La Formule 1 s’apprête à modifier en profondeur l’équilibre de ses groupes propulseurs avec une répartition passant à 60 % thermique et 40 % électrique. Cette évolution, qui s’inscrit dans la perspective des réglementations de 2030, vise à rendre les courses plus spectaculaires et à réduire les contraintes liées à la gestion de l’énergie. Les pilotes, premiers concernés, partagent leurs impressions sur cette transition majeure.
Les discussions portent sur la manière dont ce nouveau ratio influencera les stratégies en piste, la performance pure et le plaisir de pilotage. Alors que certains y voient une avancée positive, d’autres soulignent que des ajustements supplémentaires seront nécessaires pour atteindre l’idéal recherché.

Un pas dans la bonne direction
Lando Norris estime que cette orientation est excellente. Il considère que la nouvelle répartition éliminera de nombreuses discussions sur les phases de non-accélération et les contraintes techniques actuelles. Selon lui, même si le système n’est pas parfait, il va dans le sens voulu pour l’avenir du sport et pour le bonheur des pilotes.
Max Verstappen partage cet optimisme mesuré. Il voit dans cette décision le minimum espéré et apprécie que la FIA et la F1 s’engagent clairement dans cette voie. Pour le champion, cela correspond précisément aux besoins du championnat.
Isack Hadjar qualifie cette mesure de « énorme pas dans la bonne direction ». Il se réjouit que les instances aient pris la bonne décision et espère que d’autres suivront rapidement.
- Norris met l’accent sur l’amélioration du spectacle.
- Verstappen souligne l’aspect positif pour le sport dans son ensemble.
- Hadjar insiste sur la pertinence de la décision technique.
Ces réactions positives montrent un consensus parmi les jeunes talents et les pilotes confirmés sur l’intérêt de cette évolution.
Bon, mais pas la solution définitive
Oscar Piastri reconnaît l’avancée, mais rappelle que même avec les anciens moteurs à 80-20 ou 85-15, la puissance électrique n’était pas toujours disponible sur l’intégralité d’un tour. Il explique que tant que la batterie ne permet pas un déploiement complet partout, les pilotes continueront à ressentir des irrégularités sur les lignes droites.
Piastri ajoute que les problèmes de gestion de batterie en qualification persistent quelle que soit la répartition. Il faudrait changer le matériel pour résoudre définitivement ces questions.
Les pilotes doivent encore jongler entre un départ avec batterie pleine ou avec une pression turbo optimale, un équilibre délicat qui complique chaque tour lancé.
L’impact variera selon les circuits
Sergio Pérez reste prudent. Il estime qu’il faudra rouler concrètement pour mesurer les effets réels d’une répartition 60-40. Selon lui, les différences seront importantes d’un tracé à l’autre.
Pérez salue néanmoins les ajustements déjà opérés lors du Grand Prix de Miami, qu’il juge dans la bonne direction. Il propose d’observer les prochaines courses avant d’ajuster les règles futures.
Des règles qui doivent convenir à tous
Charles Leclerc rappelle que plusieurs étapes positives ont déjà été franchies. Il souligne cependant que des mesures supplémentaires restent possibles et que le passage aux nouvelles réglementations de l’année prochaine nécessite de la prudence.
Le Monégasque insiste sur l’importance de ne pas déséquilibrer les développements engagés par les équipes depuis plusieurs années. Chaque écurie ayant des approches et des conceptions différentes, trouver une solution équitable pour tous s’avère complexe.
Probablement insuffisant pour certains
Liam Lawson estime que toute amélioration est la bienvenue, mais s’interroge sur son ampleur réelle. Il note que les monoplaces actuelles ont perdu beaucoup d’appui et compensent en partie le manque de batterie. Il attend de les piloter pour se prononcer définitivement.
Alex Albon partage cette prudence. Il se demande si le système sera assez pur pour que le pilote le plus rapide et la voiture la plus performante l’emportent sans que le style de conduite ou la gestion de l’accélérateur n’influence les résultats.
Ces voitures ne peuvent pas être sauvées sans changements majeurs
Carlos Sainz considère que les pilotes ne seront jamais entièrement satisfaits tant que l’électricité restera une dépendance plutôt qu’un simple complément. Il rappelle les époques du KERS et des anciens groupes propulseurs où l’électrique apportait un plus sans conditionner la performance de base.
Sainz espère toutefois que la répartition 60-40 permettra de courir correctement jusqu’au retour de moteurs plus traditionnels en 2030.
Fernando Alonso va plus loin en affirmant que l’ADN de ces groupes propulseurs restera le même et continuera à récompenser les passages lents en virages.
Vers un championnat plus juste et plus attractif
Cette transition vers une répartition 60-40 marque une étape importante dans l’évolution de la Formule 1. Les avis des pilotes convergent vers l’idée d’un progrès réel, même s’il ne résout pas tous les problèmes actuels.
L’objectif final reste de proposer des courses plus fluides, où le talent et la stratégie priment sur la gestion d’énergie. Les prochaines saisons permettront d’évaluer concrètement les effets de ces modifications et d’ajuster le cap en vue des règlements de 2030.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.