Aprilia a déposé son appel contre l’exclusion de Bezzecchi du Grand Prix de République tchèque quelques heures seulement après l’annonce de la sanction.

Précédents de violence physique et écarts de pénalités
Aprilia a invoqué l’incident de 2023 impliquant Aleix Espargaró à Qatar, sanctionné d’une amende de 10 000 euros et d’une perte de six places sur la grille. Massimo Rivola a opposé cette mesure à l’exclusion immédiate de Bezzecchi pour une gifle involontaire sur un marshal à Brno. L’écart entre les deux sanctions, de 16 000 euros et d’une interdiction de course complète, illustre la variabilité des décisions des commissaires.
Le cas Bezzecchi à Valence en 2012 avait abouti à une amende de 1 000 euros pour avoir poussé un marshal après un incendie de moto. Cette sanction pécuniaire unique contraste avec l’exclusion de 2025, malgré une action physique similaire. Rivola a défendu l’appel comme une protection de l’équipe et non une contestation de la tolérance zéro.
Romano Fenati a reçu une interdiction de deux courses en 2018 après avoir tiré le levier de frein de Stefano Manzi à Misano. Deniz Öncü a été banni de deux manches en 2021 pour avoir provoqué un carambolage à Austin. Ces exclusions de durée variable montrent que les commissaires appliquent des seuils différents selon la gravité perçue.
Max Verstappen a écopé de deux jours de service communautaire en 2018 pour une altercation avec Esteban Ocon en F1. Cette mesure non sportive contraste avec l’exclusion moto de Bezzecchi, soulignant les divergences inter-catégories sur des faits comparables.
Gestion interne chez Aprilia et contexte 2026
Rivola a géré en 2026 des tensions entre Bezzecchi et Jorge Martin, ce dernier ayant poussé Paolo Bonora après un accrochage à Barcelone. Un crash au départ en Hongrie impliquant Martin, Bezzecchi et Raúl Fernández a conduit à des critiques publiques du team principal. Ces incidents répétés ont renforcé la volonté d’Aprilia de protéger ses pilotes tout en acceptant la tolérance zéro.
L’appel rejeté par les stewards a maintenu Bezzecchi hors du départ dimanche à Brno. Rivola a déclaré post-course qu’il acceptait la décision finale tout en regrettant l’absence de précédent d’exclusion pour ce type d’action. La procédure a impliqué à la fois le team chief et le team manager lors de l’audience.
Conséquences pour la discipline et les équipes
L’affaire a généré une condamnation large sur les réseaux après diffusion des images. Rivola a réaffirmé que l’équipe ne tolère pas la violence et a présenté des excuses au marshal. L’appel visait uniquement à obtenir une amende élevée et une pénalité de grille plutôt qu’une exclusion, afin de permettre à Bezzecchi de courir.
Le rejet de l’appel confirme la nouvelle norme des exclusions immédiates pour contact physique avec le personnel de piste. Aprilia a accepté la leçon tout en notant que la protection des riders reste une priorité dans un championnat serré entre Bezzecchi et Martin.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.