Mick Schumacher quitte l'équipe Alpine Endurance Team WEC Hypercar après deux saisons : vers un nouveau défi en IndyCar ?

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Mick Schumacher quitte l’équipe Alpine Endurance Team WEC Hypercar après deux saisons : vers un nouveau défi en IndyCar ?

Mick Schumacher a officiellement tourné la page. Après deux saisons au sein de l’Alpine Endurance Team en catégorie Hypercar du championnat du monde d’endurance (WEC), le pilote allemand a confirmé son départ le 20 novembre 2025. Cette annonce met fin à une parenthèse qui avait débuté fin 2023, lorsque le fils du septuple champion du monde Michael Schumcher cherchait à rebondir après son épisode mitigé en Formule 1 avec Haas. Alors que son avenir se dessine désormais aux États-Unis, son passage chez Alpine reste marqué par des résultats contrastés et une progression insuffisante aux yeux de certains observateurs.

Le départ de Schumacher intervient à un moment charnière pour la marque française, qui peaufine justement son programme Hypercar pour les saisons à venir. Philippe Sinault, le team principal d”Alpine Endurance Team, avait d”ailleurs manifesté une certaine impatience ces dernières semaines, estimant qu”il était “temps de prendre une décision” pour le pilote de 26 ans. Cette sortie médiatique révélait déjà la tension latente autour du statut incertain du jeune Allemand.

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Mick Schumacher met un terme à son aventure Alpine après deux saisons mitigées

Des résultats en demi-teinte malgré une progression tangible

Le bilan chiffré de Mick Schumacher en WEC reflète une courbe de progression timide. En 2024, sa première saison, il terminait à la 22e place du championnat des pilotes. L”année suivante, il grimpait à la 16e position, avec trois podiums au total, dont deux obtenus dès le début de la saison 2025. Ces chiffres, dévoilés par le site Motorsport.com, montrent une amélioration mais restent en-deçà des attentes placées en lui lors de son arrivée chez Alpine.

L”équipe française avait pourtant misé sur le nom Schumacher pour fédérer autour de son nouveau programme Hypercar A424. Engagé dans la voiture #36 aux côtés de pilots expérimentés comme Jules Gounon et Frédéric Makowiecki, Schumacher devait apporter son expérience de la Formule 1 pour développer une voiture qui souffrait de problèmes de fiabilité à ses débuts. L”abandon prématuré aux 24 Heures du Mans 2024 avait d”ailleurs symbolisé les difficultés initiales du projet.

Un bilan contrasté pour le fils de Michael Schumacher

Lors de son arrivée, Mick Schumacher lui-même avait qualifié ce changement de “monde”. Il expliquait alors devoir s”adapter au partage du volant, à la gestion du trafic et à l”inertie des Hypercars – des paramètres radicalement différents des monoplaces de F1. Ses propos recueillis par Ouest-France révélaient un pilote conscient du défi : “C”est un nouveau chapitre pour moi. Alpine s”engageait avec une nouvelle voiture, un nouveau moteur, et je voulais aider l”équipe à progresser.”

Pourtant, malgré une montée en puissance manifeste de l”équipe Alpine – qui a terminée quatrième du championnat constructeurs 2024, première parmi les nouveaux entrants – Schumacher n”est jamais parvenu à s”imposer comme un pilote déterminant. Face à des spécialistes de l”endurance comme Nicolas Lapierre ou Charles Milesi, il est souvent apparu en retrait, “rentré dans le rang” selon l”analyse d”Ouest-France. Sa saison 2025 s”est ainsi conclue sur une note d”inachevé.

Une parenthèse endurance qui n”a pas tenu toutes ses promesses

Les défis de la transition F1 à l”Hypercar

Le passage de la Formule 1 au WEC représente un bouleversement majeur pour tout pilote. Mick Schumacher a dû réapprendre son métier, à commencer par la gestion des différents types de pneus et la compréhension des stratégies d”endurance. Dans une interview, il évoquait avec candeur ses premiers essais : la ventilation qui souffle dans le dos, l”impossibilité de voir les pneus depuis le cockpit, la nécessité de gérer l”énergie sur des stints de plusieurs heures.

