Raul Fernandez remporte sa première victoire en MotoGP lors du Grand Prix d’Australie 2025

Raul Fernandez a décroché ce dimanche 19 octobre 2025 sa toute première victoire en MotoGP lors du Grand Prix d’Australie sur le mythique circuit de Phillip Island. Cette performance exceptionnelle marque un tournant décisif dans la carrière de l’Espagnol de 24 ans, qui peine à confirmer en catégorie reine le potentiel immense démontré en Moto2 en 2021. Après une première moitié de saison difficile avec l’équipe Trackhouse Aprilia, le pilote ibérique a su rebondir spectaculairement et profiter d’une course imprévisible pour inscrire son nom au palmarès du championnat du monde.

En l’absence de Marc Marquez, déjà sacré champion du monde mais forfait pour cause de blessure, et de Jorge Martin également absent, la course australienne s’annonçait ouverte à tous les scénarios. Raul Fernandez a parfaitement su saisir cette opportunité pour réaliser une démonstration de maîtrise, s’imposant avec plus de 1,4 seconde d’avance sur l’Italien Fabio Di Giannantonio, tandis que Marco Bezzecchi complétait le podium malgré une double pénalité de “long lap” infligée suite à son accrochage avec Marquez en Indonésie. Cette victoire représente également la toute première de l’écurie américaine Trackhouse en MotoGP, soulignant la progression constante de cette jeune structure arrivée dans le championnat en 2024.

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Raul Fernandez retrouve la confiance après des débuts difficiles en MotoGP

La trajectoire de Raul Fernandez en MotoGP n’a pas été celle d’un long fleuve tranquille. Champion de Moto2 en 2021 aux côtés de son compatriote Remy Gardner, l’Espagnol est arrivé dans la catégorie reine en 2022 avec l’équipe Tech3 KTM, portant les espoirs d’une génération talentueuse. Malheureusement, ses premières saisons se sont révélées décevantes, avec pour meilleur résultat deux cinquièmes places obtenues en quatre ans de compétition au plus haut niveau. Cette victoire au Grand Prix d’Australie vient donc récompenser un parcours semé d’embûches et de remises en question.

Le début de saison 2025 s’est avéré particulièrement éprouvant pour le pilote Trackhouse. Dans une interview accordée après sa victoire, Fernandez a révélé avoir traversé une période mentalement difficile, admettant qu’il ne pouvait même plus sourire tant la pression et les résultats décevants pesaient sur son moral. “L’équipe n’a jamais cessé de me soutenir, et c’est le résultat d’un travail acharné”, a-t-il déclaré avec émotion après son triomphe à Phillip Island, soulignant l’l’importance du soutien de son équipe dans les moments les plus sombres.

Le tournant s’est opéré lors de la pause estivale, période pendant laquelle Fernandez et son équipe ont travaillé d’arrache-pied pour améliorer les réglages de leur Aprilia et retrouver la confiance nécessaire pour briller au plus haut niveau. Les résultats ne se sont pas fait attendre : l’Espagnol a progressivement gravi les échelons, obtenant son premier podium en course sprint en Indonésie début octobre, avant de confirmer cette montée en puissance avec cette magistrale victoire australienne. Cette progression constante depuis la reprise témoigne de sa détermination à exploiter pleinement le potentiel de sa machine et à retrouver le niveau qui était le sien en catégories inférieures.

La victoire de Raul Fernandez au Grand Prix d’Australie illustre également l’évolution positive de l’écurie Trackhouse, qui n’avait jamais encore goûté aux joies de la victoire en MotoGP. Cette première pour la structure américaine, qui n’a rejoint le championnat qu’en 2024, représente une étape majeure dans son développement et valide la stratégie mise en place par l’équipe. L’association avec le constructeur italien Aprilia, qui fête par ailleurs sa 300e victoire en Grand Prix toutes catégories confondues, s’avère de plus en plus fructueuse au fil des courses.

Cette performance souligne aussi l’imprévisibilité de la saison 2025, qui a vu sept pilotes différents monter sur la plus haute marche du podium. La compétitivité accrue du plateau et l’équilibre des forces en présence créent des opportunités pour des pilotes qui, comme Fernandez, savent saisir leur chance lorsqu’elle se présente. Le championnat MotoGP n’a jamais été aussi ouvert, permettant à des équipes et des pilotes moins attendus de briller sur la scène internationale.

