Brad Keselowski a récemment partagé ses préoccupations concernant la diminution du temps de pratique dans la NASCAR Cup Series. Lors de la séance d’essais de 90 minutes organisée le vendredi précédant la All-Star Race à Dover Motor Speedway, le pilote et propriétaire d’équipe a souligné que cette évolution représente un manque pour l’avenir du sport. Cette opinion le distingue parmi ses pairs, alors que la majorité des propriétaires d’équipes préfèrent limiter les coûts.
Cette position intervient dans un contexte où NASCAR a progressivement réduit les sessions de pratique depuis la pandémie de COVID-19. Pour Keselowski, qui pilote pour RFK Racing tout en dirigeant son équipe, l’absence de temps sur piste affecte à la fois la formation des jeunes talents et la compétitivité des structures moins bien financées.
Les réactions contrastées des pilotes lors de la séance à Dover
La séance de pratique de 90 minutes à Dover a rappelé une époque révolue pour certains pilotes. Chase Elliott, qui a participé aux sessions multiples d’avant 2020, a tourné le plus grand nombre de tours sur le Monster Mile. Il a noté que disposer de plusieurs jeux de pneus semblait inhabituel après des années de restrictions.
« Avoir plus d’un jeu de pneus était un peu bizarre », a déclaré Elliott. « Je n’en avais pas eu depuis un moment, mais je ne pense pas que cela changera grand-chose. Nous traversons cela depuis des années, et cela nous donne quelque chose à dire, mais cela ne modifiera pas les résultats. »
Ty Gibbs, plus jeune et habitué au format réduit, a complété 86 tours et a exprimé une certaine surprise. « 86 tours, oh mon Dieu, c’était comme toute une première phase de course », a-t-il plaisanté. Il a ajouté que cette session représentait le plus grand temps de pratique de sa carrière en Cup et que son équipe en avait tiré des enseignements utiles.
Pourtant, Gibbs reste attaché aux sessions courtes. « Je pense que 25 minutes suffisent vraiment. Notre programme de simulateur nous permet d’arriver très près de la bonne configuration dès le début, et le format actuel récompense ce travail », a-t-il expliqué.
- Kyle Larson a mené la séance avec le meilleur temps.
- Ty Gibbs a terminé dans le top 5.
- Brad Keselowski a lui aussi profité de ce temps supplémentaire malgré sa blessure récente à la jambe.
L’analyse de Brad Keselowski sur les conséquences pour le sport
En tant que propriétaire d’équipe, Keselowski voit dans la suppression des pratiques prolongées un frein au développement des futures stars. Il estime que le manque de temps sur piste empêche les jeunes pilotes de progresser et complique la gestion budgétaire des équipes.
« En tant que pilote et propriétaire, c’est essentiel pour la santé du sport », a affirmé Keselowski. « Ne pas en avoir est une grande perte pour guider les futures stars. C’est aussi une grande perte pour la façon dont les équipes gèrent leur budget. »
Il a reconnu que la majorité des propriétaires s’opposent à un retour aux pratiques étendues en raison des coûts supplémentaires liés aux pneus, aux déplacements et aux nuits d’hôtel. Pourtant, il plaide pour une intervention ferme de NASCAR.
« J’ai fait la paix et j’ai dit ce que j’avais à dire dans différents contextes, et la majorité des propriétaires ne veulent pas de pratique. Je pense qu’à un moment donné, NASCAR va devoir forcer la main aux propriétaires et dire : nous allons pratiquer et vous allez devoir trouver comment payer, car c’est ce qu’il y a de mieux pour le sport et pour les fans », a-t-il conclu.
Cette vision s’inscrit dans une volonté plus large de préserver l’attrait du spectacle pour le public tout en formant une nouvelle génération de pilotes compétitifs.
Les raisons économiques et sportives derrière la politique actuelle
NASCAR a justifié la réduction des pratiques par la nécessité de maîtriser les dépenses. Tourner des tours supplémentaires engendre des coûts élevés en pneumatiques et en logistique sur les 36 week-ends de la saison.
Les équipes les mieux dotées, comme Hendrick Motorsports ou Joe Gibbs Racing, parviennent à compenser grâce à des simulateurs performants. En revanche, les structures plus modestes souffrent d’un manque de données réelles sur piste.
Les pilotes comme Ryan Blaney ou Denny Hamlin ont également profité de cette session unique pour affiner leur setup. Les photos du vendredi montrent une ambiance détendue, avec des pilotes comme Tyler Reddick ou Ross Chastain testant différentes configurations.
Malgré tout, le format actuel récompense la préparation en simulateur et l’efficacité des ingénieurs au stand. Cette approche a permis d’accélérer les week-ends tout en maintenant un haut niveau de spectacle.
Vers un retour possible des pratiques étendues ?
Keselowski reste convaincu que NASCAR devra un jour imposer un changement. Selon lui, l’absence de pratique nuit à l’émergence de nouveaux talents et à la compétitivité globale du plateau.
Pour en savoir plus sur le programme complet de la NASCAR All-Star Race 2026 à Dover, consultez notre article dédié. Vous y trouverez toutes les informations pratiques pour suivre l’événement.
Les fans peuvent également découvrir le format innovant dévoilé pour cette édition spéciale dans notre analyse précédente.
La position de Keselowski rappelle que la NASCAR doit trouver un équilibre entre rentabilité et développement sportif. L’avenir du championnat pourrait dépendre de cette capacité à réintégrer du temps de piste sans alourdir les budgets des équipes.
Dans les semaines à venir, les discussions entre propriétaires et NASCAR pourraient s’intensifier, surtout après les performances observées à Dover. Le débat sur les pratiques reste ouvert et pourrait influencer les décisions pour la saison prochaine.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.