Cette transition s”est faite au sein d”une équipe en construction. Alpine débarquait en Hypercar avec sa première voiture conçue en interne, l”A424, et devait lutter contre des constructeurs bien plus expérimentés comme Toyota, Porsche ou Ferrari. Les progrès ont été réels – preuve en est la quatrième place au championnat constructeurs 2024 – mais ils ont profité davantage à l”équipe qu”au pilote allemand lui-même.

Alpine en pleine reconstruction de son programme compétition

La saison 2025 a été cruciale pour Alpine. L”équipe a su capitaliser sur les retours de ses pilotes pour affiner la fiabilité et les performances de l”A424. Les résultats se sont fait sentir : podiums en début de saison, régularité accrue, et une place de choix parmi les nouveaux entrants. Pourtant, cette dynamique collective n”a pas suffi à retenir Schumacher.

Le départ de l”Allemand s”inscrit dans un mouvement plus large. Paul-Loup Chatin a également quitté l”équipe pour rejoindre Genesis, tandis qu”Antonio Felix da Costa, champion Formula E, vient d”être annoncé comme recrue pour 2026. Ce renouvellement du plateau de pilotes traduit la volonté d”Algine de passer à l”étape supérieure, avec des profils peut-être plus en phase avec les exigences du plus haut niveau.

Vers un nouveau chapitre en IndyCar pour 2026 ?

L”attrait des monoplaces américaines

L”avenir de Mick Schumacher semble désormais se dessiner outre-Atlantique. L”Allemand a effectué un test privé avec l”équipe Rahal Letterman Lanigan Racing en IndyCar et s”est déclaré “très ouvert” à une carrière dans ce championnat. Ses propos recueillis par Motorsport.com sont sans ambiguïté : la monoplace américaine est “ce qui le fait vibrer”.

Cette orientation n”est pas anodine. L”IndyCar attire de plus en plus de pilotes européens en quête d”un environnement compétitif où le pilotage pur reste roi. Le calendrier chargé, les courses sur ovales, villes et circuits permanents offrent une diversité qui séduit les pilotes formés en Europe. Pour Schumacher, il s”agirait de retrouver la sensation des monoplaces après deux années dans des voitures fermées.

Un marché des transferts très actif

Le timing du départ de Schumacher révèle une certaine urgence. Alpine avait besoin de clarté sur son effectif pour 2026, et le pilote allemand ne semblait pas en mesure de s”engager pleinement. Les rumeurs avaient également évoqué un possible rôle de pilote de réserve chez Cadillac en F1, couplé à un baquet en WEC, mais cette piste s”est effondrée avant l”été.

Désormais, le marché des pilotes s”accélère. Outre l”arrivée d”Antonio Felix da Costa chez Alpine, McLaren prépare son entrée en Hypercar pour 2027, et Genesis affute son effectif avec des recrues de prestige. Dans ce contexte, Schumacher doit agir vite pour ne pas se retrouver sans volant. L”IndyCar apparaît comme la voie royale pour rebondir loin des projecteurs européens.

Mick Schumacher quitte l”équipe Alpine Endurance Team WEC Hypercar après deux saisons : un tournant décisif pour sa carrière

L”annonce de son départ marque une rupture nette avec l”endurance. Sur son compte Instagram, Mick Schumacher s”est montré reconnaissant : “Je suis très reconnaissant pour ces deux dernières années avec Alpine Endurance Team. J”ai tellement appris sur et hors piste, et je remercie tous ceux qui en ont fait partie.” Un message courtois qui cache une réalité plus crue : l”expérience WEC n”a pas redoré le blason du pilote comme espéré.

Pour Alpine, le tournant est tout aussi significatif. L”équipe remercie publiquement son pilote tout en accélérant son recrutement. Le communiqué officiel résume l”ambivalence : “Quels beaux souvenirs nous avons partagés ces deux dernières années. Merci Mick pour ton travail acharné, ton dévouement et toutes tes contributions à Alpine Endurance Team. Te souhaitant le meilleur pour l”avenir.”

Le championnat du monde d”endurance perd ainsi un nom prestigieux, mais sans doute pas un pilote essentiel à sa compétitivité. La catégorie Hypercar continue de s”enrichir de nouvelles écuries et de nouveaux talents, tandis que Mick Schumacher se tourne vers un horizon américain qui pourrait lui offrir la renaissance tant attendue. Ses deux saisons chez Alpine resteront comme une parenthèse instructive, mais insuffisante pour relancer une carrière qui peine à trouver son élan après la Formule 1.

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.