Mercedes F1 aile flexible 2025 suite à la réglementation FIA : comment l'écurie s'adapte aux nouveaux tests anti-flexibilité

F1

La saison 2025 a marqué un tournant majeur dans la gestion des aérodynamiques flexibles en Formule 1, avec la FIA qui a décidé de resserrer considérablement les contrôles sur les ailes avant et arrière des monoplaces. Pour Mercedes, cette décision est venue perturber une voie de développement technique qui commençait à porter ses fruits après plusieurs années de difficultés dans l’ère de l’effet de sol. L’écurie à l’étoile avait en effet misé sur les ailes flexibles pour résoudre des problèmes de balance chroniques, mais a dû rapidement s’adapter à ces nouvelles contraintes réglementaires.

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Comment Mercedes F1 a développé son aile flexible 2025 suite à la réglementation FIA

La philosophie derrière l’aile flexible de Mercedes reposait sur un principe simple mais efficace : permettre au profil de l’aile de se déformer aux hautes vitesses tout en conservant une rigidité optimale aux vitesses réduites. Cette approche a permis à l’écurie de résoudre un dilemme classique de l’ère de l’effet de sol, où les voitures génèrent davantage d’appui à grande vitesse mais deviennent nerveuses et difficiles à gérer.

James Allison, directeur technique de Mercedes, a détaillé les avantages de ce concept : « Toutes ces voitures aiment être près du sol [pour générer de l’appui]. Les ailes avant sur ces voitures sont très grandes et elles aiment probablement être près du sol plus que tout, et cela a tendance à rendre une voiture plus nerveuse à mesure qu’elle va plus vite, car proportionnellement plus se déplace vers l’essieu avant que vous ne le souhaiteriez. »

Les données recueillies par l’équipe montraient que cette flexibilité permettait de :

  • Réduire la traînée sur les lignes droites grâce à une diminution de l’angle d’attaque aux vitesses élevées
  • Maintenir un niveau d’appui suffisant dans les virages lents pour combattre le sous-virage
  • Améliorer la gestion des températures des pneus arrière en réduisant la dépendance à l’accélérateur pour la rotation
  • Offrir une stabilité arrière constante dans les hautes vitesses

Cette stratégie technique a fonctionné pendant plusieurs mois, avec des améliorations mesurables au chrono. Cependant, d’autres écuries, notamment Ferrari et Red Bull, ont rapidement élevé la voix pour dénoncer ce qu’elles considéraient comme une exploitation excessive des tolérances réglementaires.

La réponse de la FIA avec de nouveaux tests anti-flexibilité en 2025

Face aux pressions croissantes de plusieurs écuries et à l’évolution constante des technologies de mesure, la FIA a décidé d’agir de manière décisive. Nikolas Tombazis, responsable des monoplaces chez la FIA, a initialement indiqué que les règles resteraient inchangées pour 2025, avant de faire volte-face en janvier suite à une analyse approfondie des données collectées depuis le Grand Prix de Belgique 2024.

La décision a été motivée par la crainte de voir les déformations s’accentuer au fil de la saison, créant un effet domino de protestations et controverses. « Avec le recul, j’aurais préféré ne pas dire ça », a reconnu Tombazis. « Après la saison, nous avons analysé toutes les données que nous avions recueillies avec les caméras et ainsi de suite, et nous avons estimé que la tendance était que ces déviations continueraient d’augmenter beaucoup. »

Détails techniques des nouvelles réglementations FIA sur les ailes flexibles

Les nouveaux tests, entrés en vigueur dès le Grand Prix d’Espagne 2025 à Barcelone, imposent des limites drastiquement réduites. Voici les changements spécifiques appliqués dès le 28 mai 2025 :

  1. Test de charge symétrique : Déflection verticale maximale réduite de 15 mm à 10 mm lorsqu’une charge de 1000 N est appliquée simultanément des deux côtés de l’aile

  2. Test de charge asymétrique : Déflection autorée réduite de 20 mm à 15 mm lorsque la charge est appliquée sur un seul côté

  3. Test du bord de fuite : La partie arrière du flap avant ne peut plus se déformer de plus de 3 mm sous une charge de 60 N, contre 5 mm précédemment

Ces mesures s’ajoutent à des tests déjà renforcés sur les ailes arrière introduits au début de la saison 2025, visant à éliminer les effets de « mini-DRS ». Christian Horner, patron de Red Bull, a qualifié cette évolution de « changement réglementaire » qui « affectera toutes les écuries », bien que l’impact reste incertain.

