Le manque d'espace pour accueillir de nouveaux circuits MotoGP : un défi majeur pour l'expansion du championnat

MotoGP

Le MotoGP connaît une croissance spectaculaire avec plus de 3,6 millions de spectateurs ayant assisté aux courses en 2025, un record historique pour le championnat. Pourtant, derrière ces chiffres impressionnants se cache un problème de taille : le manque d’espace pour accueillir de nouveaux circuits MotoGP. Cette problématique structurelle pousse les dirigeants du championnat à des choix stratégiques difficiles alors que la demande pour intégrer le calendrier ne cesse d’augmenter, notamment en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud.

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Le manque d’espace pour accueillir de nouveaux circuits MotoGP au cœur des préoccupations de Dorna

Carlos Ezpeleta, directeur sportif du MotoGP, a été catégorique dans une récente interview : « Nous n’avons tout simplement pas assez d’espace pour toutes les demandes que nous recevons. » Cette déclaration révèle la pression croissante exercée sur les dirigeants du championnat alors qu’ils reçoivent des appels mensuels de promoteurs souhaitant accueillir la Grande Épreuve.

Le calendrier 2025 affiche déjà 22 courses, réparties entre 14 épreuves en Europe et 8 hors du continent. Cette configuration représente la limite considérée comme viable par Dorna Sports, tant sur le plan logistique que pour la santé des équipes et des pilotes. Le manque d’espace pour accueillir de nouveaux circuits MotoGP n’est donc pas une question de superficie, mais bien de capacité d’intégration dans un calendrier déjà saturé.

Les contraintes logistiques et humaines

Le championnat impose un rythme effréné aux équipes, avec des déplacements quasi hebdomadaires entre mars et novembre. Ajouter de nouvelles épreuves mettrait à mal les équipes techniques, déjà en proie à des problèmes de fatigue et de work-life balance. Dan Rossomondo, ancien responsable commercial, a dû quitter son poste après seulement deux ans, incapable de concilier les exigences du rôle avec sa vie familiale.

Les circuits historiques européens, qui forment l’épine dorsale du championnat, continuent d’attirer massivement. Le Mans a battu son record avec 311 797 spectateurs en 2025, tandis que Jerez, Mugello, Misano et Assen affichent complet. Le Sachsenring en Allemagne a rassemblé 256 441 fans, consolidant sa place parmi les événements les plus populaires.

La pression des marchés émergents face au manque d’espace pour accueillir de nouveaux circuits MotoGP

L’intérêt pour le MotoGP explose dans des régions où le sport n’avait jusqu’à présent que peu de présence. L’Asie du Sud-Est représente un marché en plein essor : Mandalika, intégré depuis 2022, a accueilli 140 324 spectateurs cette saison, tandis que le Japon dépasse les 90 000 entrées.

L’attraction du Moyen-Orient et de l’Amérique du Sud

Le Qatar, avec le circuit de Lusail, illustre parfaitement les opportunités et les défis. Si l’épreuve attire une audience mondiale, la fréquentation locale reste décevante malgré des infrastructures de classe mondiale. Le retour en Amérique du Sud à Termas de Rio Hondo a réuni près de 209 000 visiteurs, démontrant un appétit insatiable pour la discipline.

Pourtant, chaque nouvelle arrivée implique des arbitrages douloureux. Carlos Ezpeleta le reconnaît : « L’expansion potentielle la plus importante se situe clairement hors d’Europe. Cela nous forcera inévitablement à prendre des décisions concernant le continent européen. »

Les circuits en difficulté : victimes collatérales du manque d’espace

Silverstone et Spielberg en situation critique

Le manque d’espace pour accueillir de nouveaux circuits MotoGP se répercute durement sur certaines épreuves historiques. Silverstone, malgré son statut légendaire, n’a même pas atteint les 100 000 spectateurs sur l’ensemble du week-end en 2025, avec seulement 40 000 personnes le dimanche. La fréquentation si faible remet en question la viabilité même de l’épreuve britannique au-delà de 2026.

En Autriche, le Red Bull Ring a vu sa capacité réduite pour des raisons de sécurité, entraînant une baisse significative de l’affluence. Ces difficultés ne sont pas liées à un désintérêt pour le sport, mais bien à des contraintes infrastructurelles et à une capacité d’accueil limitée qui ne permettent pas d’absorber la demande potentielle.

