La NASCAR entame une ère inédite avec la nomination de Steve O’Donnell au poste de PDG et de Ben Kennedy comme directeur des opérations (COO), annoncée le 25 avril 2026 lors d’une conférence de presse à Talladega Superspeedway. Ces promotions marquent la première fois qu’un non-membre de la famille France occupe le rôle de PDG en 78 ans d’histoire de la discipline. Jim France, âgé de 81 ans, reste président du conseil d’administration, tandis que sa sœur Lesa France Kennedy conserve son poste de vice-présidente exécutive.[1]
Ce changement survient après un hiver tumultueux, incluant le départ de Steve Phelps en janvier et les retombées du procès antitrust opposant 23XI Racing, Front Row Motorsports et la NASCAR. O’Donnell et Kennedy, perçus comme des leaders modérés pendant les négociations des chartes et la pandémie, promettent une approche plus collaborative.[2]

Steve O’Donnell : un lifer de la NASCAR prend les commandes
Steve O’Donnell, 57 ans, est un pilier de la NASCAR depuis les années 1990. Entré au sein de l’organisme sanctionnant en marketing, il a gravi les échelons jusqu’à devenir président en mars 2025, avant cette promotion historique comme premier PDG extérieur à la famille fondatrice.[1]
Lors de la conférence, O’Donnell a insisté sur l’écoute comme priorité absolue. « Nous allons écouter les fans, les pilotes, les circuits, les constructeurs, les OEM, et surtout nos employés talentueux chez NASCAR », a-t-il déclaré. Il veut mobiliser « l’intelligence collective » du garage, où se trouvent « les esprits les plus brillants du sport automobile ».
Il reconnaît les erreurs passées, comme un manque d’écoute depuis Daytona Beach. « Il y a des domaines à adresser, et nous agirons avec urgence », promet-il, en visant à retrouver le plaisir perdu ces dernières années.
O’Donnell évoque aussi le retour du Chase pour le championnat, abandonnant les playoffs pour récompenser la régularité. Cette mesure, saluée par les pilotes, vise à raviver la passion des fans. Comme nous l’avons analysé dans notre article sur la passation de pouvoir de Jim France à Steve O’Donnell, cette transition hybride allie tradition et management externe.
Son enthousiasme est palpable : « C’est un privilège incroyable. Ma femme m’a rappelé que des gens tueraient pour être à ma place. Nous allons travailler dur et nous amuser. » Il voit la saison actuelle comme la base d’une nouvelle génération.
Enfin, O’Donnell loue Jim France pour avoir stabilisé la NASCAR post-pandémie et chartes, tout en préparant l’avenir jusqu’en 2030.
Ben Kennedy : le lien entre héritage familial et garage
Ben Kennedy, 34 ans, arrière-petit-fils de Bill France Sr., représente le futur. Pilote passé par les Super Late Models, ARCA et Trucks – avec une victoire à Bristol en 2016 –, il apporte une empathie rare pour les équipes.[3]
Promu COO, il supervise désormais la compétition (avec John Probst), les événements, l’innovation et l’hospitalité. Julie Giese, ex-présidente de Phoenix et Chicago Street Course, prend en charge le scheduling. « Elle a déjà fait un travail formidable pour le calendrier 2027 », indique Kennedy, qui prévoit des réunions avec des pilotes dès après Talladega.
O’Donnell vante son protégé : en trois jours à la tête des Trucks, Kennedy avait rencontré tous les propriétaires et proposé un plan. « Il bosse dur, et ça respecte tout le monde au garage. »
Son expérience en tant que propriétaire d’équipe Late Model à Daytona renforce sa crédibilité. « Être pilote m’a aidé à comprendre les mardis et mercredis en atelier, les week-ends en piste », confie-t-il.
Kennedy incarne le pont entre passé et futur millennial, essentiel pour attirer de nouveaux publics. Son ascension semble inévitable vers le poste d’O’Donnell, puis celui de son oncle Jim.
Cette promotion s’inscrit dans une vision à cinq ans, avec un focus sur l’unité industrielle et des événements phares.
Le contexte du chamboulement au sommet
Le départ de Steve Phelps en janvier, sans remplaçant immédiat, a créé un vide. Perçu comme déconnecté lors du procès antitrust, il symbolisait les tensions avec les équipes.
O’Donnell et Kennedy, modérés durant les crises, contrastent avec l’image rigide de Jim France. Le procès a exposé un leadership « têtu et peu communicatif ».
La famille France reste aux commandes stratégiques, mais délègue l’opérationnel. Jim France, après avoir géré médias, chartes et expansion, passe la main pour plus de temps familial et IMSA.
Cette refonte répond à la perte de passion des fans. Le retour du Chase en 2026, abolissant les playoffs chaotiques, est un premier signal. Pour en savoir plus sur ce retour du Chase en 2026, consultez notre analyse détaillée.
Les pilotes réagissent positivement, voyant en O’Donnell et Kennedy des interlocuteurs fiables.
Priorités et vision pour 2027 et au-delà
O’Donnell vise un sport « incontournable » : plus de chevaux, formats engageants, pilotes stars crossover. Les fans sont « les meilleurs vendeurs ».
- Écouter stakeholders : 90 premiers jours en dialogues.
- Unité : Collaborer avec garage, fans, employés.
- Fun et authenticité : Retrouver l’enthousiasme des courses comme ARCA à Talladega.
- Calendrier 2027 : Giese aux manettes, consultations pilotes pour événements innovants.
- Croissance : Nouveaux marchés, médias next-gen.
Kennedy insiste sur l’empathie garage-office. La saison 2026 pose les bases, avec Chase récompensant la constance.[3]
Vers 2030, NASCAR veut dominer comme « sport américain badass ». L’annonce officielle sur NASCAR.com détaille cette ambition.[1]
Cette duo promet urgence et inclusion, après des années de discorde.
Cette nouvelle direction pourrait revitaliser la NASCAR, en reconnectant avec ses racines tout en innovant. Les fans attendent des « moves » concrets dès 2026, avec un œil sur le calendrier 2027. Si l’écoute promise porte ses fruits, le sport pourrait reconquérir sa place nationale. Restez attentifs aux annonces à venir.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.