Graham Rahal « pas fan » de la nouvelle règle sur le push-to-pass lors des redémarrages

Graham Rahal fait partie des pilotes IndyCar qui ne goûtent guère au dernier changement de réglementation concernant l’utilisation du push-to-pass. Suite à un bug logiciel survenu lors de l’Acura Grand Prix de Long Beach, la série a décidé d’autoriser ce système d’aide à l’overtake sur les redémarrages, à partir du week-end sur le circuit routier de l’Indianapolis Motor Speedway. Cette mesure, annoncée mardi par IndyCar Officiating, vise à simplifier les règles sans pénalités pour l’incident passé.

Le pilote de Rahal Letterman Lanigan Racing, âgé de 37 ans, s’interroge déjà sur son implication dans l’affaire de Long Beach, où son unique appui sur le bouton n’a enregistré que 0,00 seconde d’utilisation. Alex Palou, vainqueur de la course, et Felix Rosenqvist, dauphin, figurent en tête de la liste des utilisateurs avec respectivement 15,1 et 18,5 secondes. Rahal ne mâche pas ses mots sur cette évolution.

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Le bug logiciel au Grand Prix de Long Beach

Lors du restart au 62e tour sur 90 à Long Beach, un dysfonctionnement logiciel a rendu le push-to-pass disponible prématurément pour 12 voitures, alors qu’il devait être désactivé. IndyCar Officiating a enquêté et conclu à une panne de leur côté, évitant toute sanction. Cette défaillance, détaillée dans notre article dédié à la défaillance logicielle du Push-to-Pass à Long Beach, a touché des pilotes comme Palou et Rosenqvist.

Parmi les principaux utilisateurs :

  • Alex Palou (Chip Ganassi Racing) : 3 activations pour 15,1 secondes.
  • Felix Rosenqvist (Meyer Shank Racing) : 3 activations pour 18,5 secondes.
  • Marcus Armstrong (Meyer Shank Racing) : 6,3 secondes, utilisé pour dépasser Santino Ferrucci.
  • Graham Rahal (Rahal Letterman Lanigan) : 1 appui, mais 0,00 seconde.

Rahal exprime son scepticisme : « IndyCar a aussi annoncé que j’ai appuyé sur le bouton pendant 0,00 seconde, expliquez-moi ça. Je dirais que ça veut dire que je ne l’ai pas utilisé. Ouais, je ne sais pas ce que c’est que ça. » Cette anomalie illustre les défis techniques du système.

La série a réaffirmé la responsabilité des équipes en cas d’usage frauduleux, même glitché. Doug Boles, président d’IndyCar, a noté que l’incident a permis une révision complète des règles. Pour consulter le programme du Sonsio Grand Prix, premier rendez-vous sous la nouvelle mouture, suivez les infos actualisées.

Cette affaire rappelle les enjeux de fiabilité dans une série où le push-to-pass est limité aux circuits routiers et urbains. Aucune pénalité n’a été prononcée, priorisant la clarté future. Les données télémétriques ont été publiées pour transparence.

La réaction franche de Graham Rahal

Rahal ne cache pas son opposition : « De toute façon, je ne suis pas fan. Je ne suis pas fan. Oui, ce n’est pas disponible au départ initial, mais c’est disponible sur les restarts. Ouais, je ne suis pas fan. On en reste là. » Sa position reflète un débat plus large au sein du paddock.

Pour lui, cette disponibilité ne révolutionnera pas le spectacle, surtout sur des pistes comme l’IMS road course ou Road America. « Tout le monde va être sur le bouton et tout le monde va économiser pour s’assurer d’avoir du bouton à utiliser, et je ne suis pas sûr que ça rende la course meilleure. Ce serait la même chose si vous n’étiez pas sur le bouton. »

Il comprend l’intention d’éviter une surveillance accrue post-Newgarden, mais défend les règles existantes : « À mes yeux, les règles sont les règles. Elles l’ont toujours été. Je ne les changerais pas. » Cette franchise est typique du pilote expérimenté, vice-champion en 2008.

Rahal, sans podium depuis Barber (où il a brisé une disette de 42 courses), cible les circuits routiers comme cruciaux. Sa #15 Honda reste compétitive malgré les défis.

Ses propos, relayés par Motorsport.com, alimentent les discussions avant le Sonsio Grand Prix.

Le contexte historique : l’affaire Newgarden de 2024

En 2024, Josef Newgarden avait été disqualifié de sa victoire à St. Petersburg pour usage illégal du push-to-pass sur restarts, dû à un glitch logiciel chez Team Penske. Cela a affecté Scott McLaughlin et Will Power, Will étant le seul épargné. L’affaire, révélée un mois plus tard, a poussé à une officiation indépendante.

Formée en décembre 2025, IndyCar Officiating sépare les décisions de Roger Penske, propriétaire d’IndyCar et de l’IMS. Scot Elkins en est le managing director. Cette structure répond aux critiques du paddock.

Le push-to-pass, introduit pour favoriser les dépassements, est strict : interdit au départ et premier tour vert post-restart. La nouvelle règle l’autorise après la ligne de restart, per l’annonce officielle d’IndyCar.

Des exemples passés, comme Mid-Ohio où Sébastien Bourdais a perdu face à Scott Dixon sans push-to-pass, montrent l’impact. Rahal rejoint les voix prônant la stabilité.

Cette évolution pourrait influencer les stratégies, mais Rahal doute de son effet sur des circuits techniques.

Implications pour la saison IndyCar 2026

La règle s’applique dès l’IMS road course (Sonsio Grand Prix), puis Road America et au-delà, sur routiers/urbains uniquement. Paramètres inchangés : durée max par push. Interdit toujours au départ initial et avant ligne de restart.

Déjà, confusion chez certains pilotes, avec débats sur l’interprétation. Post-Long Beach, 12/24 ont utilisé, boostant des positions clés comme Armstrong sur Ferrucci.

Pour Rahal, 15e au championnat après Phoenix avec 34 points, cela n’améliorera pas le racing : tous économiseront le bouton. Sur IMS road course, connu pour ses restarts chaotiques, l’effet reste à voir.

La série vise plus d’outils overtake, évitant les polices strictes post-2024. IndyCar Officiating gère désormais, avec revue post-Sonsio déjà annoncée.

Cela pourrait uniformiser les opportunités, mais risque de banaliser l’outil si tous l’activent systématiquement.

Cette modification s’inscrit dans une saison hybride naissante, avec Indy 500 approchant et 60h de couverture Fox.

La position de Rahal souligne un paddock divisé : innovation ou dilution des règles ? Le Sonsio Grand Prix, ce week-end, testera l’impact réel sur le spectacle. Pour Rahal et ses rivaux, l’enjeu est de transformer ces restarts en opportunités pures, sans artifice logiciel. L’évolution des standings dépendra de l’adaptation stratégique.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.