Gernot Döllner a déclaré que le V8 du Nuvolari rendait acceptable pour Audi un retour aux moteurs V8 en Formule 1 dès 2031.

Döllner aligne Audi sur les priorités FIA
Gernot Döllner, PDG d’Audi depuis septembre 2023 et reconduit pour cinq ans en 2025, répond directement aux discussions lancées par la FIA et Liberty Media sur le cycle réglementaire post-2026. Les échanges portent sur un passage possible à un V8 turbo à carburant durable dès 2030 ou 2031, avec une composante électrique fortement réduite. Döllner cite explicitement le Nuvolari, supercar hybride V8 lancée par Audi, pour justifier l’absence d’opposition de principe au format V8.
Le dirigeant oppose néanmoins le détail des cylindres à la vision d’ensemble. Il insiste sur le maintien du turbo, jugé « définitivement plus important que le nombre de cylindres » pour l’efficacité. Cette position s’inscrit dans la stratégie d’Audi qui a abandonné l’objectif « 100 % électrique en 2032 » au profit d’une approche flexible combinant thermique, hybride rechargeable et batterie.
Döllner rappelle que l’industrie automobile connaît un « backswing » après la poussée électrification mondiale. Il anticipe encore des moteurs à combustion dans les voitures haute performance pour les deux à trois prochaines décennies. Formula 1 illustre selon lui la compatibilité entre thermique et durabilité grâce aux carburants synthétiques.
Audi intègre le processus FIA sans veto
Le PDG d’Audi souligne que la marque participe activement au processus conduit par la FIA. Il exprime une confiance explicite dans l’issue : « Nous faisons confiance au processus et nous croyons que le résultat sera une réglementation où Audi pourra cocher toutes les cases. » Cette posture contraste avec l’engagement initial d’Audi en F1, fondé sur une vision forte d’électrification, mais s’aligne sur l’évolution observée chez les constructeurs et chez Liberty Media.
Stefano Domenicali, CEO de Formula 1, a plaidé pour réduire la dépendance aux constructeurs tout en maintenant leur soutien. Döllner reprend ce cadre en insistant sur la durabilité et l’efficacité énergétique comme piliers principaux. Il refuse de réduire le débat à une question de cylindres, affirmant que le contexte global de la réglementation prime.
L’acceptation conditionnelle du V8 turbo par Audi coïncide avec les déclarations de Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, qui a annoncé le retour des V8 au plus tard en 2031. La gouvernance actuelle permet à la FIA d’imposer ce format en 2031 sans vote des motoristes si aucun consensus n’émerge avant.
Flexibilité stratégique et vision à long terme
Döllner lie directement la position d’Audi à sa propre stratégie corporate. Après avoir hérité d’un plan « tout électrique en 2032 », il a introduit plus de réalisme et de flexibilité régionale. Cette même logique s’applique à la F1 : hybridation et durabilité restent des constantes, indépendamment du format précis du moteur thermique.
Le constructeur allemand n’est donc pas surpris par l’évolution des discussions. Il considère que la Formule 1 doit refléter les tendances automobiles tout en conservant un rôle de vitrine technologique. L’efficacité du turbo, combinée à des carburants 100 % durables, constitue selon lui le socle non négociable.
Döllner conclut que le résultat final de la FIA permettra à Audi de s’inscrire pleinement dans le projet. Cette déclaration intervient alors que les premières saisons sous la réglementation 2026 ne sont pas encore commencées et que les arbitrages pour 2031 ou 2030 se précisent avant l’été 2026.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.