Les calculs officiels utilisaient 2692 cm pour le premier secteur du pitlane alors que la distance réelle mesurée par LIDAR était de 2615 cm, soit 77 cm de moins.

La mesure erronée du premier secteur
L’article B1.6.3a du règlement F1 impose une limite de 60 km/h au pitlane pour le GP de Monaco 2026 selon les notes du directeur de course du 4 juin. La vitesse est calculée comme une moyenne entre deux boucles de chronométrage avec une précision de 1 cm pour la distance et 1 ms pour le temps. Les six rapports reçus pendant la course concernaient tous des vitesses de 60,1 ou 60,4 km/h, dont deux pour Gasly à 16:02 et 16:22.
Les commissaires ont appris le 10 juin que toutes les infractions présumées se situaient dans le premier secteur entre l’entrée et la deuxième boucle. La distance appliquée de 2692 cm provenait d’une procédure GNSS standard, mais les scans LIDAR post-course ont révélé 2615 cm, une différence de 77 cm non prise en compte initialement.
Alpine a présenté des données de chronométrage officiel montrant que si la distance réelle de 2615 cm avait été utilisée, les vitesses de Gasly seraient tombées à 58,7 km/h et 58,8 km/h. Les temps mesurés de 1,604 s et 1,602 s correspondent à une distance parcourue de 2673 cm et 2670 cm à 60 km/h, inférieure à la valeur appliquée de 2692 cm.
Le nouveau tracé des barrières à l’entrée du pitlane en 2026 a permis une trajectoire plus courte que celle mesurée en 2025, rendant la procédure antérieure inadaptée pour ce circuit. Les commissaires ont conclu que la formule devait utiliser la distance minimale mesurée de 2615 cm.
L’audience du 11 juin et les preuves techniques
Le 11 juin 2026 à 13 h 20, les commissaires ont rouvert l’audience avec Alpine, la FIA et le chronométrage officiel FOM. Alpine a soumis un rapport du chronométrage officiel confirmant la discrepancy, ainsi que des données télémétriques de Mercedes et Ferrari. Les représentants d’Alpine ont averti Gasly par radio à 16:02:15 puis à plusieurs reprises après la première pénalité pour sous-estimer la vitesse.
Le chronométrage officiel a expliqué que la procédure standard consistait à utiliser la distance minimale entre les boucles, mais a reconnu que pour la géométrie spécifique du pitlane de Monaco et la trajectoire des voitures, cette distance n’était pas la plus courte possible. Les calculs de vCar et vSaS ont été écartés en raison de leur précision insuffisante pour la mesure de vitesse en pitlane.
Les autres équipes présentes ont noté que le risque de discrepancy était connu et que les équipes ajustaient leurs systèmes en conséquence, mais aucune n’a contesté la nouvelle mesure LIDAR. Les commissaires ont déterminé avec une satisfaction confortable, proche du doute raisonnable, que Gasly n’avait pas dépassé 60 km/h.
Les pénalités des autres pilotes n’ont pu être révisées car aucune autre demande de droit de révision n’a été déposée dans les délais. Les 5 secondes ajoutées au temps de course de Gasly sont retirées, restaurant la troisième place et les 15 points associés.
Conséquences sur les classements
Les points constructeurs et pilotes sont recalculés en conséquence du rétablissement de Gasly. Alpine récupère les points de la troisième position initialement perdus. Les commissaires ont ordonné le remboursement des deux dépôts versés pour les demandes de révision.
La décision finale précise que le classement est maintenant définitif sous réserve d’appel dans les délais de l’article 15 du Code Sportif International. Aucune autre modification n’est possible pour les pénalités déjà purgées par d’autres concurrents.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.