Devant un groupe restreint de médias à Monaco, Gernot Döllner a martelé que la stabilité réglementaire représente la priorité absolue d’Audi pour son entrée en Formule 1.

Portrait d’un décideur soucieux de rentabilité
Gernot Döllner occupe le poste de CEO d’Audi depuis septembre 2023 et a vu sa nomination confirmée pour cinq années supplémentaires à l’automne 2025. Il supervise également Audi Motorsport AG dans le cadre de l’entrée en F1 prévue pour 2026. Sa position s’inscrit dans une stratégie de groupe Volkswagen où tout investissement supplémentaire doit passer par plusieurs instances de validation.
L’accord de principe annoncé par la FIA avant le Grand Prix du Canada portait sur un partage 60/40 entre moteur à combustion et puissance électrique. Döllner a opposé à cette proposition un refus clair de modifications majeures, invoquant à la fois l’entrée récente d’Audi et l’impératif de coût-efficacité.
L’équipe Audi a déjà engagé des ressources substantielles dans le concept de power unit 2026. Modifier ce concept exigerait des changements hardware qui entraîneraient des coûts additionnels estimés à plusieurs millions d’euros, selon les discussions internes rapportées par le constructeur.
Döllner a précisé que l’innovation d’Audi suit une trajectoire plus abrupte car elle part d’un niveau inférieur. La stabilité permet d’allouer ces ressources à l’optimisation du système existant plutôt qu’à une refonte réglementaire.
Les arbitrages financiers au cœur du débat
Audi accepte des ajustements mineurs, comme une augmentation de 5 % du débit de carburant sans modification hardware, combinée à une réduction de 40 à 50 points d’appui aérodynamique. Ces mesures n’entraînent pas les investissements que le constructeur refuse.
Le CEO a opposé deux logiques : investir dans un changement réglementaire ou investir dans l’optimisation du drivetrain actuel. La seconde option l’emporte clairement dans la stratégie d’Audi, qui vient juste d’entrer et ne souhaite pas changer de cap rapidement.
Les préoccupations financières sont amplifiées par l’appartenance au groupe Volkswagen. Toute dépense supplémentaire doit être approuvée au niveau du directoire, ce qui complexifie les décisions rapides.
Döllner a souligné que les dimensions en jeu ne sont pas critiques pour le système mais relèvent d’une allocation globale des coûts. La priorité reste l’efficacité sous le cost cap.
Conséquences pour les négociations en cours
Les constructeurs divergent sur la direction technique. Ferrari privilégie l’ADUO tandis que Honda et Audi soulèvent des objections financières. La position d’Audi renforce le camp favorable à la stabilité face aux demandes de la FIA et de Liberty Media.
Le processus de discussion se poursuit avec tous les motoristes. Döllner estime qu’une bonne solution sera trouvée pour 2027, à condition qu’elle n’exige pas de modifications hardware.
L’objectif principal d’Audi reste l’optimisation du règlement actuel pour maximiser les performances du power unit dans lequel le constructeur a déjà investi massivement.
Si Audi maintient cette position jusqu’à la décision finale avant le Grand Prix d’Espagne, le coût cap de 2026 restera l’argument décisif face aux demandes de changement hardware.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.