Impact des nouvelles règles sur Mercedes F1 et l’ensemble de la grille

Pour Mercedes, l’application de ces nouvelles réglementations a représenté un défi technique majeur. Andrew Shovlin a reconnu que l’équipe a mis « un peu de temps à s’adapter » après l’introduction de ces règles à Barcelone. La W16, conçue autour d’une certaine flexibilité structurelle, a dû être repensée pour respecter des critères beaucoup plus stricts.

Les conséquences se sont fait sentir à plusieurs niveaux :

  • Performance en qualification : La voiture est devenu plus difficile à mettre en température dans les tours lents, affectant les performances sur un tour rapide
  • Gestion des pneus : La surchauffe des pneus arrière s’est aggravée dans certaines configurations de circuit
  • Équilibre global : Les ingénieurs ont dû retravailler les réglages de suspension et la distribution d’appui pour compenser la rigidité accrue de l’aile

L’impact n’a toutefois pas été uniforme dans le paddock. McLaren, principal rival de Mercedes pour la deuxième place au championnat, a minimisé l’importance de ces changements. L’écurie de Woking a insisté sur le fait que les ailes flexibles n’étaient pas le secret de sa domination et que les nouvelles règles ne l’empêcheraient pas de performer.

Pour Ferrari et Red Bull, ces nouvelles réglementations représentaient une opportunité de rattraper un retard technique. Fred Vasseur, patron de Ferrari, a déclaré à Monaco avant l’application des nouveaux tests : « Cela peut être un changement de jeu pour tout le monde car nous ne connaissons pas l’impact sur chaque équipe de la nouvelle réglementation. »

Ce que signifie l’avenir pour Mercedes face aux réglementations FIA 2025

À long terme, Mercedes se prépare déjà à la prochaine évolution réglementaire majeure de 2026, qui verra des changements drastiques des voitures et des unités de puissance. Andrew Shovlin a reconnu que l’équipe avait encore « beaucoup de travail à faire », mais a ajouté que le changement imminent était « moins intimidant qu’il y a un mois » suite aux enseignements tirés de l’adaptation aux nouveaux tests anti-flexibilité.

Le combat entre les concepteurs et les régulateurs est cependant loin d’être terminé. Article 3.2.2 du règlement technique stipule clairement que tous les composants aérodynamiques doivent être « immobiles » et « rigidement fixés », mais les tolérances acceptables évoluent constamment avec les progrès technologiques. Les caméras high-speed de la FIA permettent désormais de surveiller les déformations en piste, ouvrant la voie à une application plus stricte des règles.

Pour Mercedes, l’expérience 2025 a souligné plusieurs leçons importantes :

  • La nécessité de développer des solutions techniques robustes qui résistent aux changements réglementaires inopinés
  • L’importance de ne pas dépendre d’un seul concept aérodynamique pour la performance globale
  • La valeur d’une approche flexible (au sens figuré cette fois) dans l’adaptation aux nouvelles directives techniques

L’équipe a désormais concentré ses efforts sur la compréhension approfondie des suspensions et des interactions au sol, en étudiant notamment les solutions de McLaren pour optimiser la tenue de caisse en virage. « Nous avons regardé la suspension arrière de McLaren et nous pouvions voir ce qu’ils essayaient de faire avec l’anti-soulèvement pour maximiser la façon dont ils pouvaient maintenir l’arrière bas dans un virage », a expliqué Shovlin.

Alors que la saison 2025 se poursuit, Mercedes continue de peaufiner sa compréhension de ces nouvelles limites, cherchant à exploiter chaque milliètre de flexibilité autorisée tout en développant des solutions alternatives pour maintenir son niveau de compétitivité dans une grille où chaque dixième de seconde compte.

Les ailes flexibles resteront un sujet de débat passionné en Formule 1, mais une chose est certaine : la capacité à s’adapter rapidement aux changements réglementaires est devenue aussi cruciale que la performance pure sur la piste. Pour Mercedes, l’année 2025 a servi de rappel brutal que dans le monde de la F1, même les solutions techniques les plus élégantes peuvent devenir obsolètes du jour au lendemain.

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.