Valentino Rossi viserait une hypercar dans le WEC : le rêve poursuit sa trajectoire

WEC

Valentino Rossi, légende absolue du MotoGP avec neuf titres mondiaux à son actif, a déjà entamé sa reconversion dans le sport automobile depuis plusieurs années. Après avoir découvert les joies de l’endurance en GT, l’Italien ne cache plus son ambition ultime : piloter une hypercar au sein du Championnat du monde d’endurance (WEC). Un rêve qui semble de plus en plus accessible pour “The Doctor”, qui multiplie les expériences et les performances convaincantes au volant de BMW.

Cette aspiration n’est pas qu’un simple fantasme de pilote retraité en quête de nouvelles sensations. Valentino Rossi a déjà eu l’occasion de goûter au pilotage d’une hypercar lors du Rookie Test du WEC à Bahreïn en novembre 2024, et cette première expérience n’a fait que renforcer sa détermination à décrocher un baquet dans la catégorie reine de l’endurance automobile.

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L’hypercar, le nouveau défi de Valentino Rossi au WEC

Après avoir dominé le monde de la moto pendant près de deux décennies, Valentino Rossi s’est lancé un nouveau défi en rejoignant le monde de l’endurance automobile. Sa première saison complète en WEC en 2024, disputée dans la catégorie LMGT3 avec le Team WRT et BMW, lui a permis de se familiariser avec les codes de cette discipline exigeante. Mais l’Italien voit déjà plus grand et ne cache pas son ambition de passer à l’échelon supérieur.

Lors du Rookie Test de Bahreïn en novembre 2024, Rossi a eu l’opportunité de prendre le volant de la BMW M Hybrid V8, l’hypercar du constructeur allemand. Cette première expérience s’est révélée concluante, l’Italien terminant comme deuxième débutant le plus rapide de la journée, juste derrière Arthur Leclerc au volant de la Ferrari. Une performance qui n’a échappé à personne dans le paddock du WEC.

René Rast, pilote officiel BMW en hypercar et guide de Rossi lors de cette journée d’essais, n’a pas caché son admiration : “Je dois dire que j’ai été très impressionné par la performance de Valentino. Je lui ai dit le matin de rester calme, de ne pas trop pousser la voiture, qu’il allait être lent au début, mais qu’il allait progresser pendant la journée. Il est monté dedans et son premier tour était aussi rapide que n’importe lequel d’entre nous.”

Selon Auto Hebdo, Rossi a décrit cette première expérience comme “superbe” et a confié : “Quand vous êtes ici, l’Hypercar est un rêve pour tout le monde, car c’est la Formule 1 du sport-proto, ou la MotoGP du prototype.” Des mots qui en disent long sur l’attrait qu’exerce cette catégorie sur l’ancien champion du monde.

Les sensations comparées entre GT3 et hypercar selon Rossi

Pour Valentino Rossi, la transition entre une GT3 et une hypercar représente un changement radical, mais paradoxalement plus naturel que ce qu’il avait imaginé. L’Italien a confié que piloter une hypercar lui paraissait même “plus facile qu’une GT”, une déclaration surprenante qui révèle la complexité du pilotage en GT3.

“Au volant d’une Hypercar, les trajectoires sont plus dans la normalité. Pour schématiser, c’est même plus proche de la moto”, explique Rossi dans une interview accordée à Endurance Info. Cette proximité avec son domaine d’origine pourrait constituer un atout majeur pour l’Italien s’il venait à décrocher un baquet en hypercar. “Avec la GT, il faut couper un peu plus à l’extérieur, à l’intérieur. Cela change beaucoup le style de pilotage.”

Sur le plan technique, les différences sont considérables. Rossi note que “l’auto est 15 secondes plus rapide qu’une GT3 et possède beaucoup de chevaux, donc la ligne droite est plus courte. Elle a beaucoup d’adhérence et d’appui.” Cette différence de performance est majeure dans l’approche du pilotage et demande une adaptation rapide, que l’Italien semble avoir parfaitement réussie lors de son test à Bahreïn.

“Je me suis senti confortable avec la voiture et les pneumatiques dès le premier tour”, confie le nonuple champion du monde. “La voiture est équilibrée et précise quand vous la pilotez. L’accélération s’effectue en douceur. Elle est exigeante physiquement, mais les sensations sont bonnes.” Ces déclarations témoignent d’une adaptation rapide et d’un potentiel certain pour briller dans cette catégorie.

Les obstacles à franchir pour réaliser ce rêve en WEC

Malgré son talent évident et ses performances encourageantes, Valentino Rossi se heurte à une réalité pragmatique : les places en hypercar sont rares et très convoitées. Chez BMW, le constructeur avec lequel il est engagé, seulement deux voitures sont alignées en WEC, ce qui limite drastiquement les opportunités.

“Je ne sais pas si j’aurai la chance de piloter un jour l’Hypercar en compétition”, admet l’Italien avec lucidité. “Ce n’est pas simple car BMW fait rouler deux voitures et la marque dispose déjà suffisamment de pilotes. Ce n’est pas quelque chose de facile à mettre en place mais je continue de pousser.” Cette détermination reste intacte malgré les difficultés, et Rossi n’a pas dit son dernier mot.

