La pluie transforme les circuits de Formule 1 en véritables pièges, récompensant les pilotes au talent exceptionnel pour gérer l’aquaplaning, les lignes de trajectoire changeantes et les décisions stratégiques cruciales. Dans le podcast F1 75 Rain Masters d’Autosport, les experts Kevin Turner et Roger Smith, rejoints par Damien Smith, ont sélectionné les 10 meilleures performances sous la pluie de l’histoire de la F1, à l’occasion des 75 ans de la discipline. Ce classement met en lumière des moments iconiques où un pilote a surclassé ses rivaux dans des conditions infernales.
Ces choix soulignent comment la météo humides a souvent couronné les plus grands, de Stirling Moss à Max Verstappen. Pour en savoir plus sur ces courses légendaires, le livre Formula 1 All the Races: The 100 Greatest Races de Smith et Turner offre un panorama complet des grands prix les plus mémorables.

Pourquoi la pluie est le juge ultime en F1
La pluie efface les écarts de performance entre monoplaces, mettant l’accent sur le feeling du pilote avec sa voiture. Les pneus intermédiaires ou pluie extrême deviennent des défis permanents, et un mauvais timing au stand peut ruiner une course. Historiquement, les courses mouillées comptent pour 20 % des grands prix depuis 1950, mais elles produisent les victoires les plus épiques.
Stirling Moss, maître absolu des années 1950, excellait sur sol mouillé grâce à sa précision chirurgicale. À Pescara en 1957, il domina sous une averse torrentielle, démontrant que la visibilité réduite et les flaques exigeaient une confiance absolue. Les ingénieurs peinaient alors à adapter les pneus, laissant le talent pur décider.
Dans les années 1970, Jackie Stewart révolutionna la sécurité en plaidant pour des arrêts en cas d’extrême humidité, mais ses victoires comme à Monaco 1966 restaient gravées. La F1 moderne, avec ses capteurs et stratégies avancées, n’a pas diminué le spectacle : au contraire, elle amplifie les erreurs collectives face à un virtuose solitaire.
Aujourd’hui, en 2025, la saison anniversaire a rappelé cette tradition avec des pluies à Spa et Suzuka, où les pilotes comme Verstappen ont brillé. Selon Damien Smith, “la pluie révèle les pilotes d’un autre niveau, ceux qui osent là où d’autres glissent”.
Les icônes des années 1980 et 1990
Ayrton Senna domine cette ère, avec sa pole légendaire à Monaco 1984 sous déluge. Parti en trombe, il creusa un écart insurmontable, malgré une McLaren fragile. “J’ai ressenti la voiture comme une extension de mon corps”, confia-t-il plus tard. Cette performance inspira des générations.
À Donington en 1993, Senna offrit un tour d’anthologie sous pluie battante : 4e au départ, il passa quatre rivaux en un tour, remportant la course. Nigel Mansell, son rival, admit : “C’était inhumain”. Cette maîtrise absolue reste une référence.
Michael Schumacher entra dans la légende à Barcelone 1996. Leader après le chaos initial, il géra les conditions changeantes avec brio, terminant avec 45 secondes d’avance. Son ingénieur révéla en radio : “Michael, tu es intouchable aujourd’hui”. Ce triomphe propulsa Ferrari vers les sommets.
Gilles Villeneuve à Watkins Glen 1979 mérite une mention spéciale. Sous pluie incessante, il fut plus de 9 secondes plus rapide au tour que quiconque vendredi, avant de dominer la course. Laffite s’exclama : “Il est d’un niveau à part”. Ces pilotes des 80-90 ans incarnaient le panache brésilien et allemand.
L’ère contemporaine : 2000 à 2025
Depuis 2000, les conditions extrêmes persistent. Jenson Button à Monaco 2011 ? Non, Canada 2011 : parti 12e, il gagna avec six arrêts, naviguant dans le muraille de pneus flottants. “C’était de la survie pure”, dit-il. Cette résilience stratégique redéfinissait la victoire.
Max Verstappen à Interlagos 2016 : 10e au start, il escalada jusqu’à la victoire en mode drift spectaculaire. Les images virales firent de lui un phénomène. En 2022 à Spa, il réédita sous crashgate potentiel.
Lewis Hamilton à Istanbul 2020 domina sur pneus intermédiaires usés, décrochant la pole et la victoire. “La voiture glissait partout, mais je sentais chaque limite”, expliqua-t-il. En 2008 à Silverstone, adolescent, il gagna en aquaplaning total.
En 2025, lors du GP de Belgique pluvieux, Oscar Piastri impressionna, rappelant les maîtres d’antan. Ces performances modernes intègrent data et pneus Pirelli avancés, mais le talent reste roi.
Notre top 10 des meilleures conduites pluvieuses F1 75 ans
Voici un classement inspiré des experts Autosport, complété par des consensus historiques :
- Ayrton Senna - Donington 1993 : Le tour magique sous pluie.
- Ayrton Senna - Monaco 1984 : Pole et domination absolue.
- Michael Schumacher - Espagne 1996 : 45 secondes d’avance.
- Max Verstappen - Brésil 2016 : Charge héroïque.
- Lewis Hamilton - Turquie 2020 : Maîtrise des pneus usés.
- Jenson Button - Canada 2011 : Six arrêts gagnants.
- Gilles Villeneuve - Watkins Glen 1979 : Vitesse surhumaine.
- Lewis Hamilton - Silverstone 2008 : Victoire en déluge.
- Stirling Moss - Argentine 1958 : Précision légendaire.
- Emerson Fittipaldi - Watkins Glen 1973 : Départ canon sous pluie.
Pour revivre ces moments, écoutez le podcast sur Autosport.
Ces exploits prouvent que la pluie nivelle les chances mais élève les génies. À l’approche de 2026, avec des réglementations plus sécuritaires, attendons-nous à de nouvelles pages glorieuses. Quelle est votre performance préférée ? Partagez en commentaires.
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Questions fréquemment posées
Par Jeremy Bastonde
Jeremy Bastonde est un passionné de Formule 1 et de sport automobile. Sur Pitstop Insight, il partage ses analyses et ses insights sur les courses, les équipes et les pilotes grâce à son expertise en stratégie de course et en technologie F1.