Le débat autour des règlements controversés de la Formule 1 pour 2026 continue de faire des vagues. Nikolas Tombazis, directeur des monoplaces à la FIA, a récemment exprimé des réserves sur la dépendance excessive envers les priorités des constructeurs automobiles. Lors d’une table ronde avec des médias sélectionnés avant le grand prix de Miami, il a repris les propos de Stefano Domenicali, PDG de la F1, en insistant sur la nécessité de protéger le sport des fluctuations du marché.
Cette position intervient alors que la saison 2026 est en cours, avec des ajustements déjà apportés aux règles pour atténuer les problèmes liés à la répartition 50/50 de la puissance entre moteur à combustion interne et électrique.[1]

Les défis inhérents au split 50/50
Les règlements 2026 prévoient une répartition quasi égale de la puissance, soit environ 50 % pour le moteur thermique et 50 % pour la partie électrique. Cette approche, conceptualisée en 2022, a nécessité de multiples compromis pour gérer les cycles de déploiement et de recharge de l’énergie électrique.
Tombazis n’a pas initié cette idée, mais son équipe a dû la rendre viable en piste. Les défis incluent une gestion fine de l’énergie, avec des risques d’incohérences dans la délivrance de puissance. Des rapports indiquent que le split réel penche souvent vers 55/45 ou même 80/20 en faveur du thermique en pointe.[2]
Récemment, la FIA a approuvé des raffinements, comme la réduction de la recharge maximale en qualif de 8 à 7 MJ par tour. Ces changements visent à limiter les excès et à améliorer le spectacle, suite aux critiques des pilotes et équipes.
Malgré ces ajustements, les constructeurs ont signalé des problèmes potentiels, comme des vitesses de fermeture trop élevées entre voitures. La FIA maintient une flexibilité pour d’autres tweaks si nécessaire.
L’exemple d’Honda, qui a quitté et rejoint la F1 à quatre reprises depuis les années 1960, illustre les risques de dépendance.
Le contexte du paysage politique en 2022
À l’été 2022, l’électrification totale semblait inévitable. Les constructeurs automobiles impliqués affirmaient ne plus développer de nouveaux moteurs thermiques, prédisant une transition complète vers l’électrique d’ici quelques années.
« Les entreprises automobiles très impliquées nous disaient qu’elles n’allaient jamais faire un autre moteur à combustion interne », a rappelé Tombazis. Pourtant, cette prévision ne s’est pas concrétisée, freinée par la résistance des consommateurs aux VE dans plusieurs marchés.
Les gouvernements poussaient pour légiférer la fin des moteurs thermiques, mais l’adoption des véhicules électriques a ralenti. Parallèlement, les carburants 100 % durables ont offert une bouée de sauvetage au thermique.
Ce revirement a forcé la F1 à adopter des carburants durables, un « résultat raisonnablement bon » selon Tombazis. Cela a permis de maintenir l’équilibre sans abandonner totalement l’hybride.
Protéger la Formule 1 des caprices des constructeurs
« Nous ne pouvons pas être otages des constructeurs automobiles qui décident ou non de participer à notre sport », a déclaré fermement Tombazis. La FIA veut leur présence, d’où les efforts pour en attirer de nouveaux, mais refuse la vulnérabilité.
La réduction des coûts reste prioritaire pour rendre les power units accessibles, y compris aux indépendants. Cela diminuerait aussi l’influence des constructeurs sur des détails comme les matériaux autorisés.
Pour le prochain cycle en 2031, toute modification doit être discutée dès maintenant, vu les délais de développement des moteurs. « Il faut commencer très tôt », insiste Tombazis.
Des discussions précoces sur un abandon du 50/50 pour 2027 émergent, avec une hausse de la puissance thermique et une réduction électrique.[3]
- Avantages d’une réduction des coûts : Facilite l’entrée de nouveaux acteurs.
- Moins d’influence : Sur les matériaux et specs techniques.
- Stabilité : Évite les chocs si un constructeur se retire.
Vers un avenir plus résilient pour la F1
Les récents ajustements, validés par toutes les parties prenantes, montrent une volonté d’adaptation rapide. Pour plus de détails sur les power units 2026, consultez l’explication officielle de la F1.[1]
Tombazis évoque un cycle naturel : discuter des évolutions races après le lancement. La FIA et la F1 visent un équilibre entre innovation verte et spectacle pur.
Les leçons des changements de marché imposent une prudence. Ouvrir à des indépendants via des coûts bas pourrait revitaliser la grille.
La question pour 2031 : le marché évoluera-t-il à nouveau ? La F1 doit anticiper pour éviter une nouvelle crise.
En résumé, cette position ferme de la FIA marque un tournant. Elle protège le sport tout en favorisant l’innovation. Les prochaines négociations seront cruciales pour le championnat, assurant compétitivité et attractivité à long terme. Quelles implications pour les titres 2026 et au-delà ? L’avenir le dira.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.