La NASCAR annonce un retour à une version modernisée du format Chase pour la saison 2026, abandonnant définitivement les playoffs à éliminations multiples introduits en 2014. Ce changement, salué par de nombreux pilotes et légendes, vise à restaurer la légitimité du championnat en récompensant la constance sur l’ensemble de la saison plutôt que des coups d’éclat chaotiques. Kyle Busch, double champion Cup Series, exprime cependant un scepticisme marqué, rappelant les raisons pour lesquelles la série s’en était éloignée il y a plus d’une décennie.
Ce virage intervient après des années de critiques sur les playoffs, jugés trop imprévisibles et propices aux incidents spectaculaires au détriment du sport. Dale Earnhardt Jr. a notamment confessé que le format 2025 le faisait « tomber amoureux » de la NASCAR. Le nouveau système, détaillé dans le règlement officiel, promet un championnat plus pur.

Les origines du retour au Chase
Le format Chase, utilisé de 2004 à 2013, avait révolutionné la NASCAR en concentrant l’intérêt sur un postseason à 10 courses. Il avait permis à Jimmie Johnson de dominer avec sept titres consécutifs, mais avait aussi été critiqué pour sa vulnérabilité aux coups du sort. Un simple accident pouvait ruiner une saison entière, comme l’a vécu Kyle Busch à plusieurs reprises.
En 2014, les playoffs à éliminations ont pris le relais, avec des resets de points et des coupes drastiques après chaque round. Ce système a boosté l’audience initialement, mais a généré du chaos : dive-bombs désespérés, wall-riding controversés comme celui de Ross Chastain à Martinsville en 2022, et une perte d’intérêt pour les fans traditionnels.
Aujourd’hui, la NASCAR abolit officiellement les playoffs via une mise à jour du rule book. Les références à « playoffs » et « playoff points » disparaissent, remplacées par le Chase. Cette décision répond à une frustration générale, y compris chez Dale Earnhardt Jr., qui déplorait un format « gimmicky » et trop complexe.
Le retour marque aussi une augmentation des points pour les victoires (55 points au lieu de 40) et une emphase sur les stages, favorisant les équipes dominantes comme Hendrick, Joe Gibbs Racing ou Penske.
Pour en savoir plus sur les réactions positives des pilotes et légendes, consultez cet article dédié.
Le scepticisme de Kyle Busch
Kyle Busch, interrogé sur SiriusXM NASCAR Radio, n’a pas mâché ses mots : « J’ai pensé qu’on s’en était éloigné pour une raison. Je ne suis pas sûr pourquoi on y revient. » Il pointe deux motifs historiques : la domination de Jimmie Johnson et les accidents imprévisibles qui éliminaient les top drivers.
Busch se remémore ses saisons ruinées : une troisième place finale après un crash à Talladega, une cinquième suite à un incident à Kansas. « Tu ne peux pas rattraper assez de points pour revenir dans le championship », regrette-t-il. Ironie du sort, ses deux titres (2015, 2019) sont venus sous les playoffs.
Avec le racing actuel « où tout le monde se rentabilise constamment », Busch craint que les 16 qualifiés aient tous une mauvaise course. Seul un « mulligan » (course jetable) serait possible pour les gros teams. « Si tu gagnes en masse, comme Hendrick, Gibbs ou Penske, oui. Nommez-moi une autre équipe qui gagne hors de ces gars. »
Malgré ses réserves, il reste ouvert : « On verra comment ça se passe. » Ses propos contrastent avec l’enthousiasme général.
L’approbation des pilotes et légendes
De nombreux acteurs saluent ce retour pour sa « légitimité ». Chase Elliott espère moins de chaos : « Ça met l’accent sur la finesse et les dépassements plutôt que les crashes en dernière ligne droite. » Ryan Blaney y voit un retour à la « pureté » du sport auto.
Mark Martin fustige les playoffs pour avoir perdu les fans classiques sans en attirer assez de nouveaux. Dale Earnhardt Jr. avoue que le format 2025 l’éloignait du sport, le rendant trop dépendant de la chance. Le nouveau Chase, avec ses points cumulés sur 10 courses, restaure l’excitation hebdomadaire.
Chase Briscoe anticipe un racing plus intelligent, sans besoin de moves désespérés. Ces voix convergent : fini le « demolition derby », place à la constance. Découvrez les détails officiels sur le site NASCAR.
- Qualification : Top 16 sur points après 26 courses régulières (pas de « win and in »).
- Reset : 2100 points pour le n°1, 2000 pour le n°16 ; bonus 25 pts au champion régulier.
- Pas d’éliminations : champion au plus de points après la finale.
Détails du nouveau format Chase
Pour la Cup Series, 26 courses régulières mènent au Chase à 10 courses. Les points stages restent (10-1 pour le 1er), mais les victoires rapportent gros : 55 pts. Les positions restantes suivent l’échelle classique (35 pour 2e, etc.).
Contrairement à l’ancien Chase, pas de wildcards ni d’éliminations ; pure accumulation de points post-reset. Les suspensions n’entraînent plus de pénalités fatales, juste un reseeding sur résultats réguliers.
Ce système s’applique aussi aux Xfinity (top 12, 9 courses Chase) et Trucks (top 10, 7 courses). Il vise une plus grande sample size pour couronner le meilleur, évitant les upsets d’une course unique.
Les enjeux sont clairs pour 2026 : les consistants comme Larson ou Logano en profiteront, tandis que les Busch pourraient regretter les opportunités de comeback via victoires.
Perspectives pour la saison 2026
Ce retour au Chase modernisé pourrait revitaliser l’intérêt des fans traditionnels tout en maintenant l’excitation du postseason. Malgré les doutes de Kyle Busch, la majorité y voit un pas vers plus de crédibilité, loin des polémiques des playoffs.
Reste à voir si les gros teams monopoliseront les succès, ou si le format favorisera la parité. Une chose est sûre : la NASCAR mise sur ses racines pour affronter 2026 avec un championnat plus légitime et engageant. Les premières courses diront si Busch avait raison de s’inquiéter.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.