Pour la saison 2025, BMW a finalement choisi de confier le baquet vacant à Kevin Magnussen, ancien pilote de Formule 1, plutôt qu’à Rossi. Une décision qui peut se comprendre d’un point de vue sportif, Magnussen apportant une expérience récente en sport automobile de haut niveau. Néanmoins, cette situation n’a pas découragé l’Italien qui continue d’accumuler de l’expérience en LMGT3.

La saison 2025 marque d’ailleurs la deuxième année complète de Rossi en WEC, toujours dans la catégorie LMGT3 avec le Team WRT. “C’était une décision difficile mais finalement BMW a préféré la série WEC qui est un championnat du monde”, explique-t-il. Ce choix de privilégier le WEC plutôt que d’autres championnats comme le GT World Challenge Europe s’inscrit dans une stratégie à long terme.

Un parcours en LMGT3 qui construit sa légitimité

Valentino Rossi ne brûle pas les étapes et construit méthodiquement son parcours dans l’endurance automobile. Sa première saison en WEC en 2024 lui a permis d’accumuler une expérience précieuse et de démontrer qu’il n’était pas là simplement pour la gloire ou le plaisir, mais bien pour performer.

Les résultats obtenus en 2024 sont d’ailleurs prometteurs. Un podium à Imola sur sol italien, une autre troisième place au Japon, et une performance solide aux 24 Heures du Mans démontrent que l’Italien a rapidement assimilé les codes de l’endurance. “L’année passée était une bonne saison pour moi”, confie-t-il. “Nous avons fait de belles courses, spécialement ici à Imola qui était notre meilleur résultat de la saison.”

Pour 2025, Rossi partage le volant de la BMW M4 GT3 EVO n°46 avec Ahmad Al Harthy et Kelvin van der Linde, ce dernier remplaçant Maxime Martin. L’objectif affiché est clair : viser régulièrement le podium et progresser dans tous les domaines. “Je sais que je dois encore m’améliorer, tout dépend des circuits empruntés et des conditions”, reconnaît humblement le pilote italien.

Un aspect particulier de cette saison 2025 représente un nouveau défi pour Rossi : la responsabilité de disputer les sessions Hyperpole. “Cette saison est différente pour moi car si vous êtes dans le top 10 à l’issue de la qualification, le pilote classé Silver dispute la session Hyperpole. C’est quelque chose que je dois encore travailler pour sortir le meilleur tour possible en pneus neufs.” Cette nouvelle responsabilité témoigne de la confiance que lui accorde le Team WRT et lui permet de continuer à progresser.

L’engagement total malgré les contraintes logistiques

Participer au Championnat du monde d’endurance représente un investissement considérable, tant sur le plan physique que logistique. À 46 ans, Valentino Rossi ne compte pas ses efforts pour mener à bien son projet, même si cela implique des sacrifices importants.

“Pour moi, c’est un effort important car il y a beaucoup de courses en dehors d’Europe, ce qui rend les choses plus compliquées sur le plan organisationnel”, explique l’Italien. Le calendrier du WEC emmène en effet les équipes aux quatre coins du monde, du Qatar au Japon en passant par Bahreïn et les États-Unis, sans oublier le rendez-vous mythique des 24 Heures du Mans.

Malgré ces contraintes, Rossi apprécie la dimension internationale du championnat. “J’aime beaucoup le WEC qui offre la possibilité de rouler sur de très beaux circuits à travers le monde”, confie-t-il. Cette passion pour la compétition automobile reste intacte et le motive à poursuivre son apprentissage dans cette discipline exigeante.

Au-delà du WEC, Rossi devrait également participer aux 24 Heures de Spa en juin 2025, une épreuve emblématique du calendrier européen. Cette participation s’inscrit dans un programme GT parallèle qui lui permet de multiplier les kilomètres et d’affiner son expérience sur différents types de circuits et dans diverses conditions.

L’Italien n’exclut pas non plus de s’attaquer un jour aux 24 Heures du Nürburgring, ce qui lui permettrait de réaliser le triptyque des plus grandes courses d’endurance européennes. “Les 24 Heures du Nürburgring restent un objectif à atteindre. Comme je l’ai déjà précisé à plusieurs reprises, il faut dans un premier temps passer le permis sur une petite voiture qui permet ensuite de piloter une GT3. Un jour, j’essaierai”, déclare-t-il, démontrant qu’il continue de se fixer de nouveaux défis.


Le rêve de Valentino Rossi de piloter une hypercar au Championnat du monde d’endurance n’est pas une simple lubie de champion en quête de reconnaissance. C’est un projet mûrement réfléchi, construit étape par étape avec rigueur et professionnalisme. Ses performances lors du Rookie Test de Bahreïn ont démontré qu’il possédait le potentiel nécessaire pour briller dans cette catégorie.

Bien que les places soient rares et la concurrence féroce, l’Italien a prouvé tout au long de sa carrière qu’il ne faut jamais sous-estimer sa détermination. En continuant à performer en LMGT3 et en multipliant les expériences, Rossi se positionne comme un candidat sérieux pour un baquet en hypercar dans les années à venir. Que ce soit avec BMW ou une autre écurie, “The Doctor” pourrait bien réaliser son rêve et ajouter un nouveau chapitre à sa légende, cette fois sur quatre roues dans la catégorie reine de l’endurance mondiale.

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.