Les organisateurs du Dakar ont levé le voile sur l’édition 2027, la 49e du rallye-raid et la huitième en Arabie saoudite. Présenté mardi à l’Institut du monde arabe à Paris, ce tracé propose treize étapes du 1er au 15 janvier, avec un départ et une arrivée à King Abdullah Economic City, sur les bords de la mer Rouge. Malgré l’incertitude géopolitique au Moyen-Orient, Amaury Sport Organisation (ASO) mise sur un parcours plus long et exigeant, totalisant 8390 kilomètres dont un record de 5320 kilomètres chronométrés.
Ce rallye s’annonce comme un test ultime d’endurance, avec deux étapes marathons, des dunes à profusion, des canyons vertigineux et une navigation piégeuse. Des pilotes comme Stéphane Peterhansel, Luciano Benavides ou Adrien Van Beveren étaient présents à la présentation, signe de l’engouement pour cette édition.

Un parcours record en longueur et en intensité
Le Dakar 2027 bat des records en Arabie saoudite avec ses 8390 kilomètres totaux, surpassant les éditions précédentes dans la péninsule. Les 5320 kilomètres de secteurs chronométrés marquent un pic historique depuis l’arrivée du rallye dans le royaume en 2020. Cette augmentation vise à amplifier le suspense jusqu’au bout, comme l’explique David Castera, directeur de l’épreuve.
La boucle géante relie le nord et le sud du pays, passant par Al-Ula et Haïl au nord, avant de descendre vers Bisha pour la journée de repos le 9 janvier. Les organisateurs ont intégré des terrains familiers et inédits, avec une proportion accrue de sables pour tester la mécanique et la résistance physique. Les deux étapes marathons obligeront les concurrents à gérer sans assistance extérieure, rappelant l’ADN originel du Dakar.
David Castera souligne : « On a travaillé pour 2027 avec un objectif clair : prolonger et amplifier ce suspense. Cela passe par un parcours plus exigeant et plus long, avec tous les ingrédients, du sable, des dunes, des temps forts, des étapes clés ». Cette montée en puissance progressive inclut des coupures de rythme pour maintenir l’incertitude.
L’édition met l’accent sur la diversité : franchissements, navigation complexe et vitesse. Pour les motos, des « enduro zones » techniques font leur apparition, tandis qu’un passage à 2500 mètres d’altitude mène au bivouac marathon. Ces choix promettent une intensité accrue pour tous les catégories.
Enfin, le prologue inaugural à King Abdullah Economic City lancera le défi sur 23 à 30 kilomètres de spéciale, déterminant les départs des premières étapes.
Le détail des treize étapes et les marathons
Le parcours débute le 1er janvier par un prologue à King Abdullah Economic City (KAEC), suivi d’étapes variées. Voici le programme principal :
- Étape 1 (2 janv.) : KAEC → Yanbu (environ 500 km total, 350 km chrono)
- Étape 2 (3 janv.) : Yanbu → Al-Ula (535 km total, 310 km chrono)
- Étape 3 (4 janv.) : Al-Ula → Haïl (745 km total, 480 km chrono)
- Étape 4 (5 janv.) : Haïl → Haïl (boucle, 735 km total, 380 km chrono)
- Étape 5 (6 janv.) : Haïl → Ad Dawadimi (720 km total, 480 km chrono)
Les étapes 6 et 7 forment le premier marathon : Ad Dawadimi → Bivouac refuge (565 km total, 440 km chrono) puis Bivouac → Bisha (480 km total, 430 km chrono). Ces bivouacs isolés testeront la gestion des machines sans mécanos.
Après le repos à Bisha, les étapes 8 à 10 bouclent autour de la ville et vers Wadi Ad-Dawasir (515 km chrono pour l’étape 10). Les marathons finaux (11 et 12) mènent de Bisha à Al Bahah puis à KAEC, dans une région volcanique caillouteuse (480 et 455 km chrono). L’étape 13 clôture avec 50 km chrono.
Ces marathons, au nombre de quatre au total selon certaines sources, mais deux paires confirmées, exigeront une adaptation constante. Les distances varient légèrement selon les annonces, mais l’ensemble confirme le défi endurance.
La dernière étape, courte et festive, pourrait encore renverser la hiérarchie comme en 2026.
Nouveautés terrains et innovations techniques
King Abdullah Economic City marque un nouveau départ, avec ses infrastructures modernes et vue sur la mer Rouge, à 100 km de Djeddah. Ce choix symbolise la stabilité du partenariat saoudien. Les canyons, dunes et pistes sablonneuses dominent, avec moins de cailloux qu’en 2026 pour équilibrer les risques de crevaisons.
Pour les motos, les « enduro zones » techniques ajoutent de la technicité, tandis que l’altitude à 2500 mètres challenge l’acclimatation. La navigation reste un pilier, avec des road-books piégeux pour perdre les copilotes. Ces éléments gardent l’« ADN du Dakar : résistance, navigation et vitesse », dixit Castera.
La carte du parcours, dévoilée par ASO, montre une boucle immersive explorant des territoires infinis.
Sébastien Loeb, vu sur sa Dacia en 2026, cherche déjà un volant pour 2027.
Ces innovations visent à renouveler l’aventure tout en honorant l’histoire du rallye.
Le contexte géopolitique et la réponse d’ASO
Malgré la guerre au Moyen-Orient, ASO avance sereinement. Yann Le Moenner, DG d’ASO, tempère : « Dans le contexte géopolitique actuel, nous comprenons que vous puissiez vous poser des questions. Et celles-ci sont tout à fait légitimes. […] Notre partenaire solide et engagé fait preuve de stabilité ». L’équipe finalise le terrain en direct.
Cette prudence n’empêche pas la préparation, avec un partenaire saoudien fiable. Les éditions passées en Arabie ont prouvé la viabilité logistique.
La stabilité récente renforce la confiance pour janvier 2027.
Héritage du Dakar 2026 et perspectives
Le Dakar 2026 s’est achevé en apothéose : Luciano Benavides l’emporte en motos pour 2 secondes sur Ricky Brabec, un coup de tonnerre dans la dernière spéciale. En autos, Nasser al-Attiyah signe son 6e sacre devant Nani Roma (9’42).
Ce suspense inspire 2027, plus corsé encore. Castera : « D’avoir placé la barre aussi haut l’an dernier rend le défi encore plus grand ».
Les favoris comme Peterhansel ou Loeb viseront la passe de trois.
Le Dakar Classic en soutien
Comme depuis 2021, le Dakar Classic accompagne l’épreuve reine. Cette course d’endurance et régularité couvre environ 3900 kilomètres, ouverte aux autos et camions jusqu’à 2005.
Elle attire les passionnés de vintage, avec des défis adaptés. Peterhansel et d’autres y participent parfois en parallèle.
Ce format enrichit l’événement, mêlant histoire et modernité.
Cette édition 2027 s’annonce comme un sommet du rallye-raid, testant limites physiques et mécaniques dans un écrin saoudien diversifié. Les inscriptions sont ouvertes ; le suspense pourrait égaler ou dépasser 2026. Reste à voir si la géopolitique perturbera ce projet ambitieux, mais ASO parie sur la continuité. Les pilotes s’aligneront pour graver leur nom dans la légende.
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.