Les ajustements 2026 ne changeront rien selon Alonso
Le pilote espagnol a été interrogé par Autosport sur ces évolutions techniques. Il a répondu sans détour que ces modifications ne résoudront pas les vrais problèmes.
« En attente. L’ADN de ces groupes propulseurs restera toujours le même. Et il récompensera toujours le fait d’aller lentement dans les virages. Je ne pense pas que cela changera fondamentalement les choses. »
Alonso reconnaît que la FIA écoute les critiques des pilotes, mais il estime que le véritable problème vient d’une direction prise par le sport vers l’électrification, qui ne convient pas à la course automobile.
« Ils écoutent toujours. Le problème, c’est que le monde est allé ou a pensé aller dans la direction de l’électrification, qui était censée être l’avenir. Mais cela ne s’applique pas à la course. La course est un animal différent. »
Un dépassement qui n’en est plus un
L’augmentation du nombre de dépassements observée ces dernières saisons ne suffit pas pour Alonso. Il explique que ces manœuvres ne sont plus le résultat d’un pilotage habile, mais simplement d’un avantage en batterie.
« Sur les lignes droites, quand vous avez plus de batterie que les autres », a-t-il précisé. « Ce sera très facile. Et ce ne sera pas un dépassement, ce sera juste une action d’évitement. »
Quand un pilote dispose d’un surplus de batterie, les autres voitures doivent réduire leur puissance de 500 chevaux. Cela crée un écart artificiel qui permet de « prendre une action d’évitement » et de passer sans réel combat.
Cette situation, selon le pilote, transforme la course en une affaire de stratégie énergétique plutôt qu’en un duel pur sur la piste.
Max Verstappen et l’attrait d’autres disciplines
Alonso a également commenté la participation de Max Verstappen aux 24 Heures du Nürburgring. Il considère que cela n’indique pas un problème majeur en F1, mais plutôt une curiosité saine pour d’autres formes de sport automobile.
« Je ne pense pas qu’on puisse appeler cela de la course pure. C’est juste une série différente. Mais c’est bien qu’ils découvrent d’autres sports, d’autres catégories et d’autres façons de profiter du sport automobile. La Formule 1 ne représente que 1 % de tout l’environnement du sport automobile. »
Le vétéran espagnol rappelle son propre test à l’Indianapolis 500, qui avait attiré deux millions de vues sur YouTube. Il espère que ces incursions de pilotes de F1 dans d’autres séries permettront aux fans d’élargir leurs horizons.
« Si les meilleurs pilotes de Formule 1 y vont, ils ouvrent simplement les yeux des fans sur une nouvelle série. La Formule 1 est le sommet et magnifique, mais les autres séries sont tout aussi magiques que la Formule 1 en un sens. »
Que retenir de ces critiques ?
Les propos d’Alonso soulignent un malaise persistant au sein du paddock face aux règlements actuels. Même si la FIA semble prête à corriger le tir pour 2026, le pilote asturien reste convaincu que seule une refonte complète des groupes propulseurs en 2026 et au-delà pourra ramener la Formule 1 vers une course plus authentique.
L’avenir dira si ces ajustements suffiront à redonner du spectacle et du sens aux dépassements.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.