La 93e édition des 24 Heures du Mans aura marqué les esprits avant même le départ de la course, grâce à une performance d’anthologie du Britannique Alex Lynn. Au volant de la Cadillac V-Series.R n°12 du Cadillac Hertz Team JOTA, le pilote a non seulement dominé les qualifications mais a également remporté l’Hyperpole dans des circonstances spectaculaires, scellant ainsi la première ligne d’une course qui s’annonce déjà légendaire.

Le tour canon d’Alex Lynn en qualifications
Dès la première séance de qualifications, Alex Lynn a signé un message clair à ses concurrents. Sur les 13,626 km du mythique Circuit des 24 Heures du Mans, il a réalisé un chrono en 3’22”847 qui lui a immédiatement valu la première position. Ce temps, déjà impressionnant, n’était qu’un avant-goût de ce qui l’attendait lors de l’Hyperpole.
“La voiture était géniale”, savourait Lynn après sa performance initiale. “Honnêtement, je n’ai pas à me plaindre. Entre ma première et deuxième tentative, je n’ai pas ajusté le set-up. J’ai juste amélioré ma performance. C’est un excellent début.”
Cette modestie contrastait avec la réalité des chiffres : le Britannique reléguait la BMW M Hybrid V8 n°15 du Team WRT, confiée à Dries Vanthoor, à seulement 4 centièmes de seconde. Une marge minime qui soulignait déjà la excellence de sa prestation.
L’Hyperpole : confirmation et revanche historique
La session d’Hyperpole, introduite dans un nouveau format pour 2025, a vu Alex Lynn élever son niveau d’un cran supplémentaire. Avec un tour en 3’23”166, il a non seulement conservé sa première place mais a également établi un nouveau record pour la catégorie Hypercar depuis l’introduction de la réglementation LMDh en 2023.
Cette performance revêtait une saveur particulière pour le pilote britannique. Il y a douze mois, Lynn croyait tenir l’Hyperpole avant d’être battu dans les derniers instants par Kévin Estre. En 2025, il a tenu sa revanche de la plus belle des manières.
“L’émotion d’Alex Lynn à l’arrivée – et de toute son équipe – en disait long sur l’importance de l’exercice”, rapportait le site officiel des 24 Heures du Mans. La Cadillac V-Series.R n°12 devançait sa propre équipée, la n°38 pilotée par Earl Bamber, de seulement 167 millièmes de seconde, assurant ainsi un doublé historique pour la marque américaine.
La Cadillac V-Series.R LMDh : un prototype en symbiose avec son pilote
La Cadillac V-Series.R, engagée dans sa deuxième saison en conformité avec la réglementation LMDh, a démontré lors de ces qualifications que le travail effectué par l’équipe Cadillac Hertz Team JOTA portait ses fruits. Le prototype américain, propulsé par un V8 5,5 litres atmosphérique, a montré une adhérence et une polyvalence exceptionnelles sur le tracé sarthois.
L’exploit d’Alex Lynn n’était pas isolé. Les performances d’ensemble de Cadillac lors des qualifications ont été remarquables :
- Cadillac n°12 (Alex Lynn) : 1re position - 3’23”166
- Cadillac n°38 (Earl Bamber) : 2e position - 3’23”333
- Cadillac n°311 (Felipe Drugovich) : 8e position - 3’24”380
- Cadillac n°101 (acteur non précisé) : 12e position
Quatre des cinq Cadillac engagées se sont qualifiées pour l’Hyperpole, une performance qui témoigne de la compétitivité du package technique et de la cohésion des équipes. La firme américaine a ainsi verrouillé la première ligne et placé la moitié de ses voitures dans le top 12.
Le paysage concurrentiel face à la domination Cadillac
La performance d’Alex Lynn a éclipsé des manufacturiers habituellement très compétitifs. Du côté de Porsche, malgré une disqualification technique de la n°6 pour non-respect du poids minimum, les Porsche 963 n°4 et n°5 se sont qualifiées respectivement 5e et 3e pour l’Hyperpole.