Une course stratégique parfaitement maîtrisée à Phillip Island

Le déroulement du Grand Prix d’Australie a joué un rôle crucial dans la victoire de Raul Fernandez retour en forme MotoGP. Parti depuis la troisième position sur la grille de départ derrière le poleman Fabio Quartararo et Marco Bezzecchi, l’Espagnol a rapidement trouvé son rythme de croisière sur le circuit côtier de Phillip Island, réputé pour ses conditions venteuses et ses changements d’adhérence imprévisibles. Dès l’extinction des feux, Bezzecchi a grillé la politesse à Quartararo pour s’emparer du holeshot, tandis que Fernandez se positionnait intelligemment en troisième position, attendant patiemment son heure.

La pénalité infligée à Marco Bezzecchi pour sa responsabilité dans l’accrochage avec Marc Marquez à Mandalika a changé la donne. Conscient qu’il devait effectuer deux “long lap” (tours rallongés du circuit) durant la course, l’Italien a adopté une stratégie offensive dès le départ, tentant de construire un écart suffisant avant de purger ses pénalités. Dans les premiers tours, Bezzecchi a rapidement creusé un avantage de huit dixièmes sur Pedro Acosta, qui avait brièvement dépassé Fernandez pour s’emparer de la deuxième place au troisième tour.

Le jeune Espagnol n’a pas tardé à réagir, récupérant sa position dès le quatrième tour et se retrouvant aux commandes de la course lorsque Bezzecchi a effectué son premier “long lap” au cinquième tour. À partir de ce moment, Raul Fernandez a démontré une maîtrise impressionnante de sa course, gérant parfaitement son avance et le rythme de sa machine. Sa stratégie était claire : creuser l’écart sur ses poursuivants sans prendre de risques inutiles sur un circuit réputé pour ses pièges et ses zones glissantes, particulièrement en fin de course.

Au fur et à mesure que les tours défilaient, l’avance de Fernandez ne cessait de croître. Au début du 16e tour sur les 27 que comptait la course, il disposait déjà de 2,4 secondes d’avance sur Pedro Acosta, qui commençait à perdre de son mordant. L’Espagnol a continué à accélérer, portant son avance à plus de trois secondes à un moment donné, démontrant une confiance retrouvée et une capacité à gérer les pneumatiques qui lui faisaient parfois défaut par le passé. Cette gestion intelligente de la course, combinée à un rythme soutenu, a fait la différence face à des adversaires qui ont progressivement perdu du terrain.

Dans les derniers tours, Fabio Di Giannantonio, qui avait dépassé Alex Marquez pour la deuxième place au 23e tour dans le virage 8, a tenté de réduire l’écart sur Fernandez. L’Italien du team VR46, en grande forme tout au long du weekend, a effectivement grignoté quelques dixièmes, mais l’avance accumulée par l’Espagnol était trop conséquente pour être comblée. Au final, Fernandez a franchi la ligne d’arrivée avec 1,418 seconde d’avance sur Di Giannantonio, offrant à Trackhouse une victoire amplement méritée et sécurisée par une stratégie de course quasi-parfaite.

Les performances décevantes des favoris lors du Grand Prix d’Australie

Si la victoire de Raul Fernandez retour en forme MotoGP a illuminé le Grand Prix d’Australie, la course a également été marquée par les contre-performances de plusieurs pilotes attendus au sommet. Fabio Quartararo, qui avait décroché sa cinquième pole position de la saison samedi, nourrissait de réels espoirs de mettre fin à sa disette de victoires qui dure depuis plus de trois ans. Le Français du team Monster Energy Yamaha, champion du monde 2021, s’est retrouvé quatrième dès la fin du premier tour, une position prometteuse qui laissait entrevoir un potentiel podium, voire mieux.

Malheureusement pour le Niçois, sa course a rapidement tourné au cauchemar. Incapable de maintenir son rythme, Quartararo a vu ses concurrents le dépasser les uns après les autres, jusqu’à se retrouver relégué hors du top 10. Comme souvent cette saison, la Yamaha M1 s’est montrée bien plus compétitive en qualifications qu’en configuration de course, avec des problèmes de stabilité et de freinage qui ont empêché le pilote français d’exploiter son potentiel. “Je ne m’attendais pas à avoir une position aussi mauvaise”, a réagi Quartararo avec dépit sur Canal +. “La moto bougeait énormément, on n’arrivait pas à s’arrêter (…), je ne vois pas trop de positif sur le week-end.” Cette 11e place finale constitue une nouvelle déception pour le champion français, qui peine à ramener Yamaha vers les sommets.

