams préparent déjà l’après-ride-height, comme en témoigne le blog sur les essais MotoGP à Jerez 2026.
Cette évolution met l’accent sur le talent pur des pilotes au départ, réduisant la dépendance à l’électronique. Pour le championnat 2026, cela pourrait niveler les chances, surtout avec la grille 2027 qui se dessine, comme discuté dans cet article sur la grille MotoGP 2027.
L’interdiction potentielle à Silverstone et Phillip Island marquera un tournant vers plus de sécurité. Elle prépare le terrain pour 2027, où les motos plus simples favoriseront le spectacle. Les fans attendent avec impatience ces décisions, qui pourraient redéfinir les stratégies de course.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.