“Nous sommes passés en dessous du poids minimum requis par le règlement pour nos voitures de course. Pour cette raison, le véhicule a été rétrogradé en fond de grille de la catégorie Hypercar”, expliquait Urs Kuratle, directeur du programme d’usine LMDh Porsche. “Nous avons encore deux cartes à jouer dans la lutte pour la pole position.”
Ferrari, avec ses 499P, a réussi à placer trois voitures sur trois en Hyperpole, avec la n°51 en 3e position lors des qualifications initiales, mais sans parvenir à menacer la domination Cadillac lors de l’Hyperpole finale. L’Aston Martin Valkyrie a réalisé une performance surprenante en décrochant une place en Hyperpole grâce à la disqualification de la Porsche.
Toyota a connu une séance cauchemardesque. La GR010 Hybrid n°8, pourtant compétitive, n’a pas réussi à boucler un seul tour chronométré en Hyperpole après un dépassement de la piste par Sébastien Buemi à Mulsanne. La n°7 s’est même retrouvée 16e, hors de l’Hyperpole, victime d’un drapeau jaume mal tombé.
Le parcours d’Alex Lynn vers la gloire sarthoise
Cette pole position représente un aboutissement significatif pour Alex Lynn, 31 ans. Pilote expérimenté du championnat du monde d’endurance FIA WEC, il a déjà remporté plusieurs victoires en catégorie Hypercar mais n’avait jamais réussi à s’imposer de manière aussi décisive lors des qualifications du Mans.
Sa collaboration avec JOTA, nouvellement associée à Cadillac pour 2025 sous l’appellation Cadillac Hertz Team JOTA, s’avère fructueuse. Aux côtés de Will Stevens et Norman Nato, ses coéquipiers sur la n°12, Lynn a su tirer le meilleur d’une voiture qui semble parfaitement adaptée à son style de pilotage résolu et précis.
“L’année dernière, on était si proches…”, se remémore-t-on dans l’entourage du pilote. “Cette fois, Alex a tout donné dès le premier tour et n’a jamais laissé la moindre chance à ses adversaires. C’est la marque d’un grand pilote.”
Implications pour la course et le championnat
Cette pole position ne garantit évidemment pas la victoire finale aux 24 Heures du Mans, une course réputée pour imprévisibilité et son niveau d’exigence extrême. Cependant, partir devant présente des avantages stratégiques indéniables.
Vincent Vosse, patron du Team WRT, le concurrent le plus proche en qualifications, l’admettait d’ailleurs : “Partir devant, c’est quand même un plus, on évite peut-être des contacts au départ. Mais maintenant, il faut se concentrer sur la course.”
Pour Cadillac, cette performance en qualifications constitue un excellent présage. Après des débuts prometteurs mais parfois frustrants en 2024, la marque américaine semble avoir franchi un cap technologique et opérationnel qui pourrait bien la placer en position de force pour la course elle-même.
Un nouveau record et une page d’histoire
Le temps d’Alex Lynn lors de l’Hyperpole - 3’23”166 - établit un nouveau benchmark pour la catégorie Hypercar depuis l’introduction du format LMDh. Ce chrono, réalisé dans des conditions de piste optimales mais face à une concurrence acharnée, démontre la progression continue des prototypes modernes malgré des réglementations restrictives visant à garantir une compétition serrée.
Cette performance d’Alex Lynn en qualification Cadillac V-Series.R LMDh Le Mans 2025 entre ainsi dans les annales de la grande coursesar thoise, aux côtés des poles mémorables des éditions précédentes. Pour le Britannique, c’est l’opportunité de convertir une vitesse pure en résultat final, une équation complexe dans une épreuve d’endurance de 24 heures où la fiabilité, la stratégie et la gestion des imprévus priment souvent sur la performance brute.
Alors que le compte à rebours jusqu’au coup d’envoi s’accélère, tous les regards sont désormais tournés vers la Cadillac n°12. Alex Lynn et ses coéquipiers ont rempli la première partie du contrat avec brio. Reste à accomplir la seconde : transformer cette pole position en victoire au bout des 24 heures les plus exigeantes du sport automobile mondial.
Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.