Le double champion du monde Francesco Bagnaia a lui aussi connu un weekend catastrophique en Australie, prolongeant une série noire débutée en Indonésie. Après avoir terminé 19e et avant-dernier de la course sprint du samedi, l’Italien de Ducati Lenovo Team a été victime d’une violente chute au virage 6 à quatre tours de l’arrivée dimanche, alors qu’il évoluait en 12e position. Cette sortie de piste marque un deuxième Grand Prix consécutif sans le moindre point pour “Pecco”, qui enchaîne les désillusions en cette fin de saison. Cette contre-performance lui a d’ailleurs coûté sa troisième place au championnat, désormais occupée par Marco Bezzecchi.

Pedro Acosta, la sensation KTM surnommée le “requin de Mazarrón”, n’a pas non plus été en mesure de rivaliser avec les meilleurs dimanche à Phillip Island. Après avoir brièvement occupé la deuxième place en début de course, le jeune prodige espagnol a progressivement perdu du terrain, se faisant dépasser successivement par Alex Marquez, Fabio Di Giannantonio puis Marco Bezzecchi. Il a finalement franchi la ligne d’arrivée en cinquième position, incapable de maintenir le rythme imposé par les hommes de tête. Cette performance en demi-teinte témoigne des difficultés rencontrées par KTM sur ce circuit australien, où les réglages semblaient moins performants que sur d’autres tracés.

D’autres pilotes ont également connu des fortunes diverses. Jack Miller, très attendu à domicile et excellent durant le weekend, a vu ses espoirs de briller devant son public anéantis par une chute qui l’a contraint à l’abandon. Johann Zarco a lui aussi chuté dès le cinquième tour, tandis que Joan Mir a également été victime d’une sortie de piste. Ces abandons multiples ont ouvert la voie à des pilotes comme Raul Fernandez, qui ont su profiter de l’attrition pour décrocher des résultats exceptionnels et chambouler la hiérarchie habituelle du plateau MotoGP.

Marco Bezzecchi limite la casse malgré sa double pénalité

Marco Bezzecchi a réalisé une performance remarquable au Grand Prix d’Australie en décrochant la troisième place du podium malgré une double pénalité de “long lap” qui aurait pu ruiner ses chances de bon résultat. L’Italien d’Aprilia Racing, pénalisé pour avoir provoqué la chute de Marc Marquez lors du GP d’Indonésie, savait qu’il devait adopter une stratégie agressive dès les premiers tours pour compenser le temps qu’il allait perdre en effectuant ses deux passages par la zone rallongée du circuit.

Parti depuis la deuxième position sur la grille, Bezzecchi a parfaitement exécuté son plan en prenant immédiatement la tête de la course à l’extinction des feux. Durant les quatre premiers tours, il a poussé au maximum pour construire un écart suffisant, comptant jusqu’à une seconde d’avance avant d’effectuer son premier “long lap” au cinquième tour. Cette pénalité l’a fait rétrograder en troisième position, derrière Raul Fernandez qui héritait des commandes et Pedro Acosta. Au septième tour, Bezzecchi a purgé sa seconde pénalité, ce qui l’a fait chuter à la sixième place, derrière notamment Fabio Di Giannantonio et Fabio Quartararo.

À partir de ce moment, l’Italien a entamé une remontée spectaculaire à travers le peloton. Sa Aprilia semblait particulièrement performante sur le circuit de Phillip Island, et Bezzecchi a méthodiquement dépassé ses adversaires un à un. Il s’est d’abord défait de Quartararo au 11e tour, avant de continuer sa progression vers l’avant. Sa bataille avec Pedro Acosta s’est conclue à cinq tours de l’arrivée, lorsqu’il a dépassé l’Espagnol pour s’emparer de la cinquième place. Dans l’avant-dernière boucle, Bezzecchi a trouvé l’ouverture sur Alex Marquez pour grimper sur la troisième marche du podium, position qu’il a conservée jusqu’au drapeau à damier.

“C’était une course super difficile, car avec cette sanction, tout était plus compliqué”, a réagi Bezzecchi à l’arrivée, conscient d’avoir réalisé une performance exceptionnelle compte tenu des circonstances. “Ma stratégie a parfaitement fonctionné, car je voulais prendre un départ parfait et essayer d’attaquer dès le début, j’ai réussi à creuser l’écart”, a-t-il expliqué, satisfait de son exécution tactique. L’Italien sait néanmoins que son erreur en Indonésie lui a probablement coûté deux victoires consécutives, tant il semblait rapide sur les deux derniers weekends.

Ce podium permet à Marco Bezzecchi de faire une excellente opération au championnat du monde. Il s’empare de la troisième place du classement pilotes aux dépens de Francesco Bagnaia, marquant ainsi son entrée dans le top 3 pour la première fois de la saison. Avec huit points d’avance sur son compatriote, Bezzecchi se positionne idéalement pour terminer la saison sur le podium final, confirmant sa montée en puissance depuis son passage chez Aprilia Racing. Cette performance démontre également la progression de la moto italienne, qui devient de plus en plus compétitive au fil des courses et offre à ses pilotes les armes pour rivaliser avec les Ducati dominantes.

