Aston Martin a placé ses deux monoplaces à la dernière ligne à Barcelone, avec un écart d’une seconde complète face aux Cadillac motorisées Ferrari.

Deux circuits opposés, un même retard
Mike Krack, chief trackside officer, a comparé directement les caractéristiques de Monaco et Barcelone après la course espagnole. Monaco privilégie les virages lents et la gestion des pneus, tandis que Barcelone exige un refroidissement optimal dans les courbes rapides et moyennes. Le retard observé sur les deux tracés confirme que le déficit touche l’intégralité du package.
Fernando Alonso a terminé dixième à Monaco avant que Sergio Perez ne soit pénalisé, lui permettant de marquer un point grâce aux abandons. Les deux Aston Martin s’étaient pourtant qualifiées derrière Cadillac. Le même scénario s’est répété à Barcelone où Alonso a qualifié la voiture de « pire voiture » et le moteur de « pire moteur » de la grille.
Lance Stroll et Alonso ont occupé les deux dernières places sur la grille espagnole. Les deux monoplaces ont ensuite abandonné en course pour raisons de fiabilité. Ces résultats interviennent après une période d’optimisme modéré à Monaco, où le tracé minimise l’importance de la puissance.
Un retard multiple sans solution unique
Krack a déclaré qu’aucun domaine unique n’explique le manque de vitesse : « I think it is everything. » Le groupe propulseur Honda reste le principal frein, mais le châssis ne progresse pas non plus. L’équipe n’apporte pas d’améliorations agressives avant le gros package prévu à Spa.
Alonso a décrit une liste croissante de faiblesses après Monaco. À Barcelone, l’écart s’est creusé jusqu’à une seconde face aux Cadillac. Cette constance sur des circuits radicalement différents valide l’analyse de Krack sur la nécessité d’améliorations globales.
L’équipe ne dispose pas de correctif isolé. Krack a insisté sur le fait que les problèmes de gestion d’énergie à Barcelone ont fourni des données utiles malgré la difficulté, mais que le retard global persiste.
La pression sur l’équipe et la stratégie Newey
La situation pèse sur le moral au sein du garage et particulièrement chez les pilotes. Krack a reconnu cette réalité tout en soulignant la confiance dans Adrian Newey pour piloter le développement majeur attendu à Spa. L’équipe doit maintenir la motivation tout en tirant les leçons de la voiture actuelle.
Le pit-stop unique réalisé à Barcelone constitue le seul point positif identifié par Krack. Tout le reste, de la puissance à la gestion thermique en passant par l’aérodynamique, nécessite du travail.
Aston Martin n’a pas connu pire début de saison depuis son retour en 2021 sous la direction de Lawrence Stroll. Les investissements et l’arrivée de Newey n’ont pas encore produit les résultats escomptés.
Le retard de trois à quatre secondes place l’équipe dans une catégorie différente, mais Krack maintient que l’apprentissage continue. Les ajustements de processus sur l’énergie à Barcelone illustrent cette volonté d’améliorer la voiture actuelle en attendant les évolutions.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.