Le défi des infrastructures

Les circuits doivent répondre à des exigences de sécurité drastiques, différentes pour la F1 et le MotoGP. Les zones de dégagement, les types de barrières, les vibreurs et même la surface de la piste nécessitent des spécifications distinctes. Lusail a démontré les complications : les vibreurs installés pour la F1 ont été critiqués après la lourde chute de Jorge Martin lors du GP du Qatar en avril.

Les solutions explorées pour contourner le manque d’espace

Les circuits urbains : une fausse bonne idée ?

Carmelo Ezpeleta, PDG de Dorna Sports, s’est montré ouvert aux circuits urbains : « Nous n’avons aucun problème à rouler en ville. » Pourtant, cette vision bute sur des obstacles de sécurité majeurs. MotoGP nécessite des dégagements importants que les circuits urbains comme Monaco ou Djeddah ne peuvent offrir.

Les exemples du Tourist Trophy à l’île de Man ou du circuit de Macao, bien que populaires, restent des exceptions extrêmes et dangereuses. La proximité des murs et le manque de zones d’évasion rendent ces configurations inadaptées aux standards modernes du MotoGP, où la sécurité prime sur toute autre considération.

L’événement conjoint MotoGP/F1 : un levier hypothétique

La théorie d’un week-end combiné F1/MotoGP a émergé depuis l’acquisition des deux championnats par Liberty Media. Silverstone apparaît comme le seul circuit viable, disposant de deux paddocks distincts et d’espace suffisant. L’idée permettrait de relancer l’épreuve britannique de MotoGP, mais soulève des questions existentielles : faut-il vraiment mélanger ces disciplines pour survivre ?

Lewis, journaliste pour Crash.net, souligne la complexité logistique : « Les systèmes de chronométrage différents, les règles de gestion des dépassements des limites de piste, la surveillance des pressions des pneus… Ajoutez à cela la question des droits TV et des commandites, et vous obtenez un casse-tête insoluble. »

Le manque d’espace pour accueillir de nouveaux circuits MotoGP : quelles conséquences pour l’avenir ?

Un marché immobilier sportif concurrentiel

Le MotoGP est devenu une marque si attractive que les promoteurs se bousculent pour intégrer le calendrier. Pourtant, le manque d’espace pour accueillir de nouveaux circuits MotoGP transforme cette demande en enchères silencieuses où seuls les plus solides financièrement et structurellement survivront.

Le retour du Grand Prix de République tchèque à Brünn, avec 219 544 spectateurs, démontre que les circuits historiques conservent un fort pouvoir d’attraction. De même, Portimao a établi un nouveau record d’affluence avec 183 102 visiteurs.

L’équilibre géopolitique

Le MotoGP doit maintenir un équilibre délicat entre ses racines européennes et son expansion mondiale. Carlos Ezpeleta insiste sur la nécessité de capitaliser sur les circuits iconiques plutôt que de les sacrifier aux nouveaux venus. Le championnat a d’ores et déjà fixé la limite à 22 courses, une décision qui protège à la fois la santé des acteurs et l’exclusivité de la marque.

Le succès du Balaton Park en Hongrie (80 105 spectateurs) montre que même les nouvelles installations peinent à atteindre les niveaux d’affluence des circuits historiques dès leur première année. Cette réalité renforce la position de Dorna : la qualité prime sur la quantité.

Vers une sélection plus stricte

Face au manque d’espace pour accueillir de nouveaux circuits MotoGP, Dorna Sports devra imposer des critères drastiques. La sécurité reste la priorité absolue depuis 1992, mais la capacité d’accueil, l’engagement local, la viabilité économique et l’expérience spectateur deviendront des facteurs déterminants.

Le championnat s’oriente vers un modèle où chaque course doit justifier sa place non seulement par son audience, mais par sa contribution à la marque globale du MotoGP. Les épreuves ne seront plus des dates à remplir, mais des partenaires stratégiques dans la croissance de la discipline.

Le manque d’espace pour accueillir de nouveaux circuits MotoGP n’est donc pas un simple problème logistique, mais le symptôme d’un succès qui oblige le championnat à franchir une nouvelle étape de sa maturité. Les décisions prises dans les prochaines années dessineront le visage du MotoGP pour les deux prochaines décennies, avec l’ambition de préserver son âme tout en conquérant de nouveaux marchés.

Questions fréquemment posées

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Par Jeremy Bastonde

Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.