Les implications de cette victoire pour Raul Fernandez et le championnat MotoGP

La victoire de Raul Fernandez retour en forme MotoGP au Grand Prix d’Australie revêt une importance capitale à plusieurs niveaux. Pour le pilote espagnol lui-même, ce succès représente bien plus qu’une simple ligne de plus à son palmarès : c’est la validation de quatre années d’efforts, de doutes et de travail acharné en catégorie reine. Après avoir brillé en Moto2, Fernandez avait du mal à trouver sa place parmi l’élite mondiale, enchaînant les résultats en demi-teinte et questionnant sa capacité à s’imposer au plus haut niveau. Cette victoire efface tous ces questionnements et lance définitivement sa carrière en MotoGP.

Pour l’équipe Trackhouse, ce triomphe constitue un tournant historique. L’écurie américaine, entrée dans le championnat en 2024, peut désormais se targuer d’avoir remporté une course en MotoGP, objectif que beaucoup d’équipes mettent des années à atteindre. Cette performance valide l’approche de la structure dirigée par Justin Marks et démontre que le modèle américain peut fonctionner dans le championnat du monde de vitesse moto. L’association avec Aprilia porte ses fruits, et cette victoire pourrait attirer davantage de sponsors et de talents vers l’équipe pour les saisons à venir.

Sur le plan du championnat, cette victoire illustre l’imprévisibilité de la saison 2025 et l’équilibre des forces en présence. Avec sept vainqueurs différents sur la saison, le plateau MotoGP n’a jamais été aussi ouvert et compétitif. Bien que Marc Marquez ait déjà sécurité son septième titre mondial, la bataille pour les places d’honneur reste indécise. Le bouleversement au classement, avec Marco Bezzecchi qui détrône Francesco Bagnaia de la troisième place, montre qu’aucune position n’est acquise et que chaque course peut redistribuer les cartes jusqu’aux dernières manches.

Cette performance de Raul Fernandez soulève également des questions sur le marché des transferts pour 2026. Un pilote capable de remporter des courses devient automatiquement une denrée précieuse, et nul doute que les équipes de pointe surveilleront de près les performances du jeune Espagnol lors des trois dernières courses de la saison. Si Fernandez confirme cette montée en puissance à Sepang, en Thaïlande et lors de la finale, il pourrait devenir l’un des pilotes les plus convoités du paddock pour les saisons futures. Trackhouse devra tout faire pour le conserver dans ses rangs et construire autour de lui une équipe capable de se battre régulièrement pour les podiums.

L’écurie Aprilia sort également grandie de ce weekend australien, avec non seulement la victoire de Fernandez mais aussi le podium de Bezzecchi. Le constructeur italien célèbre sa 300e victoire en Grand Prix toutes catégories confondues et confirme les progrès considérables réalisés ces dernières saisons. Alors que Ducati domina largement le championnat depuis plusieurs années, Aprilia prouve qu’elle dispose désormais des moyens techniques et humains pour rivaliser au plus haut niveau. Cette dynamique positive devrait se poursuivre en 2026, avec l’arrivée de nouveaux pilotes et le développement continu de la RS-GP.


Avec encore trois courses à disputer avant la fin de la saison 2025, Raul Fernandez aborde les dernières manches avec une confiance renouvelée et la conviction qu’il a sa place parmi les meilleurs pilotes du monde. Son retour en forme spectaculaire, couronné par cette victoire au Grand Prix d’Australie, change la donne pour Trackhouse et Aprilia, qui peuvent désormais viser des objectifs encore plus ambitieux. La semaine prochaine, le championnat se rendra en Malaisie sur le circuit de Sepang, où l’Espagnol tentera de confirmer son nouveau statut de pilote capable de gagner en MotoGP.

Cette victoire envoie également un message fort à l’ensemble du plateau : la persévérance et le travail finissent toujours par payer, même dans les moments les plus difficiles. Après avoir traversé une période sombre où il ne parvenait même plus à sourire, Raul Fernandez peut désormais savourer pleinement ce moment de grâce et envisager l’avenir avec optimisme. Les dernières courses de la saison s’annoncent passionnantes, avec un plateau plus ouvert que jamais et des pilotes affamés de victoires qui ne laisseront rien au hasard dans la quête de gloire et de points précieux pour le championnat.

Photo de profil de Jeremy Bastonde, auteur sur PitStopInsight

Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.