L'adaptation de Will Power chez Andretti Global en 2026

Will Power traverse une période d’adaptation intense depuis son arrivée chez Andretti Global pour la saison IndyCar 2026. Après 17 ans chez Team Penske, marqués par deux titres et une victoire aux 500 Miles d’Indianapolis en 2018, l’Australien de 45 ans a connu un début en montagnes russes. Quatre incidents en essais ou courses, dont un abandon en tête à Phoenix Raceway début mars, ont ponctué ses trois premières apparitions. Pourtant, sa troisième place au Grand Prix d’Arlington le 15 mars offre un signe encourageant.[1][2]

Ce podium, derrière Kyle Kirkwood (victoire) et Alex Palou, est son week-end le plus abouti avec la nouvelle équipe. Andretti Global aligne désormais Kirkwood, Marcus Ericsson et Power dans un lineup expérimenté. Ron Ruzewski, team principal et stratège de longue date de Power, venu lui aussi de Penske, décrypte les défis.

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Les différences techniques entre Penske et Andretti

L’IndyCar est une série spec, mais les philosophies d’équipe divergent fortement. Ruzewski explique : « Oui, il y a beaucoup de subtilités sur les voitures. C’est une série spec, et c’est fou de voir à quel point certains événements sont serrés avec 25 voitures sur piste ; tout le monde est séparé par moins de dixièmes de seconde. Mais il y a 25 philosophies différentes en termes de setup des voitures. »

La première différence majeure réside dans le moteur. Power passe de Chevrolet à Honda, avec un powerband distinct. « D’abord et avant tout, il pilote un moteur différent. Le moteur Honda a une caractéristique légèrement différente du Chevrolet. S’habituer à ça en fait partie », note Ruzewski.

Les amortisseurs (dampers) sont un point clé de développement en IndyCar. « La philosophie de setup et d’amortissement, et la façon dont ils ont conçu et développé les amortisseurs chez Penske versus Andretti, est différente », ajoute le team principal. Sans entrer dans les secrets industriels, il évoque un ressenti altéré pour le pilote.

Ces variations affectent la sensation : tangage, roulis, compression. « Tout cela passe par les amortisseurs. Il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites en interne pour filtrer, amplifier ou changer ses perceptions sensorielles de la voiture », précise Ruzewski.

Power compare cela à passer d’un pick-up à une Corvette : « Tout se sent un peu différent, mais après l’avoir conduit un peu, ça va. On s’adapte. »

Les défis du début de saison

Les premières courses ont mis en lumière les difficultés. À St. Petersburg, Power a connu deux crashes : un en EL2 (freins verrouillés dans le mur) et un autre en course, compliquant son acclimatation.[3] Phoenix a vu un abandon en leader, confirmant des flashes de vitesse mais des sorties de limites.

Arlington marque un tournant. Troisième place pour Power, avec un triplé Andretti (Kirkwood 1er, Power 3e, Ericsson 4e). Suite aux résultats d’Arlington, Kirkwood prend la tête du championnat.

Power impressionne par sa vitesse pure, mais l’adaptation demande du temps. Comme il l’a prédit dans cet entretien optimiste, Andretti dominera les trois prochaines années, à condition d’éliminer les faiblesses.

  • Incidents en début de saison :
    • Crash EL2 St. Pete (freins verrouillés).
    • Deuxième crash St. Pete en course.
    • Abandon en leader à Phoenix.
    • Net et solide à Arlington (P3).

Ruzewski souligne la marge infime : moins de dixièmes entre 25 voitures.

La culture d’équipe : militaire chez Andretti

Power décrit Andretti comme « militaire-like », avec des briefings plus structurés que chez Penske. « Ils ont certainement de bons processus en place. Pas aussi laxistes que chez Penske à cet égard », confie-t-il.[4]

L’équipe est plus grande, avec plus de ressources. « Je vois pourquoi on est devant. L’équipe est très bonne. Je suis très impressionné. Ils ont tout ce qu’il faut pour gagner. »

Ajustements spécifiques : feedback d’un pilote d’une autre équipe pour adapter la voiture à ses habitudes, facilitant la transition.

Power vise l’excellence : « On ne peut pas avoir de faiblesse contre Alex Palou », comme il l’explique ici.[5]

Vers Barber Motorsports Park

Prochain rendez-vous : Barber Motorsports Park ce week-end. Power y brille historiquement : deux victoires, cinq podiums, neuf premières lignes en 15 départs (dont quatre poles).

« C’est une piste fluide, très différente d’Arlington ou St. Pete. Première fois avec cette voiture sur un road course rapide et fluide », dit-il. Attentes hautes : « J’attends d’être à l’avant. »

Andretti doit progresser sur natural road courses (aucune victoire depuis 2022). Power (12e au championnat) peut changer ça.[6]

  • Stats de Power à Barber :
    • 2 victoires (2011, 2012).
    • 5 podiums.
    • 9 front rows, 4 poles.
    • 11 top-5 en 15 starts.

L’équipe travaille les arrêts aux stands après Arlington.

Perspectives pour la suite

L’adaptation de Power chez Andretti progresse. Le podium d’Arlington valide les efforts, malgré les bosses initiales. Avec Ruzewski aux commandes, la synergie grandit.

Barber sera un test clé sur road course naturel. Si Power performe, Andretti peut viser le titre. Power incarne l’expérience nécessaire pour défier Palou et Ganassi. L’avenir s’annonce radieux pour cette alliance inattendue.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.